Once Upon A Time : Saison 1-3 – Critique de la Série

La première lecture du pitch de « Once Upon A Time » (et ce n’est pas la voie off française qui va arranger ça) risque de ne pas susciter beaucoup enthousiasme. La tentation est présente de passer son chemin à la vue de cette histoire pour enfant, mais ce serait passé à côté d’une histoire bien structurée contenant de bonnes idées.

Une relecture audacieuse des contes de fée 

En effet chaque épisode en dévoile d’avantage sur l’histoire de chaque personnage, leur passé dans le monde magique, en parallèle avec leur situation actuelle. Comment la belle-mère est devenue une sorcière maléfique, comment elle en est venue à haïr Blanche, l’origine de la malédiction, avec des flash-back sans ordre chronologique mais qui en s’assemblant finissent par compléter le puzzle. On peut saluer là la maîtrise des scénaristes.

Se croisent donc à Storybrook des personnages que les auteurs prennent du réservoir conséquent des contes de fées mais aussi d’autres inspirations (Frankenstein, le monde d’Oz) : Cendrillon, le chapelier fou (Alice au pays des merveilles), Pinocchio et Geppetto, Jiminy cricket, la fée bleu, le chaperon rouge, Mulan, la petite sirène, Peter Pan et le capitaine crochet, le géant au haricot magique, la belle au bois dormant, robin des bois… Auquel s’ajoute le sorcier Rumplestiskin (Tricassin), admirable Robert Carlyle qui joue de nouveau un rôle ambigu. Habile manipulateur, machiavélique et puissant, il ne cesse de passer des pactes avec les gens désespérés qui servent toujours ses intérêts obscurs, et jamais sans une contrepartie difficile à satisfaire, quand elle n’est pas cachée.

Les contes ne sont pas racontés de manière traditionnelle et chaque histoire est liée aux autres, comme si les récits qui ont bercé notre enfance n’étaient qu’une déformation simplifiée et erronée de la réalité : il y avait au départ huit nains, Grincheux avait un nom différent, le génie de la lampe magique devint prisonnier du miroir de la belle-mère, Charmant n’est pas le véritable prince, le méchant loup n’est pas ce que l’on croit, Peter Pan n’a rien d’innocent et plus encore.

Un pays de conte de fées qui n’a pourtant rien de féérique. Guerres, roi tyran, monstres féroces, sorciers dangereux, malédictions sont monnaies courantes.

Une histoire cohérente…

A son arrivée à Storybrook, Emma se heurte ainsi à la mère adoptive d’Henry, mais doit aussi compter avec Rumplestiskin, alias le riche propriétaire de la ville Mr Gold, qui lui apporte une aide contre le maire, mais sans être un allié de confiance pour autant. Dans son combat, Emma se surprend aussi à développer des attaches, envers son fils, mais aussi la ville et ses habitants.

A partir de la saison 2, une fois la malédiction levée, la série prend un nouveau départ, et tous les personnages sont réinventés. La série ne reste ainsi pas bloquée sur son intrigue de départ.

De nouveaux personnages viennent enrichir une galerie déjà fournie, avec là encore des modifications qui peuvent être étonnantes, les scénaristes n’hésitant pas à inverser les rôles des gentils et des méchants. Si Régina et Rumplestiskin marchent sur la voie de la rédemption, de nouveaux dangers apparaissent : la mère de Régina encore plus malfaisante qu’elle, et Crochet le pirate ambigu bien décidé à assouvir une vengeance légitime. Viendra ensuite Peter Pan en ombre maléfique. Fallait oser !

La magie s’incruste bien à l’écran grâce à des effets spéciaux bien conçus. Les allées et retour entre les mondes sont plus fréquents : haricot magique, bateau ensorcelé, sirène, chapeau magique, les moyens ne manquent pas.

Malgré une mythologie qui ne cesse de s’étoffer, avec tous les personnages et leurs histoires, les scénaristes parviennent à ne pas s’emmêler les pinceaux et à rester cohérent, du moins au début. Ainsi, même si des personnages n’apparaissent que quelques épisodes, ils ne sont pas oubliés pour autant et ont leur importance. Enfin la plupart car avec la multiplication des personnages certains ont tendance à disparaître inexplicablement…

Enfin la saison 2 de la série Once Upon A Time, finit de révéler toute l’histoire de la malédiction, comment et pourquoi elle a été lancée, en revenant sur tous les personnages impliqués, comme l’adoption de Henry par Régina. Cette saison est certainement la meilleure.

Quelques défauts toutefois. On peut regretter que le conte de Blanche-Neige prenne autant d’importance par rapport aux autres. On retrouve ainsi presque à chaque fois Blanche, la belle-mère ou Rumplestiskin dans les autres récits. La persistance d’Emma à nier la réalité et son face à face avec l’impassible maire peuvent paraître longs au début.

