This Is Where I Leave You, un film de Shawn Levy: Critique

Le réalisateur Shawn Levy s’offre une parenthèse avec cette production légère, après La nuit au musée 1 et 2, Crazy Night, Real Steel, Les stagiaires et avant un nouvel épisode de La nuit au musée. Il s’agit de l’adaptation du livre du même nom de Jonathan Tropper, qui a également écrit le scénario, son premier au cinéma, mais déjà à l’oeuvre pour la télévision avec la série Banshee.

Synopsis: À la mort de leur père, quatre enfants, reviennent dans la maison où ils ont passé leur enfance. Ils se retrouvent contraints de cohabiter sous le même toit pendant une semaine, en compagnie de leur mère indiscrète et de leurs conjoints, ex-conjoints et anciens amoureux transis.

Sept jours et nuits au bord de l’ennui

L’histoire se déroule au sein d’une famille dysfonctionnelle, réunie après le décès du patriarche et contrainte de réaliser son dernier souhait, en restant sous le même toit durant sept jours, pour faire Shiv’ah. Ils vont se retrouver face à eux-mêmes, à leurs rêves brisés, à leur passé et tenter de se réconcilier.

Une famille avec des problèmes relationnels, c’est un sujet souvent traité, voire maltraité. La différence se fait dans le ton, la mise en scène et/ou le casting. Mais dans ce cas-ci, c’est trop propre, rien ne déborde, et c’est bien ça le problème. This Is Where I Leave You n’est ni un bon film, ni un mauvais film. C’est rarement drôle et émouvant, ce qui laisse indifférent. Il y a comme un sentiment de gâchis, dès que le générique de fin se met à défilé, alors que potentiellement, il y avait matière à nous offrir un film grinçant, aux répliques corrosives. Mais le roman de Jonathan Tropper a été poli pour sa transition au cinéma. C’est assez étonnant, que cela se fasse de sa propre main, alors que ce n’est pas une grosse production. Influence de Shawn Levy, aussi producteur et habitué aux comédies familiales ? Quoiqu’il en soit, on se retrouve devant un film rempli de clichés, malgré de légères tentatives de sortir de son confort, avec le personnage de Jane Fonda, le seul à être un brin décalé, mais noyé par un entourage trop lisse.

Pourtant le casting est monstrueux, avec des acteurs(trices) surtout connus pour leurs séries télévisées, mais avec aussi une belle carrière au cinéma. Actuellement dans Comment tuer son boss 2, Jason Bateman s’est fait connaitre du grand public avec Arrested Development sur FOX, puis Netflix. Il était déjà au sein d’une famille dysfonctionnelle et joue un rôle presque similaire ici. On retrouve aussi Tina Fey (30 rock), qui retrouve Shawn Levy après Crazy Night en 2010. Adam Driver (Girls), Corey Stoll (The Strain), Connie Britton (Friday Night Lights), Rose Byrne (Damages), Timothy Olyphant (Justified), Abigail Spencer (Rectify), Kathryn Hahn (Preuve à l’appui), Ben Schwartz (Parks & Recreation) et Dax Shepard (Parenthood), sans oublier Jane Fonda, actrice iconique des années 60/70, en retrait depuis le début des années 90, avant de faire son retour en 2005 dans Sa mère ou moi, puis au petit écran dans The Newsroom.

Un cocktail alléchant, pouvant fédérer un public nombreux, amateur de séries et voulant retrouver leurs « stars » sur grand écran, avec cette immense réunion. Mais en l’absence d’un scénario intéressant, qui n’apporte pas de profondeur aux personnages et une mise en scène bien trop banale, la plupart de la distribution ne brille pas, se contentant de faire le job, dans des rôles qu’ils leurs sont familiers. Adam Driver sort son épingle du jeu, de par son énergie, face à des partenaires légèrement amorphes. Tout comme Jane Fonda, qui exhibe sa nouvelle poitrine pulpeuse, tout en parlant de sexe à ses enfants et devant tout le monde. C’est légèrement savoureux, mais sans jamais aller trop loin, on reste dans le politiquement correct.

On comprend rapidement, qu’ils ne s’aiment pas, mais on ne sait pas trop pour quelles raisons. Les tensions entre-eux sont minimes, on ne les ressent pas vraiment, et explosent rarement, cela manque de subtilité. Pourtant, il se passe beaucoup de choses, voir trop et tout est traité superficiellement. En revenant dans la maison de leurs parents, ils ramènent leurs problèmes avec eux, mais se retrouvent aussi confrontés à ceux de leurs passés. Ils sont dans un tournant de leurs vies, renouer avec leurs passés ou continuer à vivre avec leurs regrets. La relation entre Jason Bateman et Rose Byrne est touchante, c’est la seule à nous donner un peu de tendresse et d’émotion. Ces deux êtres cassés, dont le premier est le point du départ du film, et la seconde, qui ne sera jamais révélé, mais semble douloureux.

Tout ses personnages sont en couple, aucun ne semble, ne veut ou ne peut être heureux. Surement l’héritage de leur enfance, de leur éducation, qui semble pourtant s’être faite dans un relatif bonheur et pourtant… Leur mal-être se voit, mais se ressent peu, cette absence d’émotion est vraiment handicapante pour s’attacher à cette famille, surtout que l’humour ne vient que trop rarement à son secours.

Les critiques n’étaient pas élogieuses à son sujet et son flop en salles aux states, va surement le priver d’une sortie en salles dans nos cinémas. Cela ne mérite pourtant pas une sortie DTV, le film a malgré tout ses qualités. Certes rien de mémorable, mais il se regarde sans déplaisir, grâce à son casting, même s’il s’oubliera à cause de sa réalisation et scénario sans surprises.

This Is Where I Leave You – Bande Annonce

This Is Where I Leave You : Fiche Technique

USA – 2014
réalisation : Shawn Levy
scénario : Jonathan Tropper
distribution : Jason Bateman, Tina Fey, Adam Driver, Corey Stoll, Rose Byrne, Connie Britton, Jane Fonda, Kathryn Hahn, Timothy Olyphant, Abigail Spencer, Ben Schwartz, Dax Shepard et Debra Monk
photographie : Terry Stacey
montage : Dean Zimmerman
musique : Michael Giacchino
production : Shawn Levy, Jonathan Tropper, Jeff Levine, Paula Weinstein, Jesse Ehrman et Mary McLaglen
sociétés de production : Warner Bros, 21 Laps Entertainment et Spring Creek productions
société de distribution : Warner Bros
genre : comédie dramatique
durée : 103 minutes

 

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