Beatrice Delesalle

Le ciné, ma passion. L’écriture, mon Graal. Je tente de combiner les 2 sous la forme d’un avis, d’un éloge, d’un commentaire, d’une critique en somme. Ce n’est pas mon métier et ne le sera jamais, mais c’est ce que je fais de plus plaisant et de plus personnel par les temps qui courent. Ces derniers mois, j’ai craqué pour : Carlos Reygadas, Roni Elkabetz, Hiam Abbass, Steve McQueen, Lynne Ramsay, James Franco, David Gordon Green, Jia ZangKhe, Wang Bing, Kim Ki Duk, Hirokazu Kore Eda, Kiyoshi Kurosawa, Pablo Berger, Lars von Trier, Panos H. Koutras, Félix van Groeningen, Miguel Gomes, Çağla Zencirci, Nuri Bilge Ceylan, Emir Baigazin, François Ozon, Philippe Garrel, Alain Guiraudie, Thomas Cailley, Abdellatif Kéchiche. Pour leur film en fait, plutôt.

Ex-Libris – The New York Public Library, de Frederick Wiseman : être et savoir

Inlassablement, Frederick Wiseman remet son ouvrage sur le métier pour y tisser un portrait critique de l’Amérique. Ex-libris : The New-York Public Library est une nouvelle étude presque sociologique d'une institution américaine, jugée essentielle par l'auteur pour la démocratie et la liberté.

Mise à mort du cerf sacré : Le sacre de Yorgos Lanthimos ?

Biberonné à l'oeuvre de Tarkovsky ou encore de Bresson, Yorgos Lanthimos construit sous nos yeux ébahis une oeuvre cohérente, exigeante, d'une beauté formelle indéniable et de laquelle sourdent le crime et le châtiment. Fascinant.

Detroit de Kathryn Bigelow : Un grand film que les américains n’ont pas voulu affronter

Boudé par les américains peu désireux de voir la réalité de la ségrégation raciale en face, Detroit, le nouveau film de Kathryn Bigelow est pourtant un grand film très efficace et essentiel sur la dénonciation d'une violence policière envers les Noirs américains qui n'est pas près de s'arrêter.

Le château de verre en demi-teinte de Destin Cretton

Le Château de verre de Destin Cretton. Ni fait ni à faire. De beaux personnages et une histoire touchante qui n'ont pas rencontré leur metteur en scène. Woody Harrelson est flamboyant comme à son habitude.

Faute d’Amour : la Russie glaçante d’Andreï Zvianguintsev

Faute d'amour, le nouveau film d'Andreï Zviaguintsev, creuse le sillon d'un cinéma passionnément engagé dans l'observation du pays du cinéaste, la Russie. Cette fois, c'est au travers d'un drame particulièrement triste (les drames avec les enfants sont toujours poignants) qu'il déroule -d'une belle et brillante manière - son constat.

Wind River de Taylor Sheridan : Once upon a time in the Mountain West

Critique de Wind River film écrit et réalisé par Taylor Sheridan : un western moderne, sombre et poétique, un thriller efficace, un portrait lucide mais pessimiste de la société américaine à deux vitesses...

Que Dios nos perdone, un film de Rodrigo Sorogoyen : Critique

l'Espagne est bien partie pour nous livrer ces thrillers qui vont faire date ; après des films comme la Isla Mínima, voici le troisième opus du madrilène Rodrigo Sorogoyen : Que Dios nos perdone, un film que l'on pourrait qualifier de thriller autant que de noir. Critique.

Les Filles d’Avril, un film de Michel Franco : Critique

Le nouveau film du mexicain Michel franco n'est pas un film à l'eau de rose. Pourtant, les Filles d'Avril est ce film, son meilleur à ce jour, qui fait la synthèse entre une mise en scène sèche et sombre qui est la marque de fabrique du cinéaste, et un sujet traité avec plus de douceur et d'empathie que d'habitude.

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Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.

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