Cannes 2015: Dheepan de Jacques Audiard, Masaan, Alias Maria

Cannes 2015 : « Dheepan », le film de Jacques Audiard n’a pas déçu

Jeudi 21 mai, après près d’une semaine de festival, CineSeries, les yeux collés par le manque de sommeil et les kilométrage de pellicule avalés, s’est octroyé une pause bienvenue avant de monter les marches du palais pour assister à la projection de « Dheepan« , le dernier film de Jacques Audiard. Présenté en compétition officielle, ce long métrage se déguste sur la durée et est le grand coup de cœur de notre rédactrice, envoyée spéciale à Cannes. Vendredi 22, nous avons découvert deux films Un Certain Regard. Récit de ces deux journées où nous avons dû lutter pour garder les yeux ouverts sur les films et le monde qu’ils nous racontent.

« Dheepan » s’inscrit dans la lignée des films organiques de Jacques Audiard, un des cinéastes français parmi les plus passionnants. On le retrouve aussi en forme que dans « Un Prophète » ou son magnifique « De Battre mon coeur s’est arrêté« . Ressemblant au départ à un simple énième film sur l’immigration, « Dheepan » devient très vite une lutte au corps à corps, une lutte d’hommes et de femmes, à égalité. C’est un monde où il faut sans cesse s’adapter, aller contre sa nature profonde, sans pour autant pouvoir y échapper. Audiard propose un film sensible et alerte, d’une grande intelligente. Sa mise en scène est toujours aussi maîtrisée sans être étouffante, elle donne la part belle à la confrontation. La cité devient un champ de bataille. Une zone sans répit où personne n’est prêt à se soumettre. Toujours surprenant, « Dheepan » est un film puissant tout simplement !

Cannes 2015 : Masaan, un amour impossible sur fond de lutte des classes en Inde

« Masaan« , premier film de l’indien Neeraj Ghaywan, est présenté dans la catégorie Un Certain Regard et peut donc prétendre à la Caméra d’or. Film choral qui commence par un improbable scandale sexuel avorté, Masaan croise deux histoires d’amour aux ailes coupées. On sait donc dès le début ce qui va advenir de ces deux histoires parallèles, elles vont se rejoindre, résultat rien ne surprend et les rebondissement sont assez classiques. Ce qui marque dans la mise en scène, c’est la volonté de filmer une Inde où la jeunesse veut s’extirper d’une vie encore trop axée sur des valeurs anciennes. Pourtant, quelque chose manque à ce premier long métrage somme toute assez plat. Finalement, la relation qui se noue entre un jeune orphelin et un père qui se sent abandonné par sa fille devient vraiment intéressante au détriment des histoires d’amour parallèles.

Cannes 2015 : « Alias Maria », combattante Colombienne malgré elle

« Alias Maria » est lui aussi présenté dans la catégorie Un Certain Regard. Le film de l’argentin José Luis Rugeles Gracia veut rendre hommage tout autant aux mères qu’aux femmes qui luttent dans les guérillas Colombiennes. Pourtant, présenté comme un film de guerre sans véritable combat, le film est une transition pour une armée décimée qui doit apporter un bébé, né de l’union entre une femme et un chef, vers un point de rendez-vous. Bien sûr, rien ne va se passer comme prévu et c’est là que Maria entre en jeu. Enceinte, elle s’accroche au bébé d’abord puis à celui qu’elle a dans son ventre. Montrée comme une combattante qui veut fuir, elle voudrait se battre mais sans qu’on comprenne pourquoi car la caméra s’attarde sur des gens qui marchent et reste donc en surface des événements. Les parallèles avec les insectes sont souvent de trop et on ne comprend plus où est la véritable histoire ni l’enjeu de ce film qui se révèle peu à peu féministe.

Festival

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Chloé Margueritte
Chloé Marguerittehttps://www.lemagducine.fr/
Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

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