De plus belle, un film d’Anne-Gaëlle Daval : Critique

Florence Foresti qui s’essaie au drame, Mathieu Kassovitz en « bobo-Casanova », et une costumière à la mise en scène. Tout semblait bien parti pour un fiasco total. Cependant, si ce coup d’essai divise, De plus belle trouve son public bien que trop ciblé et générique.

Synopsis : Lucie, 40 ans, en rémission d’une maladie incurable, s’engouffre dans un mal-être absolue quand il s’agit de son apparence. D’une succession d’opportunités, elle va réapprendre à se regarder et à s’aimer pour pouvoir enfin vivre sa vie et ne plus juste survire à sa rémission. Un « feel-good movie » assez réaliste, entre humour noir et romances acerbes.

De plus belle est le premier long métrage d’Anne Gaëlle Daval, une costumière à la fois réalisatrice et scénariste. Un coup d’essai pour étendre un univers artistique, pourrait-on dire. Si l’on se concentre sur cet aspect, cette comédie dramatique peut être perçu comme étant un pari risqué pour StudioCanal et Nolita, les deux porteurs de ce projet. Cependant, il ne faut pas exclure un élément important de cette équation économique : Daval fut costumière sur la série Kaamelott et son époux n’est autre qu’Alexandre Astier.

Si cela n’enlève rien au talent et à la capacité de Daval en tant que scénariste-réalisatrice, nous sommes légitime de pouvoir constater néanmoins que le pari est résolument moins risqué sous de tel circonstances. Daval est peut-être une novice dans le domaine de la réalisation mais elle a une certaine facilité d’accès aux ingrédients d’un succès certain.

Le récit de De plus belle nous embarque à bord du périple de Lucie, une mère en rémission d’un cancer de stade avancé. Si Lucie est à présent en bonne santé physique, son esprit ne suit pas. De par son combat, nous assistons à une phase de cette triste maladie qui est très peu représentée au cinéma. Souvent, un récit de ce genre s’arrêterait peu de temps après la rémission du personnage et il nous aurait laisser clore sur un « happy ever after ». Ici, on découvre le « ever after » en question et il n’est pas très positif ni « happy ».

Le propos du film est porteur d’un message ; Qu’il est tout aussi difficile de se remettre de la guérison d’un cancer que de la maladie en elle-même. Lucie est peut-être tirée d’affaire mais elle ne ressent plus son corps comme auparavant. Elle n’est pas à ce qu’elle fait, et surtout, elle ne se reconnait plus physiquement. Elle s’isole des autres et se prive de bonheur, pensant qu’elle n’y a pas droit.

C’est une quête psychologique que Daval dépeint dans son premier long métrage. On pourrait lui reprocher une trop grande volonté de réalisme, en conséquence. Notamment, les séquences de dialogues à rallonge et les moments de vie filmés à caméra embarquée, mettant l’emphase sur les décors et les paysages naturels de la ville de Lyon, sans vraies convictions.

De plus belle, de part ce parti pris, prend des allures de séries télévisées américaines du nouvel « âge d’or  » (The Big C ou United States of Tara), malgré son côté gauche et trop empathique. Pourtant, c’est bien là l’atout du film. Cette proposition fait passer De plus belle de simple comédie dramatique américanisant à vignette semi-réaliste pour un public bien définit. On s’identifie bêtement à Lucie (« working girl » féministe) ou à Clovis (Kassovitz, grand enfant et féministe) dans cet univers proche, bien que générique.

Néanmoins, Daval use de cette formule pour asseoir sa proposition et non son propos. Tout semble, de ce fait, très ardu et donc calculé. Le contraire de ce qu’elle propose au démarrage du film. Un premier essai assez bien tenté mais trop audacieux sur un sujet trop en force. Si De plus belle peut ne pas séduire un large public, la réalisatrice-scénariste reste quand même à suivre !

De plus belle : Bande annonce

De plus belle : Fiche technique

Réalisation : Anne-Gaëlle Daval
Scénario : Anne-Gaëlle Daval
Interprétation : Florence Foresti (Lucie), Mathieu Kassovitz (Clovis), Nicole Garcia (Dalila), Jonathan Cohen (Frédéric)…
Image : Antoine Roch
Décors : Nicolas Migot
Montage : Frédéric Bellehaiche
Musique : Alexi Rault
Producteur(s) : Romain Rousseau, Maxime Delauney
Production : StudioCanal, Nolita, France 2 Cinema, Auvergne Rhone-Alpes Cinema
Distributeur : StudioCanal
Durée : 1h38
Genre : Comédie, Drame
Date de sortie : 8 mars 2017

France – 2017

Auteur : Pascal J-H.C Topige

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