Low Winter Sun : la nouvelle série d’antihéros

Low Winter Sun : la nouvelle série d’antihéros rejoint  le club des séries dans le même genre d’AMC avec Breaking Bad et Dexter.

Après la vision du premier épisode de l’adaptation de la série britannique par AMC,  Low Winter Sun vous saisit par le revers et vous tire de force dans un monde d’intrigues avec ses antihéros complexes. La série a pour toile de fond, une ville en décomposition, en état de déliquescence, la ville de Détroit d’une beauté mélancolique.

Lugubre ville de Détroit

L’atmosphère sombre de cette série est d’ailleurs largement due à cette ville, Détroit une ville délabrée, ravagée par la faillite de l’industrie de l’automobile. Cette misère se palpe, elle a une réalité tangible brisant le rêve américain. Dans cette série la ville devient un personnage avec ses grands terrains vagues sinistres, ses ruelles bordées d’ordures, ses trottoirs défoncés et ses maisons brisées amplifiant l’ambiance d’une série noire à souhait.

La série s’inspire de la mini série anglaise du même nom de Channel 4, elle met en vedette Mark Strong (reprenant son rôle), David Costabile (Gale de Breaking Bad ) James Ransone de (The Wire), Lennie James (Jericho, Snatch, The Walking Dead)

Des acteurs aux jeux intenses insufflant de la vie aux personnages.

Bien entendu, le thème du « flic torturé » a été souvent abordé dans les séries, et on pourrait se demander pourquoi regarder encore une série sur le même sujet, qu’apporte t elle de plus ?  La musique peut-être, elle est une âme, elle capture l’essence même de ce personnage qu’est cette ville de Détroit magnifiquement lugubre. Et je ne parle pas de la performance des acteurs, rien que le jeu des comédiens pousse à voir cette série qui au premier abord semble too much…

Il y a de ses séries télévisées qui sont inoubliables, notamment Breaking Bad, Mad Men, Oz, Dexter, Soprano…, des drames qui détiennent le pouvoir de forcer le téléspectateur à rentrer dans le chaos du monde qu’ils sont entrain de dépeindre, interpellant à la fois l’émotionnel et l’intellect. Low Winter Sun possède un potentiel, celui de vous faire rentrer dans un univers et de le faire votre…

Soulignons encore une fois la musique, la série met en vedette la musique originale du compositeur Tyler Bates (God of War, 300…), comme le personnage qu’est la ville de Détroit dans cette série, la musique est aussi un être à part entière. Le son capture l’ambiance d’une ville qui a perdu sa grandeur avec ses accents mélancoliques.

Synopsis : Frank Agnew (Mark Strong) et Joe Geddes (Lennie James) deux inspecteurs de la police de Détroit tuent un de leurs collègues, ce qui semble être un terrible acte de vengeance. Maquillé en suicide, Frank ignorait que la victime était surveillée par la police des polices.

Hustlin ‘In The Motor la musique d’ouverture de la série Low Winter Sun chantée par City par Bettye LaVette

Le titre principal est co-écrit par la légendaire Bettye Lavette, Tyler Bates, Nan Vernon et le créateur de la série Chris Mundy. On entend chanter une femme dans un club de Détroit introduisant le générique et l’oreille est prise par cette voix graveleuse en écho à la douleur de la ville et des personnages tourmentés.

Synopsis : Ivre de vengeance, Frank Agnew, un inspecteur de la police de Détroit, franchit la ligne en tuant un de ses collègues. Maquillé en suicide, le meurtre revient très vite le hanter. Il ignorait que la victime était surveillée par la police des polices. Et cerise sur la gâteau, il découvre que son complice de crime lui a caché bien des choses..

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Wedding Nightmare : Deuxième partie – Battle of the ring

En apparence, ce "Wedding Nightmare : Deuxième partie" promettait d'être une suite qui se démarque de la surexploitation des studios. Le film de Matt Bettinelli-Olpin et de Tyler Gillett s’inscrit pourtant dans cette triste réalité, après un premier volet qui avait su encapsuler tout le plaisir régressif d'une série B, avec ce qu'il faut de suspense, d'effusion de sang et de maladresse calculée pour que le spectateur s'amuse ludiquement dans une partie de cache-cache à mort.

Pour Klára : mange, existe, aime

Cinquième long métrage du Slovène Olmo Omerzu, "Pour Klára" embarque une famille décomposée sur les rivages ensoleillés de l'Adriatique pour mieux l'observer se noyer à sec. Un drame familial d'une subtilité redoutable, porté par un regard qui n'accuse personne — et qui, du coup, nous met tous en cause.

Romería : la mémoire des vagues

Carla Simón n'a jamais vraiment cessé de filmer sa propre histoire. Avec "Romería", son troisième long-métrage en compétition à Cannes 2025, elle va plus loin que jamais : reconstituer la jeunesse de ses parents, morts du sida, à travers le regard d'une fille de 18 ans qui débarque en Galice pour la première fois. Un film sur les origines, les silences de famille et le pouvoir du cinéma à combler ce que la vie n'a pas laissé le temps de vivre.

The Drama : pour le pire ou pour le rire ? Telle est notre (délicieuse) interrogation

Voilà une œuvre qui montre qu’un certain nouvel Hollywood (ici A24 mais ça pourrait être Neon ou FilmNation) peut nous offrir des bons films dits du milieu. Deux stars à l’alchimie indéniable, un scénario original et impeccablement écrit et la réalisation alerte d’un cinéaste qui confirme une voie singulière pour un petit bijou. Une œuvre dont on ne saurait dire si c’est un drame ou une comédie ou les deux, en tout cas accouchée d’une veine romantique acerbe.

Un jour avec mon père : ce qui reste dans la lumière

Il y a des films qui arrivent comme arrivent les souvenirs d'enfance : par effraction, sans prévenir, avec cette netteté particulière des choses qu'on n'a pas cherché à retenir. "Un jour avec mon père", premier long métrage du réalisateur britanno-nigérian Akinola Davies Jr., est de ceux-là. On entre dans ce film comme on entre dans une journée ordinaire et on en ressort changé, sans trop savoir pourquoi, avec quelque chose de chaud et de douloureux logé quelque part dans la poitrine.

Harry Hole : Le Prince d’Oslo

Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.

L’Affaire Laura Stern : le cri du silence

Plus qu'une fiction sur la vengeance, "L'Affaire Laura Stern" est une immersion sensorielle dans le "cri du silence" des victimes de violences et d'emprise. Une œuvre nécessaire qui déconstruit les mécanismes de la violence faite aux femmes pour en faire un combat collectif et politique. La série est diffusée sur France 2 en mars 2026 et disponible en streaming sur France Télévision.

Les Saisons : L’amour, le rythme et les saisons

"Les Saisons", la série écrite et réalisée par Nicolas Maury, s’éloigne des éclats et des récits sociaux pour épouser le souffle intime d’un trio amoureux. Entre mélancolie poétique et naturalisme doux, elle tente moins de raconter que de saisir le frémissement des sentiments, au rythme d’une lumière vendéenne et d’un temps qui tangue. Une œuvre sensible, qui crée son public en osant la lenteur et la langueur.