« Dictionnaire du péplum » : 600 entrées pour explorer un genre cinématographique

Historien de l’Antiquité, Claude Aziza publie chez Vendémiaire un Dictionnaire du péplum qui, tout en étant présenté comme « incomplet » et « imparfait », comporte pas moins de 600 entrées et plusieurs palmarès sur un genre quelque peu suranné, mais ô combien spectaculaire et consubstantiel au septième art.

Les Dix Commandements, Ben-Hur, Quo Vadis ?, Cléopâtre, Spartacus, La Chute de l’Empire romain : longue est la liste des péplums ayant marqué l’histoire du cinéma. Ray Harryhausen, technicien admirable désormais passé à la postérité, a lui-même contribué à façonner le genre, avec des films tels que Jason et les Argonautes ou Le Choc des titans. À son endroit, Claude Aziza note une vocation précoce à la suite du visionnage de King Kong, un apprentissage aux côtés de Willis O’Brien, avant d’évoquer quelques séquences-clés, dont la fameuse bataille contre des squelettes dans la série des Sinbad, laquelle nécessita huit semaines de tournage ! L’auteur a beau confesser en introduction un relatif désamour vis-à-vis du péplum, il n’en décrypte pas moins les spécificités avec un souci de clarté et d’exhaustivité très appréciable.

Aux côtés des entrées incontournables (Jésus, la série Rome, la Grèce historique, le Jules César de Joseph Mankiewicz, les gladiateurs, le Forum romain, Salomé, la littérature populaire, les reines antiques, l’Egypte, le Spartacus de Stanley Kubrick…) figurent quelques éléments plus surprenants : Sigmund Freud, passionné par l’Antiquité, établissant une comparaison entre le travail de l’archéologue et celui de l’analyste ; Socrate interprété par Philippe Léotard dans un téléfilm intitulé Le Banquet ; l’anatomie masculine telle qu’elle est mise à l’honneur dans les péplums ; le Docteur Who faisant une escale à Pompéi ; l’activité publicitaire occupée à multiplier les emprunts à l’Antiquité et aux films la restituant à l’écran ; la pornographie détournant les classiques du genre ; l’espionnage, objet d’un long texte qui en décortique le rôle dans plusieurs productions…

On ne saurait évoquer ce dictionnaire sans se rapporter à l’entrée consacrée… au péplum. Claude Aziza expose d’abord les définitions sommaires du genre, avant d’en souligner les limites. Sait-on vraiment de quoi on parle lorsqu’on aborde ces « films historiques ayant pour sujet un épisode de l’Antiquité » (Le Petit Robert) ? Les considérations sont à la fois historiques (et couvrant potentiellement plusieurs milliers d’années), artistiques (avec le télescopage des genres) et mêmes assertives (la qualification artificielle et tardive d’un genre décrit ailleurs comme « historique », « épique » ou relevant de la « fantaisie mythologique »).

Consacrer un dictionnaire à une variété de films mal identifiée pourrait relever de la gageure. Pourtant, Claude Aziza y parvient avec habileté, en mêlant aux films et thèmes indispensables des anecdotes plus légères et amusantes, et en se livrant à une étude passionnée allant de Néron essayant des poisons sur des esclaves (tourné en 1896) à Gladiator, Vercingétorix ou la série Rome. Ses quelque 400 pages méritent certainement d’être parcourues, ne serait-ce que pour saisir l’essence d’un genre à tout le moins singulier.

Fiche technique

Auteur : Claude Aziza
Editeur : Vendemiaire
Date de parution : 16/05/2019
Collection : Dictionnaires
Format : 16cm x 22cm
Poids : 0,6300kg
EAN : 978-2363583291
ISBN : 2363583299

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