« Overseas Highway » : hors des sentiers battus

Les éditions Glénat publient Overseas Highway, coécrit par Fred Druart et Guillaume Guéraud. Récit tarantinesque gorgé de gueules cassées et mené tambour battant, il se partage entre un petit garage ne payant pas de mine et les affres de la mafia américano-cubaine, impliquée dans le trafic de drogue et les attentats anti-castristes.

Stacy lave des vitres suspendue à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du sol quand son quotidien est brusquement contrarié par la tentative de suicide de Sarafian. Ancien pilote de course, désormais propriétaire d’un petit garage automobile, il survit grâce aux activités clandestines qui y ont lieu. Il faut dire que l’extrême droite américano-cubaine, ainsi que ses excroissances armées et mafieuses, les missionnent régulièrement, lui et son acolyte Domingo, notamment pour transporter de l’argent à la hâte d’un endroit à l’autre. Un état de fait que Stacy ignore au moment de rejoindre ce duo de bras cassés. Car la jeune femme lavera désormais les véhicules des clients de Sarafian, sous ses yeux alcoolisés, et jamais très loin des narines enfarinées de Domingo.

Overseas Highway met ainsi en scène un trio peu reluisant, fondu dans un décor en tous points désenchanté. Stacy, que l’on retrouve en début d’album dans un flashforward programmatique, passe ses journées à nettoyer des coffres imbibés de sang. Sarafian a du mal à faire son deuil de sa gloire passée et a pris l’habitude de relater ses anciens exploits automobiles dans les bars miteux où il noie sa peine. L’un d’entre eux porte un nom prophétique, le Last Chance Saloon. Fred Druart et Guillaume Guéraud ne s’y trompent pas en le baptisant ainsi, eux qui prennent le parti de confronter, dans une course échevelée, Stacy et Sarafian à des tueurs sans le moindre scrupule, le tout sur fond de trahison.

Personnages pathétiques – Stacy n’a même pas son permis de conduire –, rebondissements en cascades, léger vernis politique, ambiance noire, Overseas Highway se caractérise par des dessins pop, très réussis, des poursuites infernales et un final… explosif. Sa couverture, à travers laquelle apparaissent une voiture accidentée et un homme vieillissant brandissant un pistolet, illustre parfaitement la tonalité d’un album où banlieues populaires, rats énormes, coups de feu, gangsters et corruption politico-mafieuse font partie du décor. Manifestement influencés par le cinéma, Fred Druart et Guillaume Guéraud se font plaisir, sans toutefois bouleverser les codes du genre, mais en glissant çà et là quelques clins d’œil amusés. Les admirateurs de Quentin Tarantino devraient apprécier.

Overseas Highway, Fred Druart et Guillaume Guéraud
Glénat, juin 2022, 112 pages

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3.5

Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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