Jérémy Chommanivong

Spéléologue des temps modernes, je ne suis qu'un humble explorateur des salles obscures, celles-là même dont on peut en ressortir ému, apeuré, frustré ou émerveillé. Je m'y donne rendez-vous chaque semaine, sans oublier ma fascination pour Steven Spielberg, Frank Capra, Sidney Lumet, Brad Pitt et un peu moins pour les légumes. Le cinéma restera à jamais mon sanctuaire d'apprentissage et le vecteur de toutes mes émotions.

Predator : Badlands – le masque et la honte

Dan Trachtenberg revient avec "Predator : Badlands", plaçant le Predator au centre d’un vaste univers alien. Spectaculaire et visuellement ambitieux, le film explore la survie, la chasse et la quête de reconnaissance d’un héros légendaire, mêlant hommage à la saga, créatures inédites et dimension mythologique.

FFCP 2025 : The Ugly, ou la beauté subjective

"The Ugly", de Yeon Sang-Ho, plonge dans un thriller psychologique intimiste où la marginalisation et le jugement social s’entrelacent. Adapté de son roman graphique, le film explore le destin tragique d’une femme stigmatisée pour son visage, mêlant suspense, drame familial et réflexion sur la laideur et les apparences.

FFCP 2025 : Hi-Five, héros malgré eux

"Hi-Five", la comédie d’action coréenne de Kang Hyeong-chul, mêle humour, pouvoirs extraordinaires et satire sociale. Cinq individus ordinaires découvrent des dons inattendus, mais le film oscille entre farce et naïveté, offrant un divertissement sympathique mais inégal.

FFCP 2025 : My Missing Aunt, mémoire des silences

"My Missing Aunt" est un documentaire bouleversant dans lequel Yang Juyeon ravive la mémoire de sa tante disparue. Par l’enquête, l’animation et la parole retrouvée, la réalisatrice transforme la douleur en un acte de résistance féministe et fait de la mémoire un espace de réconciliation et de lumière.

FFCP 2025 : The Square, la cité interdite

Présenté au festival d’Annecy, "The Square" de Kim Bo-sol explore à Pyongyang une romance interdite sous surveillance. Ce long-métrage animé mêle intimité et huis clos politique, révélant la fragilité humaine, la solitude et l’espoir au cœur d’une ville froide et oppressante, où chaque geste devient un acte de résistance et chaque émotion un trésor fragile.

FFCP 2025 : Home Behind Bars, les prisonnières du silence

"Home Behind Bars", de Cha Jeong-yoon, offre un regard féminin et profondément humain sur la vie derrière les barreaux. À travers la maternité, la résilience et la solidarité, le film explore les gestes quotidiens et les micro-événements qui préservent l’humanité dans un univers clos, loin de la violence et des clichés du genre carcéral.

FFCP 2025 : The Land of Morning Calm, le silence des vivants

Dans "The Land of the Morning Calm", Park Ri-woong explore l’errance, le deuil et le déracinement à travers Yeong-guk, vieux pêcheur au passé trouble, et Yeong-ran, épouse vietnamienne confrontée à l’exclusion. Entre village côtier brumeux et bureaucratie froide, le film dessine un portrait intimiste et politique d’une Corée à la fois humaine et implacable.

FFCP 2025 : The Burglars, sur la route de l’oubli

"The Burglars", premier long-métrage de Kim Tae-hwi, suit la rencontre de deux vieillards solitaires sur les routes rurales de Corée. Entre gestes quotidiens et silences contemplatifs, le film transforme la solitude en poésie, explorant tendresse, errance et rédemption dans un road-movie intimiste, doux-amer et profondément humain.

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Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.