Black: des gangs, une ville et un générique intense

Musique du film Black, le West Side Story bruxellois

Ce mercredi 11 Novembre, sort sur les écrans Belge, le film Black d’Adil El Arbi et Bilall Fallah, adapté des romans Black et Back de Dirk Bracke, ce second long-métrage après «Image» montre la réalité multiculturelle d’une ville rarement exposée sous cet angle. Une peinture de la capitale de l’Europe propulsant au cœur des bandes urbaines, mettant en scène des acteurs noirs ou maghrébins, un cinéma inhabituel dans ce pays, ancré encore dans une certaine tradition cinématographique plutôt bourgeoise.

Une virée dans les ghettos hallucinante explosant les clichés en les caricaturant

Un film politiquement incorrect contant à travers une Love Story moderne, les rapports ultra violents entre bandes ethniques, leurs codes, leurs batailles pour le moindre pavé, bout de trottoir….Black est un film teinté d’influences américaines, il rapproche les deux réalisateurs de cinéastes comme Martin Scorsese (Mean Streets), Spike Lee (Do the Right Thing), Mathieu Kassovitz (La Haine) avec des scènes trash comme dans Irreversible de Gaspar Noé. Cette manière de filmer explicitement la violence sans aucun complexe avec ses gros plans sur des blessures par balle, scène de viol dans une église désaffectée peut choquer des cinéphiles en raison de son hyper action esthétisée. Un film polémique raciste pour certaines associations, un film coup de poing intelligent pour d’autres, éclatant par l’extrême caricature cette image de voyous, de gangs urbains associée aux citoyens de ses quartiers.

Black: La B.O./Trame sonore/Soundtrack

Générique Divin et musique hip-hop

Le générique du film Black est une reprise du tube de la chanteuse d’Amy Winehouse Back To Black, divinement interprété par l’artiste belge Oscar & The Wolf et la chanteuse Tsar B.

On retrouve dans cette BO orchestrée par Hannes De Maeyer des artistes belges comme le groupe Soul’Art groupe dont fait partie l’actrice Martha Ganga Antonio, le rappeur Romano Daking…

Playlist du film Black

1. Chronology (feat. Nixon) –  Bringhim
2. Black – Damso
3. Boma Ye  -Negatif Clan
4. Crack and Weed  – Jones Cruipy
5. Gros Son –  Romano Daking
6. Pocahontas – Bringhim
7. Dans un Bar à 5 – La Smala
8. Can’t Lose – Gangthelabel
9. Problèmes  – Romano Daking
10. Can You Hear Me – Aboubakr & Martha
11. Back to Black (Film Black Version) [feat. Tsar B]  – Oscar and the Wolf

Synopsis: Dans les rues de Bruxelles, la guerre des gangs fait rage entre les Black Bronx, et leurs rivaux, les 1080. Mavela, 15 ans, fait partie de la première bande quand elle rencontre Marwan, un adolescent dévoué à la seconde. Entre eux, c’est le coup de foudre. Mais ils vont vite être tiraillés entre les frissons du premier amour et la loyauté au groupe…

Black: Fiche Technique

Réalisateurs: Adil El Arbi, Bilall Fallah
Scénario: Nele Meirhaeghe, Adil El Arbi et Bilall Fallah
Casting: Martha Ganga Antonio: Mavela, Aboubakr Bensaih: Marwan, Emmanuel Tahon, Sanaa Alaoui, Claude Musungayi, Bwanga Pilipili, Issaka Sawadogo…
Genre: Drame, ACtion, Thriller
Durée: 95 min
Date de sortie (en Belgique): le 11 novembre
Durée: 1h 35m
Bande originale: Hannes De Maeyer
Photographie: Robrecht Heyvaert
Décors: Stijn Verhoeven
Costumes: Nina Caspari
Maquillage: Dorien Biesmans
Montage: Adil El Arbi, Bilall Fallah
Son: Joeri Verspecht
Production: Caviar
Producteurs: Frank Van Passel, Bert Hamelinck, Ivy Vanhaecke
Productrice Associée: Charlotte Van Hassel
Coproduction: a team productions, Climax Films, RTBF
Coproducteurs: Olivier Rausin, Arlette Zylberberg
Producteurs Exécutifs: Hendrik Verthé, Kobe Van Steenberghe
Cinématographie: Robrecht Heyvaert

Les deux réalisateurs ont été récompensé par le Prix Dropbox Discovery  lors du 40ème Festival International du Film de Toronto et intégrer l’agence Creative Artists Agency (CAA) et Management 360.

