« Solo Lyra » : périls

Oscar Martin, appuyé par les talents graphiques de Leonel Castellani, nous offre une plongée dans les ténèbres d’un monde sans foi ni loi à travers Solo Lyra. Dans des paysages dévastés et hantés par des créatures effroyables, les auteurs dépeignent le voyage périlleux de Lyra et son frère, confrontés à des défis de toutes sortes.

Au début du récit, Grandé est appelé à émerger de l’ombre de son clan pour forger son propre chemin, c’est-à-dire établir une communauté ailleurs. Il laisse derrière lui Lyra et son frère, les deux principaux protagonistes de cette histoire. Lyra doit veiller à la fois sur une mère malade, sur le point de mourir, et sur cet aîné aux capacités intellectuelles limitées. Leur parcours est jalonné de tragédies. Le décès de leur mère les pousse à prendre la route et laisse un vide profond, ainsi que le fardeau du deuil à porter.

Les péripéties de Lyra et son frère les mènent à affronter des menaces de toutes sortes. Leur rencontre avec un vieillard luttant pour sa survie va éclairer une réalité encore plus sombre : l’existence d’un parasite monstrueux se multipliant dans la chair de son hôte. Les deux jeunes héros vont aider le vieil homme à soigner sa petite-fille, quitte à braver le danger pour récolter de quoi l’anesthésier et la soigner. Solo Lyra procède de cette façon : des personnages abîmés par les épreuves d’une existence en perdition affrontent des antagonistes de formes diverses, les uns après les autres.

Punchy, parfaitement mis en vignettes, l’album bénéficie des talents de Leonel Castellani, qui donnent corps à un monde désolé et souvent violent. Dotées d’un sens aigu du mouvement et de l’émotion, les planches immergent le lecteur aux côtés des deux protagonistes, qui portent en bandoulière les thèmes de la survie, de la fraternité et de la perte. Le récit explore la résilience face aux épreuves les plus accablantes. Il illustre aussi comment la solidarité et l’amour fraternel peuvent éclairer les moments les plus sombres et tragiques de l’existence. 

Solo Lyra est une œuvre qui s’inscrit avec force dans l’univers étendu de Solo. Elle bénéficie d’un scénario solide et d’un attrait visuel évident. Avec ses ramifications familiales et psychologiques, ainsi que ses clins d’œil aux œuvres connexes, elle comporte suffisamment de sophistications – dont ce portrait de femme forte et indépendante – pour tenir en haleine le lecteur.

Solo Lyra, Oscar Martin et Leonel Castellani
Delcourt, janvier 2024

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4

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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