« Les Apprentis » : héros en devenir

Les éditions Drakoo publient Les Apprentis, d’Olivier Gay et Olivier Boiscommun. Cette bande dessinée s’inscrit dans le genre de l’héroïc fantasy et met en scène un groupe de jeunes apprentis encore inexpérimentés, qui se lancent dans une quête périlleuse pour retrouver leurs maîtres disparus…

Autrefois, cinq héros légendaires servaient la princesse Cassia. Ces preux chevaliers étaient redoutés et respectés pour leurs compétences en guérison, pacification, combat contre les dragons et commandement. Cependant, à la mort de la princesse, leurs exploits furent oubliés et ils se séparèrent. Vingt ans plus tard, quatre d’entre eux, Sarabella, Velinor, Holmeter et Thespie, retirés dans le paisible village de Fondletang, enseignent leur savoir à des apprentis. Tomas, Lamia, Ephraïm et Iris, leurs élèves, sont déterminés à suivre leurs traces malgré leurs compétences encore rudimentaires.

L’histoire d’Olivier Gay bascule lorsqu’un coursier apporte une missive d’Abélard, le cinquième héros. En un éclair, les anciens héros quittent leur village pour une mission gardée secrète, promettant à leurs ouailles de revenir dans un mois. Mais le temps passe, et trois mois plus tard, ils ne sont toujours pas revenus, ce qui suscite l’inquiétude des jeunes apprentis. Désireux de prouver leur valeur, probablement un peu inconscients, ils décident de partir à leur recherche, sans en parler à personne. Pas préparés, seulement nantis de quelques qualités sommaires, ils se lancent dans une aventure qui les mènera à la rencontre de monstres et d’antagonistes de toutes sortes…

La quête des apprentis est évidemment ponctuée de nombreux rebondissements, et souvent teintée d’humour et de situations improbables – mais initiatiques. Le récit, entrecoupé de fiches explicatives, rebondit souvent sur les maladresses des jeunes héros, encore perfectibles, et les pièges qui se dressent devant eux. Relativement convenu sur la forme, Les Apprentis tire ainsi ses principaux atouts de son ton léger et de son humour efficace, intimement liés aux interactions entre les différents personnages, qui fonctionnent très bien.

Aventure héroïc fantasy ludique, conçue pour un jeune public, Les Apprentis remplit parfaitement le contrat en proposant un divertissement de qualité, qui ne réinvente certes pas le genre mais met en vignettes des jeunes personnages volontaires, insouciants (parfois un peu trop) et capables de se dépasser pour parvenir à leurs fins. Le dessin est avenant – et même à l’avenant – et le dernier tiers de l’album nous ménage un propos politique et une révolution de palais qui épaississent les enjeux présentés.

Les Apprentis, Olivier Gay et Olivier Boiscommun
Bamboo/Drakoo, juillet 2024, 96 pages

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Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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