La Légende de Viy, un film de Oleg Stepchenko : critique

La Légende de Viy est un conte fantastique dont le genre “Steampunk” se situe entre Sleepy Hollow et Le Village, un block-buster russe de Oleg Stepchenko (Velvet Revolution), adapté de la nouvelle du même nom écrite par Nikolai Gogol en 1835.

Synopsis : Chassé par le père de sa maîtresse (Charles Dance, Tywin Lannister de Game of Thrones), Jonathan Green (Jason Flemyng, X-Men : le commencement, Gemma Bovery), un cartographe anglais part à la découvertes d’endroits inexplorés de la Transylvanie. Au-delà des montagnes des Carpates, il découvre un village isolé du reste du monde, dont les habitants terrorisés se cachent des démons et autres créatures qui en ont pris possession. Jonathan va alors enquêter sur le meurtre mystérieux d’une jeune femme et tenter de lever le voile sur les mystères qui planent autour de cette communauté.

Une ambition rétro-futuriste :

 Ce film est un voyage mystique au sein d’une communauté perdue dans une forêt de Transylvanie. Dans ce village inquiétant, Jonathan Green (Jason Flemyng), un scientifique et cartographe londonien tentera de percer le mystère autour du Dieu Viy. Au cours de son enquête, Jonathan devra affronter les ténèbres et la sorcellerie et surtout discerner le vrai du faux entre les illusions, les croyances et les faits. Une mise en scène extraordinaire qui fait intervenir des métamorphoses d’hommes en monstres hybrides, des créatures infernales en images de synthèse et des phénomènes paranormaux.

La Légende de Viy mélange la modernité des effets spéciaux et le contexte du 19ème siècle dans un décor envoûtant, créant une ambiance rétro-futuriste, à mi-chemin entre le merveilleux et la science-fiction. Recruté par le maître des lieux, notre cartographe, apprenti et maladroit, va affronter le mal – d’où qu’il vienne – avec pour seuls armes ses appareils hétéroclites et ses inventions scientifiques. Une situation qui n’est pas sans rappeler le rôle de Johnny Deep dans Sleepy Hollow où la science et la logique affrontent le surnaturel, à la recherche de la vérité. Le héros rencontre et interroge les habitants et les témoins d’un meurtre et d’un événement surnaturel dont les versions divergent les unes des autres et sont retranscrites au travers de flash-back multiples qui rythment le récit.

En outre, la narration épistolaire et la voix-off de Jonathan, confiant ses aventures à sa bien-aimée comme un journal intime, pérennise les faits et nous donne un point de vue différent qui permet un recul sur l’histoire et laisse un temps pour la réflexion. Des instants précieux au regard de ce scénario tarabiscoté.

Un scénario chaotique :

À trop multiplier les effets de style, Oleg Stepchenko s’embourbe dans une narration compliquée et illogique que le spectateur peine à suivre et qui nuit à la compréhension. La Légende de Viy est déjà pour le moins obscure et les témoignages viennent embrouiller l’esprit du héros tout comme celui du public. Les flash-back et les va-et-vient entre Londres et la Transylvanie nous enfoncent et nous perdent dans un récit saccadé et chaotique. Et ceci sans parler des personnages masculins, espèces de barbares moustachus et chevelus qu’on a du mal à distinguer les uns des autres de sorte que, par moment, on ne sait plus qui est qui, ou plutôt, qui était qui dans ce maudit flash-back !

Beaucoup d’idées pour cette histoire mais des idées désordonnées aux inspirations trop nombreuses. Outre les similitudes avec Sleepy Hollow, on retrouve le contexte du Dracula de Coppola où le héros (Keanu Reeves) est missionné à l’autre bout du monde, séparé de sa fiancée et aux prises avec des forces démoniaques. Il entretien avec sa jeune promise (Winona Ryder) une correspondance qui nous donne un regard distancié sur l’histoire. Malheureusement, loin de nous aider à faire la lumière sur La Légende de Viy, ces aller et retour interfèrent dans la continuité du récit, ne mènent nulle part et sont finalement des scènes inutiles et du temps perdu.

Malgré des flash-back spectaculaires, les faits sont contradictoires, volonté du réalisateur qui veut laisser planer le doute sur le paranormal, mais au point qu’il est impossible d’expliquer ce qu’il s’est vraiment passé à l’intérieur de cette chapelle (fantasmes résultant des peurs ancestrales, visions causées par des drogues ou démon ?). La scène des métamorphoses intervient elle-aussi comme un cheveu sur la soupe : illusion ou sorcellerie, nous n’en saurons rien jusqu’à la fin.

Finalement, toutes ces possibilités se mélangent et le mystère reste entier. Après avoir résolu – non sans accroc – le meurtre de la jeune femme, Jonathan repart vers d’autres aventures en nous laissant sur notre fin. La Légende de Viy restera une « légende » bien trouble et confuse, un peu comme le film.

Fiche Technique : La Légende de Viy

Date de sortie 15 mai 2015 – en DVD
Russie, Fédération de, 2014
Réalisé par : Oleg Stepchenko
Avec : Jason Flemyng, Charles Dance, Andrey Smolyakov
Musique : Anton Garcia Abril
Durée : 2h07

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Kristell Guerveno
Kristell Guervenohttps://www.lemagducine.fr/
Ancienne enseignante férue d'histoires et de films en tout genre, j'adore partager mes passions et faire rêver mon entourage. Avant de me consacrer à l'éducation, j'avais étudié les lettres et le cinéma.

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