La petite robe noire de Megan Hess : un nouveau livre de mode à collectionner

En avril 2022, les éditions L’imprévu ont publié un nouveau livre de Megan Hess : La Petite Robe noire. L’illustratrice de mode américaine nous a habitués aux beaux livres, avec notamment un compte-rendu dessiné de la vie de Coco Chanel, un autre de celle de Christian Dior, entre autres titres sur la haute-couture. Daté d’avril, le premier tirage de la traduction de ce nouveau titre a déjà été épuisé : faites-vous plaisir, le livre est à nouveau disponible depuis le mois d’octobre.
Il est cette fois dédié à toutes les robes noires de la mode, iconiques et historiques. Aussi joli que bien documenté, l’ouvrage de Megan Hess est à mettre entre les mains de tous les amateurs de mode et de beaux livres.

Chaque livre de Megan Hess est un régal, et celui-ci n’y fait pas exception. L’objet en lui-même est appréciable, avec son titre légèrement creusé dans l’épaisseur d’une couverture douce, et des lettres dorées jouant avec la lumière. La mise en page, typique des ouvrages de l’illustratrice, fait alterner pages noires et blanches, répondant bien aux illustrations en deux tonalités de l’artiste.

À ces très belles images, on peut simplement reprocher un dessin des corps de femme trop filiforme, bien que typique de l’esquisse de mode, et le regret qui en découle que les silhouettes et/ou visages de personnalités citées ne soient pas ressemblants (Marilyn Monroe, Audrey Hepburn, Etta James, Aretha Franklin, Michelle Obama, Lady Diana, etc.) ; même si l’on comprend que le style de Megan Hess, directement inspiré de mode, s’attache plus à retranscrire le vêtement que la personne elle-même.
Ainsi, avec ses images à l’élégance travaillée, Megan Hess parsème ses silhouettes en lignes noires sur fond blanc de quelques couleurs et produit des dessins présentant toujours autant de charme, avec cette touche haute-couture, et quelques décors très poétiques. Encore une fois, ce « coffee table book » peut se feuilleter pour rêvasser, ou se lire d’une traite, pour découvrir l’histoire de la petite robe noire.

Car en plus d’être un beau livre d’images destiné aux adultes, La petite robe noire produit un texte très bien documenté, qui permet de découvrir un nouvel élément de l’histoire de la mode.
Pas de personne réelle comme sujet de cet ouvrage, mais un personnage de tissu. La petite robe noire se promène de page en page, à chaque fois revisitée par un nouveau créateur de mode, qu’il soit couturier ou chef costumier à Hollywood. Megan Hess n’omet aucune robe noire iconique, couvrant une période allant de 1926 à aujourd’hui, dans différents pays occidentaux et plusieurs milieux : mode, bien sûr, mais aussi cinéma, monde du spectacle, politique et même royauté ! En jalonnant son texte de citations sur les robes en général, les robes noires ou cette dernière couleur, Megan Hess permet à son lecteur de découvrir les points de vue de grands noms de la mode, sur l’élégance et le style.

Enfin, ce qu’on apprécie aussi dans Le Petite Robe noire, en plus des superbes illustrations, c’est la plume de l’autrice. Si l’on qualifie souvent Megan Hess d’illustratrice, son premier métier, force est d’admettre que les textes de ses livres, également de sa main, sont aussi élégants et agréables à parcourir que son travail visuel. Avec cet ouvrage, l’américaine confirme à la fois sa profession d’illustratrice, mais aussi ses capacités d’écrivain.

Si vous aimez le travail de Megan Hess, La Petite Robe Noire est à ajouter à votre collection. Avec son format réduit et son prix correspondant, ce très joli petit livre de mode en ravira plus d’un. 

La Petite Robe noire, Megan Hess
Editions L’Imprévu, avril 2022 (réédité en octobre 2022), 144 pages

Festival

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Deauville 2026 : Club Kid, père jusqu’au bout de la nuit

Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.

Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

Newsletter

À ne pas manquer

Digger : satire à balles réelles !

