L’Étrange Festival : des hommes cafards sur Mars et une rom-com teintée d’un jeu de massacre

Deuxième jour à l’Étrange Festival où après une première salve de film, il est temps de regarder de plus près Pet de Carles Torrens, Terra Formers de Takashi Miike et Hime-anole de Keisuke Yoshida :

Pet, le film de Carles Torrens, souffre de deux choses ; sa courte durée et son scénario. La première empêche au réalisateur d’instaurer une vraie ambiance sur son film. Il ne prend pas le temps de créer le malaise ou le doute chez le spectateur et il expédie le tout dans une mise en scène classique, et parfois même au bord de l’amateurisme. Et même si le casting est convaincant et qu’il se donne du mal pour impliquer le spectateur, surtout Dominic Monaghan et Ksenia Solo qui sont excellents, le tout s’embourbe dans un récit douteux et mal géré dans sa pseudo immoralité. On sent une envie d’être impertinent dans le regard porté sur l’amour et tout ce que cela implique dans une relation. Il y a une critique de l’envie de posséder l’autre qui est plutôt bien mise en parallèle avec la relation que peut avoir une personne avec son animal de compagnie. Mais l’ensemble tourne très vite à vide, faute à la manière très survolée dont est traitée la relation des deux personnages principaux. L’envie de jouer un double jeu aurait pu être intéressant, car la question qui est le captif de qui est au cœur du film, mais cela devient inconséquent à partir du moment où le scénario passe au dessus des motivations de ses personnages. Il reste trop simpliste, ce qui l’amène à être assez malaisant dans sa façon de justifier les actes de ses protagonistes et livre une morale douteuse. Faire une oeuvre plus piquante et immorale aurait clairement servie le propos, ici il le dénature. Pet n’a donc que très peu d’intérêt en dehors de son casting et sabote la plupart de ses bonnes idées.

Takashi Miike, à l’instar de Sono Sion, est un réalisateur très prolifique. Dans ses nombreuses productions qui sortent en une année, il est capable d’offrir le meilleur comme le pire. Et avec Terra Formars il livre clairement le pire. Film de commande insipide qui se rêve en grand blockbuster mais qui n’est rien d’autre qu’un délire pas très drôle qui sent le réchauffé passé la première demi-heure. Éreintant dans son rythme catastrophique qui vient couper net toute montée d’adrénaline pour laisser la place à l’exposition. Le film n’est que ça, une longue séquence d’exposition étendue sur un peu moins de deux heures. La présentation des personnages et de leurs pouvoirs est mal-amenée et n’en finit pas, les acteurs sont tous mauvais et le tout suinte le mauvais goût le plus totale. On enchaîne les séquences gênantes les unes après les autres avec le sentiment que ça ne finira jamais -ou ne se lancera jamais, au choix- et on se réalise que tout ça n’est qu’un appel pour une éventuelle suite, strictement rien n’est accompli dans ce film. Les flashbacks sont placés n’importe comment, les effets spéciaux sont laids et le film ne dispose que de très peu d’idées visuelles intéressantes. On notera quand même certains plans aériens vraiment bluffants de fluidité, Miike n’est quand même pas un amateur, mais on ne peut qu’être déçu devant des scènes de bastons particulièrement frileuses. Tera Formars est un navet XXL qui fait l’erreur de ne pas totalement se prendre au sérieux, il aurait pu être un formidable nanar si il avait embrassé totalement son côté what the fuckesque. Ici on ne se retrouve que face à une peloche de douleur et de désespoir car rien n’y est fun.

Hime-anole fait l’erreur de vouloir être plus qu’une simple rom-com. Même si l’ambition est toujours une bonne chose, ici Keisuke Yoshida handicape sa très attachante comédie romantique par un thriller, sous forme de jeu de massacre, assez bancal. Le sentiment d’avoir deux films très distincts qui viennent s’entre-choquer maladroitement ne nous quitte jamais, amenant un essoufflement qui mène à une fin assez faible. Surtout que la partie thriller est très lourde tout en se construisant sur des clichés éculés. Par contre, la partie comédie, en plus d’être vraiment drôle, apporte un vent de fraîcheur appréciable surtout qu’il peut compter sur un couple attachant et très bien interprété. La mise en scène est sobre, maîtrisée et fait preuve d’un réalisme saisissant lors de ses moments les plus violents. Donc Hime-anole n’est clairement pas un film transcendant mais s’impose comme une sympathique curiosité et qui aurait vraiment pu être une belle réussite si il avait mit ses envies de meurtre de côté.

Festival

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Frédéric Perrinot
Frédéric Perrinothttps://www.lemagducine.fr/
Passionné de cinéma depuis mon plus jeune âge, j'articule depuis ma vie autour du 7ème art, un monde qui alimente les passions et pousse à la réflexion. J'aspire à faire une carrière dans le cinéma, ayant un certain attrait pour l'écriture et la réalisation. J'aime m'intéresser et toucher à toute sorte d'arts ayant fait du théâtre et de la musique. Je n'ai pas de genres de films favoris, du moment que les films qui les représentent sont bons. Même si je tire évidemment mes influences de cinéastes particuliers à l'image de David Lynch, mon cinéaste fétiche, Michael Mann ou encore Darren Aronofsky. Ces cinéastes ayant en commun des univers visuels forts et un sens du romantisme qui me parlent particulièrement.

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