Ouverture FEFFS 2017 : Clown tueur et cascadeur hollandais

Pour fêter ses 10 ans, le FEFFS démarre très fort avec la nouvelle adaptation du roman culte de Stephen King, Ça et le retour en fanfare des hollandais de New Kids Turbo avec Ron Goossens, Low Budget Stuntman pour ouvrir les séances de minuit.

Voilà, on y est. La dixième édition du FEFFS vient de débuter ce vendredi 15 septembre. Au menu, une programmation des plus alléchantes et ce n’est pas cette première soirée qui va nous faire dire le contraire. En effet, c’est le film d’horreur le plus attendu de l’année,  Ça qui a eu l’honneur d’ouvrir cette édition anniversaire. Mais ce n’est pas tout, le festival nous a également proposé un petit midnight movie bien décalé, de quoi se mettre très vite dans le bain.

[Film d’ouverture] – Ça

Réalisé par Andy Muschietti (USA, 2017). Date de sortie : 20 septembre 2017

Certainement le film d’horreur le plus attendu, encore plus après que Xavier Dolan l’ait qualifié de film du siècle, Ça a fait salle comble pour l’ouverture de cette dixième édition. À tel point qu’une nouvelle séance a été ajouté à la dernière minute. Forcément, quand on a adapte l’une des œuvres les plus emblématiques du maître de l’horreur, Stephen King, la hype est présente, mais est-ce que Ça le mérite ?

Dans le Maine, un groupe d’adolescents de 13 ans se voit confronté à un clown maléfique se servant des peurs de ses victimes pour les enlever, voilà la postulat de base de Ça. Très vite, on retrouve cette ambiance créée par Amblin dans les années 80, et reprise bien évidemment l’année dernière par le carton Stranger Things. Il n’est donc pas étonnant de voir les résultats au box office du film, tellement il se rapproche de la série Netflix. C’est d’ailleurs le gros point fort du film de Muschietti, l’alchimie qui se dégage du groupe des Losers. Si certains restent en retrait, le groupe dans son ensemble fonctionne à merveille, et on remarque une certaine aisance de la part de ces jeunes acteurs dans leurs échanges. Parmi eux, on retrouve d’ailleurs Finn Wolfhard (qui joue dans Stranger Things) qui se transforme en véritable machine à punchlines, et Jaeden Lieberher (déjà vu dans Midnight Special) en leader bègue. C’est au travers de cette bande d’enfants que Muschietti va pouvoir établir une ode à l’enfance et à l’affrontement des peurs qui accompagnent cette période charnière de la vie.

Malheureusement la façon dont il va mettre cette peur en scène ne sera pas toujours des plus convaincantes, notamment lors des premières apparitions du clown Pennywise. En effet, Muschietti va dans un premier temps céder à la facilité pour essayer d’instaurer l’angoisse et cela se traduit par ces procédés un peu putassier qui parsèment le cinéma d’horreur grand public aujourd’hui. Jump scares sonores et visuels seront donc bien évidemment de la partie. Cependant, Muschietti va se rattraper plus tard et réussir à véritablement créer une atmosphère des plus cauchemardesques et cela apparaît lors de l’arrivée de la bande dans la maison abandonnée. Il faut dire qu’il est aidé par un très beau travail de Chung-hoon Chung à la photographie qui arrive à rendre l’antre de Pennywise des plus angoissantes. Bill Skarsgard est d’ailleurs des plus convaincants dans son rôle de clown tueur, grâce à un sourire des plus sadiques.

Ça est donc une belle petite réussite, qui ne peut cependant s’empêcher de tomber dans des écueils propres aux genres de ces dernières années. Il délivre cependant un beau message de courage et de surpassement de soi-même servi par un casting remarquable à l’alchimie notable. Un bien bel façon de débuter ce festival.

[Midnight Movies] – Ron Goossens, Low Budget Stuntman

Réalisé par Steffen Haars et Flip van der Kuil (Pays-bas, 2017). Date de sortie inconnue

Si il y a bien deux réalisateurs qui pouvaient ouvrir la section midnight movies en beauté, c’est bien le duo néerlandais Steffen Haars et Flip van der Kuil. Connu pour le diptyque New Kids où des beaufs aux mulets de compétitions décidaient de ne plus rien payer, les deux hollandais se sont très vite portés comme étendards d’un humour très graveleux, trash à l’extrême et ne se refusant aucune limite dans le mauvais goût. Bien évidemment, leur nouvel essai Ron Goossens est de la même trempe.

Racontant l’histoire du personnage éponyme, poivrot notoire devenu star du web après une cascade ratée, qui entame une carrière de cascadeur dans le cinéma, Ron Goossens est un film d’amour, mais attention un film d’amour par Steffen et Flip n’est pas comme tous les autres. Ici, notre valeureux prince pas très charmant doit se taper la sublime Bo Maerten (dans son propre rôle) pour espérer reconquérir Angela son amour de toujours trop occuper à se faire prendre par la moitié du village pour prêter attention au pauvre Ron. Notre héros va donc tout faire pour retrouver sa dulcinée et pouvoir fonder une famille. Sous cette quête à peu près noble se trouve cependant un déluge de gags plus extrêmes les uns que les autres. Entre racisme, pédophilie ou scatophilie, le duo Steffen/Flip n’y va pas avec le dos de la cuillère. Le cocktail parfait pour un midnight movie qui fera déclencher de nombreux rires dans la salle tellement les hollandais ne se voient aucune limite dans le jusqu’au-boutisme de la beauferie. Agrémenté d’un petit côté méta sur l’industrie cinématographique hollandais avec de nombreux caméos dont Dick Maas (un des invités d’honneur du FEFFS), Ron Goossens est une quête de la rédemption par un homme blessé par l’amour. Le film manque peut-être un peu de mulet comparé aux New Kids, mais bon quand on a des sublimes montages alternant séance de beuverie avec des clips du François Feldman hollandais et sa sublime nuque longue bouclée, on ne va pas faire la fine bouche.

Pour sa deuxième journée, le FEFFS mettra la Hollande une nouvelle fois à l’honneur, avec non pas un, non pas deux mais trois films de Dick Maas qui nous fera également l’honneur de sa présence. Ce deuxième jour sera également l’occasion de débuter la compétition crossovers avec Super Dark Times.

 

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