La Daronne : Isabelle Huppert, désormais reine de la comédie française

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Avec La Daronne, Jean-Paul Salomé s’amuse surtout à mettre Isabelle Huppert dans une situation de jeu inédite dans laquelle elle s’amuse beaucoup. C’est là tout l’intérêt de cette comédie bancale qui manque tout de même de rythme tout en se jouant d’un décalage permanent.

Sortir de la galère

Souvent avec les comédies, on craint que toutes les bonnes blagues se trouvent dans la bande-annonce et qu’une fois en salle, les choses ne tombent un peu à plat. C’est malheureusement un peu le cas avec La Daronne. L’histoire tient sur un timbre : une interprète travaillant pour la police tombe sur une mine d’or lors d’une écoute et décide d’en profiter pour changer son quotidien. Habituée aux magouilles et à l’argent, la veuve se découvre dealeuse de drogue. Et le film s’amuse alors à jouer au chat et à la souris. Il y a quelques moments franchement drôles et d’autres presque haletants. Autour, le réalisateur tente vainement d’inventer un background à ses personnages, notamment au principal. Il le fait notamment au travers d’une photo souvenir du faste d’antan et cette belle idée de la tournée des feux d’artifice, pour que sur une année, l’été ne s’arrête jamais !

Décalage

La comédie tient du décalage permanent, du quiproquo, un peu à l’image des comédies de boulevard. Ici, c’est d’abord par l’usage de la langue, l’arabe, qui n’est maîtrisée que par Patience. Cette dernière est en effet interprète et maîtrise donc seule ce qui vient à ses oreilles. Idem quand elle traite avec les revendeurs, ils ne comprennent qu’en partie ce qu’elle raconte et elle se joue de ces sauts de langage. Un décalage d’ailleurs accentué par le personnage de la mère de Patience qui ne comprend plus trop le monde qui l’entoure et qui déforme tout ce qui est dit.

Actrice

L’intérêt du film, on ne va se le cacher, réside avant tout dans le jeu de son actrice. Isabelle Huppert est quasiment de tous les plans, tantôt enfantine, tantôt inquiétante. Son visage change à chaque instant, tout est mouvant dans son jeu pourtant hyper maîtrisé. On prend donc plaisir à la voir berner tout le monde avec une vraie poigne . L’effet comique vient aussi de l’incongruité à la voir dans un tel rôle. On s’attend à tout instant à voir surgir la police, que tout s’arrête. Police que d’ailleurs elle salue même en dealeuse, par cette fausse confiance en elle qu’elle dégage et qu’un personnage lui dit qu’elle possède. Tout se déroule ainsi comme un long tapis rouge pour elle. La daronne n’est pas seulement dealeuse de drogue, elle règne aussi en maîtresse indétrônable sur le cinéma français. C’est en tout cas ce qui fait le sel de cette comédie souvent maladroite où les personnages peinent à trouver une véritable incarnation. L’entourloupe généralisée est cependant souvent franchement hilarante…

La Daronne : Bande annonce

La Daronne : Fiche technique

Réalisateur : Jean-Paul Salomé
Scénario : Jean-Paul Salomé d’après l’oeuvre de Hannelore Cayre
Interprètes : Isabelle Huppert, Hippolyte Girardot, Farida Ouchani, Liliane Rovère, Jade-Nadja Nguyen, Rachid Guellaz, Mourad Boudaoud
Photographie : Julien Hirsch
Montage : Valérie Deseine
Société(s) de production : Les Films du Lendemain, La Boétie Films, Scope Pictures
Distributeur : Le Pacte
Durée : 106 minutes
Date de sortie : 9 septembre 2020
Genre : Comédie

France – 2020

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Chloé Marguerittehttps://www.lemagducine.fr/
Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

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