Neuf ans après un premier opus déjà salué pour sa franchise, Cookie Kalkair remet le couvert. Son "Pénis de table 2" (éditions Steinkis) s’invite à nouveau dans les zones d’ombre du désir – entre honte, tabou, maladresse et tendresse. Mais cette fois, la table s’est agrandie, plus diverse, plus consciente, moins complaisante aussi. Un ouvrage aussi cru que nécessaire, où six hommes discutent, se dévoilent et parfois se contredisent, pour mieux comprendre ce que veut dire aujourd’hui "avoir un pénis" dans un monde post-#MeToo.
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Entre l’odeur avenante du beurre chaud et la rigueur du geste parfait, "La Vie en bleu" nous plonge dans les coulisses de la gastronomie française. Sous la plume de Julien Moca et le trait de Cécile Barnéoud, l’itinéraire d’une jeune cheffe venue de Séoul se transforme en parcours initiatique, à la fois sensoriel, humain et culturel. Un one shot généreux, riche en émotions et en saveurs.
Sous la neige, la bête. Février 1999, péninsule de Kola. Un corps gît dans le froid, presque mort, pas tout à fait humain. Il s’appellera Gary, parce qu’il faut bien un nom pour désigner l’indésignable. Il guérit trop vite, se régénère trop bien et s’échappe trop brutalement pour être seulement un miraculé. Plus tard, on le retrouve à Moscou, poursuivi, cerné, traqué comme un animal rare dont la science veut percer le secret. Pour fuir, il s’enferme dans un cercueil et file vers Berlin – la résurrection comme dernier refuge ?
Avec "Le Message", Ta-Nehisi Coates poursuit son œuvre de dévoilement du réel. Voyageur malgré lui, le penseur américain arpente Dakar, la Caroline du Sud et la Cisjordanie, traçant un fil invisible entre les héritages de la violence raciale, les fractures du monde contemporain et la responsabilité du témoin. Ce livre, à la fois intime et politique, prolonge la quête d’un écrivain obsédé par la vérité : celle que l’on tait, celle que l’écriture force à voir.
En transposant l’univers de "Spawn" dans un futur post-industriel où l’humain s’effrite sous le poids de la machine, "Rat City" d’Erica Schultz et Zé Carlos (éditions Delcourt) revisite le mythe infernal sous l’angle du transhumanisme. Un récit dense et crépusculaire, d’une intensité visuelle rare, où chaque étincelle de néon révèle une part de damnation.
Avec "L’Enfance des chefs", Marilyne Letertre et Franckie Alarcon signent une bande dessinée pleine de tendresse, où les grands noms de la gastronomie française retrouvent le chemin de leur enfance. L’ouvrage, publié chez Delcourt dans la collection "Encrages", fait un lien entre le souvenir et l’art de nourrir – au sens plein du terme.
Davy Mourier signe avec "La Petite Mort – La Boutique des erreurs" un album d’une lucidité mordante. Sous ses dehors d’humour macabre et de gags pop, c’est toute la mécanique contemporaine du lynchage médiatique, du consumérisme et de la bêtise virale qu’il dissèque. La Mort, devenue influenceuse malgré elle, y découvre que la notoriété n’a rien d’un repos éternel.
Avec Ari Richter, la mémoire ne se transmet pas : elle s’infiltre, se déforme, se débat contre ses falsifications. Dans "Plus jamais je ne visiterai Auschwitz", roman graphique d’une grande personnalité, l’artiste new-yorkais propose un témoignage familial qui se double de la radiographie d'un traumatisme collectif, le tout fouillé à la pelle du doute et de l’ironie. Entre l’ombre de Dachau et la lumière hésitante des États-Unis post-Trump, le livre se pose une question en tout point obsédante : que reste-t-il à hériter quand la mémoire devient spectacle ?
Avec "Le Lusitania" et "La Blanche Nef", les éditions Glénat inaugurent une nouvelle collection ambitieuse intitulée "Fortunes de mer". Sous la houlette de Jean-Yves Delitte, marin du trait et architecte du récit historique, ces deux premiers volumes jettent l’ancre à plusieurs siècles d’écart, mais racontent la même chose : la mer comme juge suprême des folies humaines, qu’elles soient impériales, dynastiques ou technologiques.
Dans "L’Oubliée du radeau de la Méduse" (Marabulles), Gilles Cazaux et Thierry Soufflard revisitent l’un des naufrages les plus célèbres de l’histoire maritime française, immortalisé par une peinture de Théodore Géricault. En redonnant chair et voix à la seule femme du radeau, les auteurs plongent le lecteur dans un huis clos maritime d’une intensité rare, où la survie se joue sur le fil du délire et du déni.
Cet automne, les éditions LettMotif publient trois ouvrages où le septième art se fait miroir, prétexte ou révélateur. "Directed by Stallone" de Jean-Christophe HJ Martin, "Thomas Liebmann" de Jérôme D’Estais et "Avat’aime" de Laurent Bonetti : trois livres très différents, mais un même geste, celui d’interroger notre rapport intime aux images et aux figures du cinéma.
Avec "La Nuit éternelle", Luana Vergari clôt la trilogie "Kundan" sur un ton crépusculaire, où la vengeance et le mythe s’enlacent dans une Inde coloniale rongée par la rancœur.
