Dans un Hollywood asphyxié par l'absence de prise de risques et l'uniformisation, quel bonheur de pouvoir compter sur une oeuvre telle que "Digger", qui, si elle n'évite pas certains écueils, se révèle être de la trempe de ces films qui osent, qui bousculent, sans ménager le spectacle et le dépaysement attendu de ce genre de productions. Une œuvre qui va diviser, mais qui a le mérite d’exister. Rien que pour cela, l'effort mérite d'être salué.

Doraemon et le Château sous-marin : un cœur sous la carrosserie

"Doraemon et le Château sous-marin" plonge le chat-robot bleu et sa bande dans les abysses, entre camping aquatique, mythes de Mu et de l'Atlantide et peuple des profondeurs. Remake d'un classique de 1983, le film sonde l'âme des machines avec Buggy, véhicule au grand cœur. Une aventure tendre et sage.

Les Roches rouges : L’art de l’enfance

Dans Les Roches rouges, Bruno Dumont filme les jeux et les amours de l’enfance avec le sérieux qu’ils méritent, sans en atténuer le ridicule ni la violence. Sous le soleil de la Côte d’Azur, l’innocence a ses abîmes, et les gestes les plus simples viennent révéler ce que nos vies d’adultes s’emploient à recouvrir.

Détective Conan : L’Ange déchu de l’asphalte – un bolide qui cale au démarrage

Le plus grand petit détective du Japon file à moto aux côtés de Chihaya Hagiwara, la « Déesse du vent », pour traquer un bolide fantôme sur les routes de Yokohama. Un thriller survolté porté par son héroïne et un final à tombeau ouvert, mais dont l'enquête cousue de fil blanc peine à passer la seconde.

Raisons et Sentiments (2026) : le romantisme sous cloche

Georgia Oakley adapte le roman de Jane Austen avec Daisy Edgar-Jones et Esmé Creed-Miles en sœurs Dashwood. Tourné en 35 mm dans le Devon, le film soigne son naturalisme et sa sororité, mais peine à retrouver la satire sociale et la profondeur émotionnelle qui faisaient la force du texte original.
Sarah Anthony
Sarah Anthonyhttps://www.lemagducine.fr
Ecrivain et artiste, Sarah Anthony est copywriter freelance et a écrit au Mag de 2020 à fin 2023, elle y a notamment été responsable de deux rubriques : Arts & Culture (qu'elle a créée) et Séries. Son premier roman, La Saison sauvage, est disponible aux Editions Unicité depuis le 6 décembre 2022. Au sein de la rubrique Arts & Culture, Sarah a créé en janvier 2021 une chronique illustrée : l'Abécédaire artistique, qui a comptabilisé jusqu'à 20 000 lecteurs certains mois. En octobre 2023, l'Abécédaire artistique a été publié en livre et la chronique a pris fin en décembre de cette même année. Sarah Anthony se consacre désormais à l'écriture de son second roman. Plus d'infos : https://sarahanthonyfineart.com

« Dollars de guerre » : l’Amérique au front, avec ses vieux démons

Pour le quatrième et dernier volet des aventures de Ferdinand Tirancourt, Philippe Pelaez et Francis Porcel ramènent leur antihéros dans la boue de la Grande Guerre. Mais sous l’uniforme américain cette fois, et flanqué de deux compagnons dont les histoires disent une autre guerre, intérieure celle-là : celle d’une Amérique blanche qui envoie combattre des hommes qu’elle ne considère pas encore comme ses égaux.

« Une histoire du cinéma français – 1990-1999 » : la machine et ses mutations

Dans "Une histoire du cinéma français – 1990-1999", Denis Zorgniotti et Ulysse Lledo reviennent avec générosité sur une formidable mécanique en mouvement. Une machine française, avec ses vieilles pièces et ses jeunes moteurs, ses artisans et ses industriels, ses vedettes et ses francs-tireurs, ses ratés, ses emballements et ses inventions. Des auteurs consacrés aux nouveaux visages, de Besson à Carax, de Binoche à Trintignant, de la pellicule aux premiers bouleversements numériques, de La Haine à Kirikou et la Sorcière, les années 90 apparaissent dans l'Hexagone comme un atelier à ciel ouvert : le cinéma français s’y transforme peu à peu…

Faire la peau : le brûlot qui affronte le tabou de la violence des mères

Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?