Cannes 2018 : Une ouverture en demi-teinte

Le 71ème Festival de Cannes a été déclaré ouvert à l’unisson par Cate Blanchett et Martin Scorsese lors de la Cérémonie d’Ouverture. Edouard Baer réussit sa lourde tâche de maître de cérémonie alors que Farhadi, de son coté, déçoit. 

Après plus de deux heures d’attente sous le soleil cannois, devant la salle Debussy, le grand Festival de Cannes nous ouvre enfin ses portes pour sa célèbre soirée d’ouverture. Succédant à la montée des marches où le glamour a encore une fois été au rendez-vous, c’est au tour d’Edouard Baer de prendre place pour officier la cérémonie. Tâche réussie pour l’acteur qui offre un beau discours d’entrée, accompagné au piano. En évitant plus ou moins les sujets d’actualité que l’on entend partout, il propose au contraire au public une déclaration plus poétique sur la création, l’inspiration, l’art. Puisque c’est pour cela que tout le monde est là finalement.

« Mais qu’est-ce qui nous inter­dit d’avan­cer  ? Qu’est-ce qui nous inter­dit de nous lancer ? On attend quoi, une auto­ri­sa­tion  ? Mais de qui  ? La légi­ti­mité mais on la prend! On prend la parole, on y va »

Puis le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux, entre sur scène pour présenter le jury qu’il a choisi avec en Présidente l’élégante et immense actrice Cate Blanchett. Un certain naturel ressort de cette cérémonie plutôt sobre mais belle. Baer semble détendu, à l’aise, comme à la maison finalement puisque c’est déjà la troisième fois qu’il présente la Cérémonie d’Ouverture. Mais le mot d’ordre de cette soirée reste quand même la poésie. Juliette Armanet vient d’ailleurs interpréter Les moulins de mon cœur de Michel Legrand et c’est somptueux. Quelques minutes plus tard et après quelques blagues sur les professionnels présents dans la salle du maître de cérémonie, Martin Scorsese vient déclarer l’ouverture de cette 71ème édition, avec à ses cotés, rien de moins que la présidente du jury, Cate Blanchett.

Place désormais au film d’ouverture, Everybody Knows (Todos lo saben) du réalisateur iranien Asghar Farhadi. Comme à son habitude, le cinéaste choisit de parler de famille ; alors on aurait pu se forger des attentes et être déçus. À en croire les faibles applaudissements à la fin de la projection et les quelques bruits de couloir en sortant, c’est ce qu’il s’est passé pour la plupart. Le film est bon, en tout cas dans sa simplicité, il est efficace, mais il est vrai que l’on peut s’attendre à mieux à Cannes. Sans le casting composé du couple glamour du moment Penelope Cruz et Javier Bardem, il aurait sûrement perdu beaucoup d’intérêt d’ailleurs. Mais les acteurs font de leur mieux pour convaincre, et heureusement que leur charme et talent opèrent. Du point de vue de l’intrigue, tout est plus ou moins attendu dès le début, rien ne surprend réellement à part peut être l’issue de l’histoire, qui reste effleurée et de ce fait, incomprise. Quant au scénario, ne reposant que sur un seul personnage, il oriente les autres acteurs et actrices dans les directions que le réalisateur veut leur faire prendre. D’une certaine manière, ce gendarme à la retraite, c’est un peu Farhadi lui même qui tire les ficelles du film sans trop creuser au-delà. Pourtant, le film reste agréable et touchant par l’histoire et les émotions qu’il porte à l’écran mais n’a pas forcément sa place parmi ceux de la Croisette.

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Gabriel M.
Gabriel M.https://www.lemagducine.fr/
Passionné de cinéma et de séries. Nostalgique des séances mythiques au cinéma Grand Ecran Italie 2 et des rencontres-projections cultes organisées par l’équipe de Panic Cinema (Lloyd Kaufman, Joe Dante, Uwe Boll). Admirateur de la qualité immersive des séances au Max Linder Panorama. De nombreux réalisateurs ont marqué mon expérience de cinéphile : Kubrick, Jarmusch, Romero, Carpenter, Argento, Fulci, Lynch, Cronenberg, Verhoeven, Cameron, Tsui Hark, John Woo ou plus récemment Julie Delpy et Guillaume Nicloux.

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