Fin de cycle pour « Terra prohibita »

Le second tome du diptyque Terra prohibita est désormais disponible aux éditions Glénat. Denis-Pierre Filippi et Patrick Laumond y échafaudent une dystopie où les écosystèmes sont durablement éprouvés.

Le mot de l’éditeur : La vérité n’est pas toujours bonne à dire. Il est trop tard pour reculer. L’équipe menée par Dorian Singer touche au but. Les origines de la contamination qui a transformé l’Angleterre en une jungle hostile et luxuriante seront bientôt révélées. Mais on ne s’approche pas aussi près d’une gênante vérité sans provoquer de l’agressivité et les autorités gouvernementales semblent de plus en plus hostiles. Tout s’accélère, chaque nouvelle découverte est plus effroyable que la précédente, chaque pas fait tomber un nouveau masque…Soutenu par un tempo en prise de vitesse constante, Denis-Pierre Filippi parvient, dans le dénouement de Terra prohibita, à jongler entre des scènes d’action explosives et de précieux moments d’intimité. La fin d’un récit au coeur d’un monde « steampunk végétal » aussi troublant que fascinant et brillamment mis en images par Patrick Laumond.

Le premier tome de Terra prohibita introduisait des personnages hauts en couleur, plongés dans un futur dystopique où l’Angleterre a été contaminée par des organismes biologiques dangereux pour l’homme. L’énigmatique Professeur Singer y semait la mort tout en s’attirant les bonnes grâces de l’inspecteur Melville, contraint de l’assister sous peine de succomber à une gangrène. Cette suite s’inscrit dans une même veine, mais apparaît cependant à la fois moins dense et plus rythmée. D’un strict point de vue graphique, Patrick Laumond continue à émerveiller, avec des couleurs chatoyantes et des représentations à traits fins. Ses planches sont toujours aussi élaborées et plaisantes à admirer.

Dorian Singer et ses acolytes pénètrent dans des bâtiments gouvernementaux que des agents de factions opposées cherchent à protéger ou investir. Ils y découvrent des expérimentations sur des cobayes humains, mais aussi une sorte de « patient zéro ». Partant, ce second tome va à la fois contribuer à révéler les dessous de la contamination, mais aussi proposer une gigantesque fuite en avant où les protagonistes risqueront leur vie à chaque étape de leur quête. Plus intéressant : on en apprend davantage sur le Professeur Singer, son passé et les raisons pour lesquelles il se parle à lui-même comme s’il était en présence d’une tierce personne. On le découvre aussi en leader, même si la détective privée Valérie Kerveillan et l’agent Melville lui disputent occasionnellement la tête des opérations.

Si les aventures vécues par les personnages et leurs interactions souvent accidentées font progresser l’intrigue et révèlent certains de leurs secrets (des parents expropriés, un temps de survivance en zone inhospitalière, une faculté à appréhender la nature…), ce second épisode apparaît quelque peu décevant au regard des promesses que comportait son prédécesseur. Ce n’est probablement pas la présence, quelque peu convenue, d’une taupe dans l’équipe ou les velléités d’une grande puissance étrangère (les États-Unis en l’occurence) qui y changeront quoi que ce soit. Malheureusement, cette fin de cycle nous semble en deçà des ambitions initiales de Denis-Pierre Filippi et Patrick Laumond.

Aperçu : Terra Prohibita T.02 (Glénat)

Terra Prohibita T.02, Denis-Pierre Filippi et Patrick Laumond
Glénat, avril 2021, 48 pages

Note des lecteurs4 Notes
2.5

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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