« J’ai abandonné la maison pour un temps
j’ai investi le jardin et toutes les collines alentour
Ça fait du bien de s’étendre en silence.
Les cris des enfants sont la seule chose que j’entends encore
Pour le reste, je fais manteau
J’empêche les voitures, les camions de s’approcher
Je ne veux plus qu’on creuse de drains ou de tranchées
C’est l’hiver, Ferment, il faut se reposer… »
Sur l’air de « Comme de bien entendu » (musique Van Parys – paroles de Dominique Grange.)
« Nous sommes les Momies
Comme de bien entendu
Nous voici réunies
Au sein de l’institut
Sans pays ni frontière
Nous parcourons la terre
Ravies pour une fois de découvrir Paris
Nous sommes les Momies ! »
« J’ai toujours été fasciné par l’immuabilité absolue de la fin dans la nature. A chaque fois que je l’ai approchée, je me suis senti satisfait. Autour de moi, le temps filait, mais je parvenais à rester hors de lui. Figé dans un moment d’harmonie pendant lequel la vie s’arrêtait. Le temps n’était plus un obstacle, j’en avais une quantité infinie à ma disposition. J’étais convaincu que la mort donnait à tout un sens parfait. Elle organisait le chaos de la vie en nous offrant, tel un don, la possibilité de nous tenir hors du temps. Je considérais ma faiblesse physique comme un argument donnant du poids à cette idée. Elle me revenait, récurrente, pour donner un ordre à m vie. Mais quand je tentais de l’appliquer à certains de mes proches, elle cessait immédiatement de fonctionner. »
« … cela veut dire : ensevelir un corps à même la terre, sans rien, sans cercueil, sans même l’envelopper dans une natte, […] Les vieux disent qu’autrefois, ici, si quelqu’un mourait plein de ressentiment, on n’avait pas envie qu’il renaisse, alors on choisissait de l’enterrer ainsi, à nu. »
« Si nous avions vécu dans un monde meilleur, j’aurais demandé à Mireya :
- Ecoutez, Mireya, je viens de me rappeler ces vers : Certaines avenues sont si larges / que les traverser est une autre avenue. Vous vous souvenez de qui ils sont ?
- Bien sûr, d’Ivan Buruskov, poète ukrainien, ils appartiennent à son recueil Les dahlias mortels, de 1964, dont il existe une excellente traduction de Jose Emilio Pacheco. Tout va bien, avec les bisquets ?
- Tout va bien, merci Mireya.
Toutefois, nous n’étions pas dans un monde meilleur, mais dans la Ville de l’Éternel Printemps, une ville qui n’avait pas d’âme, mais des piscines, comme aimait le répéter mon père. »
Ce mercredi 8 juillet 2026, Studiocanal ressort en salles françaises Kill Bill: The Whole Bloody Affair, la version intégrale de 4h35 que Quentin Tarantino voulait à l'origine. Elle comporte notamment une nouvelle séquence animée inédite de sept minutes, produite par Production I.G en 2025, vingt-deux ans après la séquence originale que Kazuto Nakazawa et Katsuji Morishita avaient réalisée pour Kill Bill Vol. 1. Cette continuité de collaboration entre Tarantino et le studio japonais mérite qu'on s'arrête sur ce qui s'est joué en 2003 : le geste hybride live-action/anime que le réalisateur américain a inventé pour raconter l'enfance d'O-Ren Ishii, et ce que ce geste dit du rapport entre l'anime japonais et le cinéma américain contemporain.
Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.