Inscrit23 juin 2019
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« Dans le Montana, il existe une cinquième saison, un moment suspendu entre l’hiver et le printemps, entre le gel et le dégel. Une « saison brune » intermédiaire, où les glaces ont commencé à fondre… mais où le printemps n’a pas encore affirmé sa présence. »
« En compagnie d’Estelle, Dorothy devenait plus tapageuse, puérile et joyeuse qu’avec n’importe qui d’autre. Estelle faisait ressortir les instincts subversifs chez ceux qu’elle fréquentait. Pour leur toute première rencontre, elles avaient atterri dans la cuisine d’Estelle où elles avaient sifflé une bouteille de sherry à 2 heures de l’après-midi en se racontant leur pauvre vie, et celle-ci leur avait paru si désespérante qu’un fou-rire de plusieurs minutes les avait gagnées. Elles étaient amies depuis ce jour-là. »
« La Bête a faim. Elle avale l’air comme un cheval excité. Je regarde autour de moi : le siège vide à droite, la panier d’œufs de Bangley et la couverture avec le chasseur qui n’en finit pas de viser un faisan qui prend son envol. En tas contre la porte. Même à moitié sourd et les articulations raides Jasper était un meilleur copilote que la plupart des hommes. N’importe quel homme. Que les choses en soient réduites à : la vie condensée en une couverture miteuse. Le plomb qui n’atteindra jamais sa proie, l’oiseau qui ne retombera jamais mais aussi, le chasseur qui ne manquera jamais son coup. Qui ne perdra jamais rien. Dont le chien ne mourra jamais. »
« Metteur en scène complet, Jacobs bâtit ses planches à la façon dont un comédien conscient de ses prérogatives compose un rôle. Il ne donne à voir au lecteur/spectateur que ce qu’il estime nécessaire pour construire une vision globale de l’œuvre en mouvement. »
« … Au bout d’un long quart d’heure, le président exige la liste des citoyens chinois retenus sur la base de McGuire. - Vous pensez bien qu’ils l’ont déjà, souffle à voix basse la conseillère scientifique. Ils savent où se trouve tout Chinois à tout instant, alors, vous pensez-bien, ceux qui ont embarqué en mars sur un Paris-New York… »
« Il fit volte-face et se précipita dans l’escalier, se faufila sous la bôme du grand-mât et se jeta dans le canot. Ses mains tremblaient tandis qu’il s’accrochait à l’amarre. Deux coups de rame énergiques le menèrent derrière la poupe de l’Orpheus, d’où il voyait le Saracen. Le ketch n’avait pas bougé, mais il avait pivoté et se trouvait désormais par le travers. »