Beatrice Delesalle

Le ciné, ma passion. L’écriture, mon Graal. Je tente de combiner les 2 sous la forme d’un avis, d’un éloge, d’un commentaire, d’une critique en somme. Ce n’est pas mon métier et ne le sera jamais, mais c’est ce que je fais de plus plaisant et de plus personnel par les temps qui courent. Ces derniers mois, j’ai craqué pour : Carlos Reygadas, Roni Elkabetz, Hiam Abbass, Steve McQueen, Lynne Ramsay, James Franco, David Gordon Green, Jia ZangKhe, Wang Bing, Kim Ki Duk, Hirokazu Kore Eda, Kiyoshi Kurosawa, Pablo Berger, Lars von Trier, Panos H. Koutras, Félix van Groeningen, Miguel Gomes, Çağla Zencirci, Nuri Bilge Ceylan, Emir Baigazin, François Ozon, Philippe Garrel, Alain Guiraudie, Thomas Cailley, Abdellatif Kéchiche. Pour leur film en fait, plutôt.

La Douleur, d’Emmanuel Finkiel : rencontre sensible du cinéma et de la littérature

Publié en 1985, le livre la Douleur est sans doute un des textes majeurs de Marguerite Duras quant à son lien étroit avec un pan important de la vie de l'auteure. L'adaptation cinématographique d'Emmanuel Finkiel est une réussite en partie due à un sens aigu du bon casting, avec notamment une Mélanie Thierry époustouflante, mais aussi grâce à une réalisation qui ne recherche ni les facilités, ni les difficultés.

La juste Route, de Ferenc Török : Noir comme le souvenir

Le réalisateur Ferenc Török et son coscénariste Gábor T. Szántó qui a écrit la nouvelle, Homecoming, dont est tiré ce film, la Juste route, remettent l'accent sur les sombres à-côtés de la Shoah : la participation des hongrois à divers degrés à la déportation et à la spoliation des Juifs, suivie des remords ou de l'absence de remords chez les villageois concernés. En Noir & Blanc comme les archives de l'époque, le film est magnifique et édifiant.

Seule sur la plage la nuit, de Hong SangSoo : le fruit de la passion

Film après film, le Sud-Coréen Hong SangSoo décrypte un sujet unique : l'amour. Avalées à coups de soju, les paroles que ses protagonistes s'échangent dans un format très rohmérien, sont encore plus précises et plus touchantes dans Seule la plage la nuit, qui a valu l'Ours d'argent de la meilleure actrice à sa muse, Kim Minhee.

Les Heures sombres de Joe Wright : Enfin une consécration pour Gary Oldman dans son rôle de Churchill ?

Le biopic des grands hommes n'est jamais chose aisée. L'interprétation de Winston Churchill par l'immense Gary Oldman est pourtant magistrale, et la réalisation de Joe Wright inventive et dynamique. Une vision hagiographique du personnage, sans pour autant perdre toute objectivité.

Seule la terre de Francis Lee : Chroniques paysannes d’un nouveau genre

Seule la terre est avant tout, comme son titre l'indique un hommage à la terre et aux fermiers dans l'Angleterre rurale du West Yorkshire. Un film-vérité qui combine une belle histoire d’amour homosexuelle à une réflexion sociétale, mais surtout une chronique paysanne réaliste et bienveillante.

12 jours, de Raymond Depardon : quand la bureaucratie rencontre l’intime

Dans 12 jours, Raymond Depardon, à l'instar du grand Frederick Wiseman pour son propre pays, continue de dresser la cartographie d'une France qu'il aime. Cette fois-ci, il s'attaque à la rencontre entre le système judiciaire et les patients des hôpitaux psychiatriques, des justiciables particuliers et émouvants.

Joachim Trier se frotte au genre avec Thelma

Le cinéma scandinave se porte bien et Joachim Trier est un de ses nouveaux porte-étendards. Ayant fait sensation avec son Oslo 31 Août, il récidive encore et avec brio dans ce nouveau film, Thelma, dans la veine obsessionnelle du thème qui est relié aux fantômes du passé et obnubilé par la mort.

On Hesme Clotilde dans Diane a les épaules de Fabien Gorgeart

Dans Diane a les épaules, le premier long métrage de Fabien Gorgeart, Clotilde Hesme prête ses traits à un personnage partagé entre la désinvolture qui la caractérise et la gravité que la situation de mère porteuse finit par lui réclamer...

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