PIFFF 2016, acte 3: Le fantastique explore l’amour sous toutes ses formes

Pour son second jour de compétition, l’équipe du PIFFF n’a pas hésité à nous offrir des films singuliers. Pour le meilleur comme pour le pire.

Séance jeunesse  La fiancée de Frankenstein de James Whale (1935) : Quelle meilleure idée, pour initier les plus jeunes au cinéma fantastique, que de leur faire découvrir ce classique qui, en plus d’être le pendant romantique du plus humaniste des Universal Monster, reste parmi les meilleures suites que nous ait offert Hollywood ?

En Compétition The Greasy Strangler de Jim Hosking : Si vous êtes sensibles aux digressions electro-nonsensiques de Quentin Dupieux et, plus encore, que vous aimez l’humour gras de Sausage Party, alors rassurez-vous : The Greasy Strangler met la barre très haute. Si haute d’ailleurs que le film n’est en fait comparable à aucune autre production. Ses inspirations sont clairement à chercher du côté de certaines bandes-dessinés américaines trash et underground qui n’ont jamais eu leur place au cinéma. Quoi que l’on puisse penser de ce délire insolite où chaque effet comique nait d’un profond malaise, la radicalité jusqu’au-boutiste du dispositif est louable. Proposant les scènes de sexe parmi les moins érotiques de l’histoire du cinéma et surtout un serial-killer dont le modus operandi est bien plus écœurant que celui visible dans la grand majorité des films ouvertement gores, la proposition du britannique Jim Hosking (dont c’est le premier long-métrage après sa participation à au film à sketchs The ABCs of Death 2) relève presque d’une certaine poésie. Et pourtant, cette histoire de triangle amoureux et de relations houleuses entre un père et son fils peine tout de même à tenir la distance, au point que l’on en vient à regretter que ce concept n’ait pas été traité sous le format d’un court-métrage qui serait assurément vite devenu culte.    Julien

Séance culte Prince des ténèbres de John Carpenter (1987) : Comme chaque année, un Carpenter vient trouver sa place dans la programmation du PIFFF. Après The Thing l’année dernière, on continue dans la trilogie de l’Apocalypse avec le second opus, Prince des ténèbres. Et qu’il est bon de découvrir ce classique sur grand écran en version restaurée. Le film n’a rien perdu de sa superbe et reste une des oeuvres les plus désespérées et fascinantes de son auteur qui mérite à être découverte ou redécouverte car elle reste relativement peu connue par rapport à d’autres oeuvres de Big John. Mise en scène inventive qui renouvelle sans cesse le huit clos et propose une imagerie iconique et viscérale, modèle du genre en terme de set up de l’intrigue et bourré de réflexions plus pertinente les unes que les autres et qui mène à un final dantesque. Un classique indétrônable.  Fred

En Compétition The Unseen de Goeff Redknap : L’intention première du film est louable. Goeff Redknap, connu pour avoir fait les effets spéciaux de Deadpool et Watchmen entre autres, voulait renouveller la figure de l’homme invisible pour l’extraire de la série B dont il a toujours fait partie avec plus ou moins de succès pour lui donner une nouvelle dimension. L’idée de voir cet homme disparaître petit à petit et vouloir mettre les choses en ordre dans sa vie avant d’être totalement invisible est bien vue. Plus que ça même, il y a un propos sous-jacent sur la société actuelle et le rapport humain qui est brillant avec un tel principe surtout que le film s’ancre dans le drame social. Sauf qu’à mi-chemin, The Unseen semble être à court d’idées, change complètement son fusil d’épaule et plonge dans un thriller mou du genou et mal géré. Perdant toute sa force évocatrice pour montrer l’invisibilité comme un trait de famille qui est ériditaire, il va plus se concentrer sur la relation entre le père et sa fille pour venir parler maladroitement de transmission et devenir ennuyeux. Le film traîne en longueur, ne sait pas comment s’achever, les dialogues ne sont pas convaincant et le jeu d’acteur est parfois approximatif. On retiendra juste une ambiance sonore hypnotique assez saissisante, des effets spéciaux très réussis et minimalistes mais le tout est au service d’une mise en scène limitée qui se contente de suivre les codes du cinéma indé américain avec sa steady cam qui colle à ses personnages.  Fred

Hors Compétition The Mermaid de Stephen Chow : C’est une belle réputation qui précède cette fable écolo : celle du plus gros succès au box-office chinois, loin devant tous les plus gros blockbusters hollywoodiens. Il est rassurant de savoir que les chinois sont sensibles à la protection de la nature, mais à y regarder de plus près, ce plébiscite massif est sans doute moins liée à sa morale pro-environnementale qu’au style propre à son réalisateur. 15 ans après le désormais culte Shaolin Soccer, Stephen Chow n’a rien perdu de son talent pour intégrer un humour purement cartoonesque là où on l’attend le moins. Même si les effets spéciaux, si on les voit individuellement, sont affreusement kitsch, l’usage qui en est fait dans cette étonnante comédie fantastique participe pleinement à son esprit décalé. Plus romanesque encore que La Petite Sirène de Disney, cette relecture du mythe issu du folklore scandinave, parvient à offrir des gags irrésistibles, même si l’on pourra regretter que ceux-ci se fassent plus rares au profit d’enjeux plus « sérieux » dans le dernier tiers du scénario. Au gré de prouesses vocales ahurissantes, de personnages à la fois insolites et caricaturaux et de situations toujours plus absurdes, le scénario comme la mise en scène de The Mermaid sont la preuve que Chow maitrise avec toujours plus de minutie ses coups de folie.    Julien

Festival

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