Julien Dugois

Sans jamais avoir voulu me prétendre du statut pompeux de cinéphile, je suis un dévoreur acharné de films, de tous genres, de tous horizons. J’admets vouer un culte aux œuvres de Kubrick, Chaplin, les frères Coen, Kurosawa et Jarmusch, pour ne citer qu’eux. De cette passion, devenue addiction, est née mon envie de passer un diplôme en audiovisuel pour poser un regard plus professionnel sur ce que je vois, mais aussi de rédiger des critiques. A l’origine, je n’écrivais que pour moi, me faisant des fiches pour combler ma mémoire défaillante, mais j’essaie aujourd’hui d’étoffer mes écrits pour être lu de ceux avec qui j’aimerai partager mon avis et débattre intelligemment.

Truman, un film de Cesc Gay : Critique

Ce modeste mélodrame plein d'authenticité et de bons-sentiments parvient à ne jamais sombrer dans le pathos larme-larmes grâce aux prestations irréprochables Ricardo Darin et Javier Camara. Une justesse de jeu et un soucis de sincérité des émotions qui ont fait de Truman le chouchou de l'Académie des Goyas.

Dalton Trumbo, un film de Jay Roach : Critique

Un film sur le combat d'un homme pour se faire accepter de la grosse machine hollywoodienne avait de quoi laisser envisager une représentation corrosive de la place de l'artiste dans cette industrie formatée. Paradoxalement, c'est à un film parfaitement calibré dans le moule des dernières productions à succès que nous avons droit, soit l'exact opposé de ce que Dalton Trumbo aurait pu signer. Difficile de penser que ce soit là la meilleure façon de lui rendre hommage...

Les enquêtes du Département V : Délivrance, un film de Hans Petter Moland : Critique

Alors qu'elle est, esthétiquement, moins obscure que les précédents films, cette troisième Enquête du Département V réussit paradoxalement de se montrer bien plus angoissant, grâce notamment à un suspense efficace et à un jeu plus émotif de Nikolaj Lie Kaas. Puisque les films suivants seront confiés à d'autres cinéastes, rien n'est dit que la franchise réussira à se maintenir à ce niveau, à moins de faire le choix d'explorer (enfin) un peu plus ses personnages principaux.

Tout pour être heureux, un film de Cyril Gelblat : Critique

Manu Payet confirme son talent pour se glisser dans des personnages attachants et pour donner un air malicieux à l'expression de leurs problèmes affectifs. Même s'il ne réussit pas se situer entre comédie familiale et drame social, ce second film de Cyril Gelblat profite d'une direction d'acteurs suffisamment adroite pour permettre au couple Payet/Lamy de multiplier les émotions avec une sincérité remarquable.

TCM Cinéma Programme: Duel, un film de Steven Spielberg: critique

Quatre ans avant de traumatiser plusieurs générations avec le requin des Dents de la mer, Steven Spielberg exerçait déjà son talent de virtuose du suspense avec un camion. Une course-poursuite entre une voiture et un poids lourd, il n'en fallait pas plus au réalisateur pour démontrer son talent dans l'art de mettre en place une ambiance implacable et de raconter une histoire fantastique à l'échelle humaine, deux compétences qui forgeront sa légende.

Men & Chicken, un film d’Anders Thomas Jensen : Critique

Aussi irrévérencieuse soit-elle, la nouvelle comédie d'Anders Thomas Jensen ne se moque jamais de ses personnages haut en couleurs. Au contraire, il fait d'eux des êtres profondément pathétiques en proie à leur instinct animal. Cruel et humaniste à la fois, cette petite perle d'humour noir, comme seuls les Scandinaves peuvent nous en offrir, satisfera les amateurs du genre... au risque de heurter les personnes partageant le bec de lièvre de cette belle brochette de dégénérés.

Desierto, un film de Jonas Curon : Critique

Jonas Cuaron, le fils d'Alfonso, signe un survival dont le scénario peut à priori sembler simpliste mais dont la réalisation est d'une virtuosité incontestablement remarquable. Et le talent des deux acteurs n'est pas non plus pour rien dans la tension viscérale qui s'installe tout au long du film.

Sky, un film de Fabienne Berthaud : Critique

Difficile de rentrer dans les émotions de cette femme brisée interprétée par Diane Kruger tant l'artificialité de son parcours rend le film prévisible. Heureusement, la relation compliquée qu'elle va vivre avec ce stéréotype de l'Amérique profonde auquel Norman Reedus prête ses traits réussit à donner à certains passages un minimum de charge émotionnelle mais cela reste bien insuffisant.

Newsletter

À ne pas manquer

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.

Peindre avec la caméra : Robbie McGarvey et la fabrication irréversible de Die My Love

Comment Robbie McGarvey a peint Die My Love avec de l’Ektachrome, des Petzval et un ratio 4:3. Filtres enfumés à la main, alla prima sur pellicule et trace visible du geste.

Silent Friend : filmer la lumière, filmer le temps

Entre 1908 et 2020, Silent Friend explore l'évolution de la perception humaine autour d'un ginkgo biloba. Un voyage sensoriel où la peinture devient le milieu du cinéma et le temps une matière organique.