Jérémy Chommanivong

Spéléologue des temps modernes, je ne suis qu'un humble explorateur des salles obscures, celles-là même dont on peut en ressortir ému, apeuré, frustré ou émerveillé. Je m'y donne rendez-vous chaque semaine, sans oublier ma fascination pour Steven Spielberg, Frank Capra, Sidney Lumet, Brad Pitt et un peu moins pour les légumes. Le cinéma restera à jamais mon sanctuaire d'apprentissage et le vecteur de toutes mes émotions.

A Brighter Summer Day : les héritiers de la nuit

"A Brighter Summer" Day d’Edward Yang explore une Taïwan des années 60 en pleine mutation, où une jeunesse perdue cherche sa place entre traditions éclatées et modernité importée. À travers Xiao Si’r, le film dévoile une fresque nocturne bouleversante sur l’identité, la violence sociale et les rêves fragiles d’une génération en quête d’avenir.

The Terrorizers : Les agents de la solitude

"The Terrorizers" d’Edward Yang explore la solitude urbaine, la création et les hasards qui relient des vies perdues dans un Taipei en pleine mutation. À travers un récit choral éclaté et une mise en scène consciente de sa propre construction, le film révèle comment de petits gestes peuvent déclencher de grandes secousses et dévoiler la fragilité des liens humains.

Entretien avec Victoria Verseau sur « Trans Memoria »

Dans cet entretien, la réalisatrice Victoria Verseau revient sur "Trans Memoria", un film intime et sensoriel où mémoire, deuil et transition se mêlent. Elle y évoque Meril, son amie disparue, la construction du film, la présence d’Athena et Aamina, et la manière dont son geste artistique interroge identité, survivance et transformation.

Taipei Story : La désynchronisation selon Edward Yang

Dans "Taipei Story", Edward Yang observe une Taipei des années 80 en mutation, où l’amour de Chin et Lung vacille face à la modernisation. Entre mémoire, perte de repères et quête d’avenir, le film esquisse le portrait sensible d’une génération en décalage avec une ville qui avance trop vite pour ses habitants.

In Our Time : Chronique d’une modernité en germe

Film fondateur du Nouveau Cinéma taïwanais, "In Our Time" réunit quatre récits sensibles signés Edward Yang, Yi Chang, Ko I-chen et Tao Te-chen. De l’enfance à l’âge adulte, l’anthologie capte avec réalisme et poésie un Taïwan en pleine mutation, révélant une nouvelle génération de cinéastes et une manière plus intime de raconter le quotidien.

Running Man (2025) : L’homme qui ne voulait pas devenir une image

Edgar Wright réinvente "Running Man" en un blockbuster vibrant, satirique et intensément moderne. Entre action frénétique, critique acerbe de la société du spectacle et performance habitée de Glen Powell, le film offre une dystopie nerveuse et inventive, qui interroge notre époque saturée d’images sans sacrifier le divertissement.

Trans Memoria : des corps en devenir

"Trans Memoria" de Victoria Verseau révèle un voyage intime où transition, mémoire et deuil s’entrelacent. Entre archives, paysages désertés et poésie visuelle, le film explore des identités en mouvement, hantées par les absences mais portées par la résilience. Un documentaire sensible qui interroge ce que signifie devenir soi et habiter un corps en transformation.

Détective Conan : La Mémoire Retrouvée – Le froid comme miroir de la mémoire

Dans "Détective Conan : La Mémoire retrouvée", le petit détective reprend du service dans un polar hivernal où les montagnes enneigées cachent secrets et souvenirs. Entre vengeance, code moral et tension psychologique, Conan suit les indices pour élucider un meurtre, mêlant action, introspection et la fidélité des personnages qui font le cœur de la saga.

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Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.