Cannes 2019 : Alejandro Gonzalez Iñarritu président du jury

Le réalisateur mexicain Alejandro Gonzalez Iñarritu sera donc le prochain président du jury du Festival de Cannes. Un festival qu’il connaît bien puisqu’il y a été récompensé plusieurs fois : Grand Prix de la Semaine de la Critique en 2000 pour Amours Chiennes et Prix de la mise en scène 2006 pour Babel (film dans lequel jouait Cate Blanchett, qui présidait le jury cannois l’année dernière).

Alejandro Gonzalez Iñarritu a réussi à se faire une place de choix dans le cinéma contemporain, décrochant deux années de suite l’Oscar du meilleur réalisateur, en 2015 pour Birdman et 2016 pour The Revenant. Son style de réalisation est reconnaissable entre tous : de longs plans séquences très travaillés, des œuvres visuellement ciselées et des scénario complexes où le cinéaste n’hésite pas à affronter, parfois crûment, des sujets difficiles.

Le réalisateur s’était fait remarquer dès son premier long métrage, Amour Chiennes, en 2000. Son succès lui a ouvert les portes hollywoodiennes, et pour son film suivant, 21 Grammes, il est entouré d’un casting international composé de Sean Penn, Naomi Watts, Charlotte Gainsbourg ou Benicio del Toro. Salué par la critique et le public, ce film montre l’audace d’Iñarritu, aussi bien visuellement que dans les sujets traités.

Babel est un film choral particulièrement bien agencé tournant autour d’un coup de fusil tiré par des bergers dans le désert. Là aussi, le casting est prestigieux et le réalisateur sait traiter avec aplomb des sujets graves, entre autres l’attitude des Américains envers les autres peuples (Hispaniques ou autres, qu’importe), sujet qui sera au cœur de The Revenant.

Birdman est peut-être la plus belle réussite d’Iñarritu, film dense et complexe, à la fois description sans concession du monde du spectacle, chant d’admiration envers le métier d’acteur et portrait d’un homme qui tente de refaire sa vie. Le jeu de Michael Keaton est exceptionnel, la mise en scène est d’une inventivité rare et multiplie les prouesses techniques.

The Revenant est peut-être le film le plus célèbre d’Alejandro Gonzalez Iñarritu (et c’est grâce à lui que Leonardo Di Caprio a enfin reçu son Oscar, tout le monde s’en souvient). A la fois description des relations entre les Blancs et les Indiens et survival, esthétiquement superbe, le film est porté par un duo d’acteurs prodigieux. L’interprétation est d’ailleurs bien souvent la force des films du cinéaste mexicain.

C’est donc un cinéaste déjà chevronné, un orfèvre du cinéma, un réalisateur audacieux et inventif, qui prendra la tête du jury cannois cette année. Espérons qu’il sera aussi audacieux dans son palmarès.

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

Backrooms : Plongée mitigée dans l’étrangeté du liminal

Le YouTubeur Kane Parsons adapte ses célèbres espaces liminaux au cinéma avec une direction artistique soignée et une atmosphère vraiment envoûtante. Dommage qu'un scénario trop bavard et un rythme poussif viennent freiner ce projet d'horreur psychologique pourtant bien plus prometteur qu'effrayant.

Le Vertige : Méditation dupieusienne ou aberration cinématographique

Avec "Le Vertige", Quentin Dupieux pousse son cinéma de l'absurde jusqu'à la limite de l'arnaque. Entre méditation cartésienne et pur foutage de gueule, le film embarque Alain Chabat et Jonathan Cohen dans un doute existentiel : et si rien de ce que l'on voit n'était réel ? Mêlant animation et personnages dérivés de cette expérimentation esthétique rétro, cette expérience aussi terne que radicale ne fait pas rire, mais fascine par son obstination. Décryptage d'un vertige métaphysique signé Dupieux.

The Furious : aussi bon que con (et on adore)

Prenez "Taken", ajoutez-y une pincée de "John Wick", beaucoup de "The Raid" et de "City of Darkness", et vous obtenez "The Furious". Entre série B décomplexée et scènes d'action d'anthologie, on tient l'un des meilleurs films d'action de ces dernières années.

Le Dernier Vrai Samouraï : jidai-geki mon amour

Sur le mode de la comédie fantastique, Le Dernier Vrai Samouraï est une mise en abyme savoureuse : un vrai samouraï qui en côtoie des faux, interprétant une version romancée de son propre monde, devenu désuet et un sujet de spectacle. Derrière l’hommage à un genre cinématographique, Jun’ichi Yasuda veut surtout saluer les artisans oubliés du cinéma nippon. Il y a donc de multiples grilles de lecture dans ce film qui, par ailleurs, demeure distrayant, humoristique et parfois spectaculaire.

Disclosure Day : la face sombre de l’émerveillement

Presque 50 ans après "Rencontres du troisième type", Steven Spielberg revient à ses grandes énigmes du cosmos avec "Disclosure Day". Un thriller conspirationniste, porté par Emily Blunt et Josh O'Connor, qui déconstruit la science-fiction pour mieux interroger notre époque sur la désinformation, la dissimulation gouvernementale et la foi en l'humanité. Une réussite !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.