Enfin, les passages du côté obscur de la belle-mère et de Rumplestiskin sont un peu convenus. Leur rédemption à compté de la saison 2 serait plus facile s’ils n’étaient déjà coupables de plusieurs meurtres difficilement pardonnables… De plus ils changent d’orientation à plusieurs reprises : ils essayent de devenir bon, redeviennent mauvais parce que c’est trop difficile, avant de réaliser que finalement ils ont bien un bon côté en eux.  Les scénaristes ont visiblement eu un peu de mal à les conserver dans l’intrigue tout en leur fournissant une évolution cohérente. Malgré leurs crimes, on est attaché quand même, car grâce aux flashbacks on sait comment ils en sont arrivés là : corrompue par une mère tyrannique et désespérant d’être aimée, ou hanté par la lâcheté de son père et sa propre couardise.  Dommage seulement qu’ils font un peu la girouette…

…mais qui commence à s’essouffler

La saison 3 de Once Upon A Time est divisée en deux parties distinctes, la première avec comme méchant Peter pan, et la deuxième la Méchante Sorcière d’Oz. Si la série continue sur sa lancée, il n’y a plus autant de surprise qu’avant, toutes les révélations ayant déjà été données. La série a du mal à trouver de nouvelles histoires à raconter sur le passé des personnages, et un trop grand nombre commence à être mis de côté. Les ennemis sont très puissants, parlent pour manipuler chaque personnage, gentils comme ancien méchants, durant plusieurs épisodes avant être finalement défaits. Le pire étant la Méchante Sorcière, d’une force magique bien supérieure elle conduit tout le monde à une impuissance frustrante, et le personnage est trop lisse pour s’avérer intéressant. Le rythme s’en ressent et l’ennui se fait un peu sentir.

En milieu de saison la série connait un nouveau bouleversement majeur, mais le retour à une situation quasiment similaire à celle d’avant atténue un peu ce nouveau souffle.

La série a certes du potentiel, mais je ne pense pas qu’elle puisse continuer encore longtemps, les signes d’un essoufflement étant déjà visibles. Si le double épisode final relève l’intérêt grâce à une bonne histoire, des appréhensions sont de mises pour la prochaine saison. Peut-être auraient-ils du s’arrêter là…

L’arrivée de Marianne à Storybrooke semble remettre en question l’idylle entre Regina celle qu’on surnomme (la Méchante Reine) et Robin Hood, le prince des voleurs…

Fiche technique: Once Upon a Time

Titre original et français : Once Upon a Time
Pays d’origine : États-Unis
Langue originale : anglais
Genre : série fantastique, dramatique
Casting : Jennifer Morrison (Emma Swan) ; Ginnifer Goodwin ( Mary Margaret Blanchard / Blanche) ; Lana Parrilla (Regina Mills / Méchante Reine) ; Josh Dallas (David/ Charmant) ; Jared S. Gilmore (Henry Mills) ; Robert Carlyle (Gold/Rumpelstiltskin) ; Emilie de Ravin (Belle) ; Colin O’Donoghue (Crochet) ; Michael Raymond-James : Neal/Baelfire
Création : Edward Kitsis et Adam Horowitz
Réalisation : Dean White
Scénario : Geofrey Hildrew
Production : Samantha Thomas et Kathy Gilroy ; Edward Kitsis, Adam Horowitz et Steve Pearlman (exécutifs)
Société(s) de production : ABC Studios

Synopsis : Emma est une chasseuse de prime sans attaches qui vit sans histoires, jusqu’à ce qu’un enfant se présente à elle, Henry, prétendant être le fils qu’elle avait abandonnée des années plus tôt. Mais ce n’est pas la seule révélation qui va bouleverser son existence : il prétend en effet qu’il existe un monde ou les personnages de contes de fées existent, et qu’elle serait la fille de Blanche-Neige et du Prince Charmant ! Abandonnée par ses parents pour fuir malédiction qui a envoyée tous les personnages dans notre monde, dans un petit village dissimulé du nom de Storybrook, elle serait la seule à pouvoir la lever. N’en croyant évidemment pas un mot, elle ramène Henry chez sa mère adoptive, Régina, le maire de Storybrook, froide et autoritaire. Désapprouvant son attitude à l’égard de son fils, elle reste dans un premier temps pour s’assurer de son bien-être, sans se douter de l’ampleur de la mission qui l’attend, ni de l’étendue du monde magique qu’elle vient de pénétrer. Un monde rempli de merveilles étonnantes mais aussi de dangers redoutables. 

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William
Williamhttps://www.lemagducine.fr/
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