Les Merveilleux Contes de Grimm : deux albums réussis

La collection « Les Merveilleux Contes de Grimm », dirigée par Marc-Antoine Fleuret et publiée par les éditions Bamboo, offre une plongée rafraîchissante dans l’univers des contes classiques. Les deux premiers volumes, Le Capuchon Rouge et Lorinn et Lorinndell, se distinguent par une réinterprétation personnelle de récits traditionnels connus de tous, ou presque. 

Les-Merveilleux-Contes-de-Grimm-Le-capuchon-rouge-fnacLe Capuchon Rouge : deux pour le prix d’un 

Le Capuchon Rouge se divise en deux segments distincts, chacun apportant une vision unique à l’histoire bien connue du petit chaperon rouge et du grand méchant loup. La première partie, œuvre conjointe de Martin Powell et de l’artiste espagnol Victor Rivas, se caractérise par des dessins souvent saturés de détails et illustre la lutte héroïque d’une jeune fille contre l’animal qui cherche à la piéger. Cette représentation, où la fillette incarne le courage et la ruse, se mêle à des éléments familiaux, traduisant l’amour réciproque entre elle et sa grand-mère.

La seconde partie, réalisée par l’illustrateur russe Alexander Utkin, introduit une perspective inédite en incorporant les frères Grimm directement dans le récit. Le style graphique, marqué par un trait crayonné et épais, offre une rupture esthétique totale avec la première moitié. Cette partie s’écarte considérablement du conte original, notamment par les transformations physiques du personnage du chaperon rouge et une conclusion singulière due (dans le récit) à Jacob Grimm. Les couleurs sont quant à elles dominées par le rouge, le bleu et le noir.

Les-Merveilleux-Contes-de-Grimm-Lorinn-et-Lorinndell-avisLorinn et Lorinndell : poésie visuelle 

Dans Lorinn et Lorinndell, l’illustratrice italienne Maurizia Rubino explore le thème de la sorcellerie et de la métamorphose, sans toutefois expliciter en détail les motivations de son antagoniste. Le conte, très visuel, narre l’histoire d’une sorcière transformant en oiseaux les jeunes femmes s’approchant de son château. Lorinn, retenue captive, est finalement sauvée par son fiancé grâce à une fleur magique, cette dernière servant ensuite à libérer les autres victimes. Le récit, très peu dialogué, se focalise sur la dimension graphique, où la coloration joue un rôle prépondérant. Un moment-clé de l’œuvre demeure la scène de la salle des cages, où la représentation des femmes-oiseaux captive l’œil par une explosion de couleurs et une perspective travaillée. Bien qu’il s’adresse à un public jeune, l’album se distingue par son raffinement graphique, jouant sur les nuances de forme, de lumière et de couleur pour captiver et émouvoir.

De bon augure

Le label Aventuriers d’ailleurs, avec ses « Merveilleux Contes de Grimm », prend langue avec des contes classiques qu’il revisite avec attention. Le Capuchon Rouge et Lorinn et Lorinndell démontrent à quel point une réinterprétation de ces récits passés à la postérité peut faire sens. L’exercice est toutefois périlleux, et on peut regretter, par exemple, le manque de propos de Maurizia Rubino, qui privilégie clairement la poésie visuelle à la densité de son récit. Qu’importe, les deux bandes dessinées constituent des réussites, et on suivra avec intérêt l’évolution de cette collection… 

Les Merveilleux Contes de Grimm : Le Capuchon Rouge, Martin Powell, Victor Rivas et Alexander Utkin
Bamboo, janvier 2024, 48 pages

Les Merveilleux Contes de Grimm : Lorinn et Lorinndell, Maurizia Rubino
Bamboo, janvier 2024, 48 pages

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3.5

Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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