Cannes 2015 : Rencontre avec Golshifteh Farahani, projection de Youth

Rencontre avec Golshifteh Farahani, l’actrice du film « Les Deux Amis »

Mercredi 20 mai, CineSeries s’est rendu à l’hôtel Majestic pour rencontrer des femmes de cinéma, les entendre parler de leur parcours et de la place des réalisatrices dans la production mondiale. Cette année à Cannes, deux femmes sont présentes dans la sélection officielle : Maïwenn et Valérie Donzelli alors qu’une femme va recevoir pour la première fois la Palme d’honneur.

Cette récompense pour une carrière sera en effet remise à Agnès Warda, importante figure féminine. Quant à Emmanuelle Bercot, elle a ouvert le festival de Cannes. Cette année, le jury de la Queer Palm est composé à 100% de femmes. Le festival va donc s’ouvrir de plus en plus aux femmes, c’est en tout cas ce qu’il promet avec « Women in motion », une initiative soutenue par Kering, spécialisé dans l’habillement et les accessoires dans le monde du luxe et du sport. L’objectif à terme est de remettre des prix, dès 2016, pour des productions de femmes ou des films/œuvres qui viennent en aide aux femmes ou les mettent en avant. Bref, une jolie idée qui se traduit cette année par des conférences.

Hier, c’est Golshifteh Farahani et la productrice Anne-Dominique Toussaint qui étaient invitées à parler de leurs carrières respectives et de leur regard sur la production des femmes. Golshifteh Farahani est longuement revenue sur son parcours et sur ce qu’elle représente de par ses origines. Consciente que les obstacles qu’elle a dû franchir font aujourd’hui ce qu’elle est, elle sait pertinemment que toutes ses interventions ou films deviennent forcément politique. L’actrice a également pu parler rapidement de la place des femmes dans les blockbusters puisqu’elle sera à l’affiche du prochain Pirates des Caraïbes aux côtés de Johnny Depp. Elle est aussi à Cannes pour défendre le film de Louis Garrel, Les deux amis dans lequel elle tient un rôle de prisonnière. Elle se sentait ainsi en Iran et c’est le regard qu’elle porte sur les femmes qui y vivent : une grande liberté dans un pays qui ressemble à une grande prison à ciel ouvert.

Les deux amis de Louis Garrel (Cannes 2015) – Bande annonce

Cannes 2015 : « Youth » de Paolo Sorrentino, future Palme d’Or ?

Côté cinéma, nous continuons à découvrir la Compétition officielle avec « Youth » de Paolo Sorrentino, pour l’instant favori de CineSeries. Le film célèbre tous les âges avec beaucoup d’humour et d’intelligence. Au casting, de grands acteurs de Rachel Weisz, Michael Caine et Harvey Keitel, mais aussi Paul Dano et Jane Fonda, tous impeccables.

Au cœur d’un hôtel alpin, deux vieux amis Fred et Mick se retrouvent pour des vacances. Ce lieu est propice à des portraits croustillants de personnages en plein tournant dans leur vie, qu’ils soient jeunes ou plus vieux. Par des sortes de fulgurances qui sont autant de clins d’œil, Paolo Sorrentino fait rire et pleurer à la fois dans une mise en scène bluffante qui joue avec les corps, sans complexe. Ce n’est pas un film de génération, mais une histoire qui prétend épouser plusieurs époques et donner à voir le passage du temps sur un corps, les erreurs, les questions. On rit franchement, mais avec de beaux dialogues, des confrontations et cette impression qu’ici tout est dit sans détour, avec force. Le temps manque aux deux personnages principaux, mais semble aussi figé dans une musique, l’instant d’une chanson. La musique entoure le film, elle le débute et le conclut et donne vraiment l’impression d’avoir assisté à un grand spectacle.

Louise Bourgoin en combattante dans « Je suis un soldat »

Je suis un soldat est un premier film présenté dans la catégorie Un certain regard et qui concoure donc pour la Caméra d’or. L’équipe du film est composée entre autres de Louise Bourgoin, Jean-Hugues Anglade et le réalisateur Laurent Larivière. Ce film français suit le parcours de Sandrine, 30 ans, qui a perdu son job et retourne vivre chez sa mère. Elle décroche un boulot auprès de son oncle, propriétaire d’un chenil. Bientôt, elle est le témoin d’un véritable trafic de chien, ici assimilé dans la mise en scène à un trafic de drogue. Voilà toute l’originalité de ce premier film qui sinon pêche par de grosses longueurs et un grand déjà-vu qui finit par lasser. Notons tout de même que les acteurs s’en sortent vraiment bien. On aurait juste voulu une vraie évolution du personnage féminin. Dans ce milieu d’hommes, Louise Bourgoin s’en sort à merveille, le réalisateur un peu moins puisqu’il met en scène trop de « passages obligés ». Dommage.

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

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L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

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Chloé Margueritte
Chloé Marguerittehttps://www.lemagducine.fr/
Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

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