Cinéma

Aaahh Belinda : pépite féministe du cinéma turc

Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Selma, un film de Ava DuVernay : Critique

Ava DuVernay livre un film juste, bien qu'assez académique, le biopic Selma, évite les pièges dévolus au genre, avec dans le rôle du Pasteur Martin Luther King, David Oyelowo incarnant avec brio, l'homme qui s'est battu pour les droits civiques...

Night Run, un film de Jaume Collet-Serra : Critique

Bien loin de la balourdise d’un Taken ou encore de l’ennui total généré par Balade entre les tombes, Night Run se range illico aux côtés des récents action movies style années 80, tels que John Wick et The November Man.

The Humbling, un film de Barry Levinson : Critique

Basé sur le roman de Philip Roth, Barry Levinson signe là un film qui s’avère être un véritable hommage au théâtre, avec un excellent Al Pacino dans le rôle titre.

Inherent Vice, un film de Paul Thomas Anderson : Critique

Inherent Vice est adapté d'un bouquin de Thomas Pynchon apparemment tout aussi barré, le film, le film pour cadre L’Amérique des années 70 et prétexte une enquête privée sur une affaire de mœurs pour dérouler le portrait invraisemblable d'un pays gangrené par la défonce et la corruption.

Papa ou Maman, un film de Martin Bourboulon

Papa ou maman, la comédie grinçante réécrit le divorce d'un couple virant au cauchemar quand ils décident de se battre pour ne pas avoir la garde des enfants.

Chappie, un film de Neill Blomkamp : Critique

Mieux écrit et maîtrisé qu’Elysium, Chappie se présente au public comme un divertissement diablement attachant et qui ne soit pas vide de sens malgré un aspect blockbuster dispensable.

Dear White People, un film de Justin Simien – Critique

Finalement, plus qu'un film sur le racisme, Dear White People est un film sur la quête de son identité propre, au sein d'une société qui à tendance à gommer les individualités.

L’Ennemi de la classe, un film de Rok Bicek : critique

Huis-clos dans un lycée, dont on ne sortira pas pendant près de deux heures, le film, L'Ennemi de la classe est plutôt intense, bavard, jeune et décomplexé.

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