Un film qui pour le moment n’a pas de date de sortie dans les salles obscures en France.

 

 

 

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

The Christophers : le prix des âmes

Le dernier Soderbergh : grand petit film sur les affres de l'art au temps de son extrême marchandisation. "The Christophers" brasse avec finesse la question de la valeur d'une œuvre et de la place de l'artiste dans un monde qui fétichise la marchandise. Entre un vieux peintre cabotin et une jeune faussaire en quête de vengeance, Soderbergh opacifie savamment un scénario trop convenu pour mieux révéler les contradictions profondes des artistes, empêtrés entre beauté, gloire et compromissions.

Le Cuirassé Potemkine : cent ans de rage intacte

Cent ans après, "Le Cuirassé Potemkine" revient en salles avec une musique inédite signée Pet Shop Boys. Chef-d'œuvre du cinéma muet, le film d'Eisenstein n'a rien perdu de sa puissance subversive. La rage de ceux qu'on écrase n'a pas de date de péremption.

Ma famille chérie : entre tornade émotionnelle et grâce cassavetienne

Maelström d'émotions, caméra à l'épaule et visages en gros plan avec "Ma famille chérie". Isild le Besco signe un ouragan familial tendre et survolté, entre fulgurances cassavetiennes et grâce mélancolique d'Élodie Bouchez.

L’affaire Zanetti : Confessions d’une meurtrière

Dans un centre pénitentiaire italien, Elisa Zanetti, condamnée pour le meurtre de sa sœur, entame des entretiens avec un criminologue qui ravivent un passé familial trouble. Entre huis clos oppressant, flashbacks maîtrisés et performances intenses, le film interroge la portée réelle d’un travail de reconstruction face à un crime irréparable.

Le Passage : Sur la corde de l’humanité

Entre thriller haletant et drame humaniste, le premier long"métrage de Brandt Anderson plonge le spectateur au cœur de la crise des réfugiés syriens. "Le Passage" est une œuvre chorale, tendue et bouleversante dont la maitrise narrative ouvre sur une émotion absolue.

John Williams, David Holmes, Dupieux : trois musiques de films qui brouillent les pistes

Avec Disclosure Day, The Christophers et Le Vertige, John Williams, David Holmes et Franck Lascombes signent trois partitions où la musique ne dit plus seulement le film : elle déplace la question de l’auteur, de la signature et de l’identité sonore.

Musique de film : comment reproduire le son d’une BO chez soi ?

Quand les salles d'enregistrement lui sont devenues inaccessibles, Jonny Greenwood a pris un violoncelle et réaccordé les cordes à la main, une prise après l'autre, pour atteindre chaque hauteur voulue. La contrainte n'a pas appauvri la texture orchestrale de The Power of the Dog. Elle a forcé une attention au geste que cent musiciens disponibles auraient rendue inutile. C'est là, dans cette chambre sans orchestre, que le son cesse d'être une intention et devient une matière.

Billie Eilish en 3D, Mortal Kombat II et le Métronome Cardiaque : La Musique qui Habite le Corps

Trois films, trois compositeurs, trois façons radicales de ne plus seulement faire écouter la musique, mais de la faire habiter le spectateur : calibrer sa distance au monde, repousser ses frontières physiques, et synchroniser son pouls sur celui du film. Cette semaine, la bande-son cesse d’être un accompagnement. Elle devient une mesure précise du corps.