Deauville 2025 : Olmo, vie de famille

Présenté en avant-première au Festival de Berlin 2025, puis en compétition à Deauville, Olmo de Fernando Eimbcke nous plonge dans le New Jersey des années 1980. En nous faisant vivre, sur une journée, le quotidien tumultueux d’une famille, le film traite avec sincérité du poids du handicap, des élans de jeunesse et des relations parfois tendues entre parents et enfants. Malgré un récit linéaire, un déroulement lent et sans péripétie, Olmo compose un drame authentique et attachant.

Contrairement à la majorité des réalisateurs invités, Fernando Eimbcke est déjà bien connu du cinéma international. Son premier film, Duck Season, a été sélectionné à la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2004. Ses films suivants, Lake Tahoe et Club Sandwich, tous deux centrés sur des adolescents, ont respectivement reçu des prix à la Berlinale 2008 et au Festival de Turin 2013.

Avec Olmo, co-produit par les États-Unis et le Mexique, Fernando Eimbcke signe son quatrième long-métrage et poursuit son portrait de la jeunesse. Grâce à son caractère très théâtral – peu de personnages, unité de temps et de lieu – le film offre un spectacle vivant et attendrissant.

La jeunesse, entre désirs et responsabilités

Olmo, un adolescent de 14 ans, vit avec sa sœur, sa mère et son père dans une bourgade du New Jersey. Il rêve de draguer sa voisine, Nina, et de sortir avec son meilleur ami, Miguel. Mais son père, atteint de sclérose en plaques et cloué au lit, nécessite une assistance permanente. Un matin, Olmo est chargé de la garde de son père, au moment même où Nina l’a invité à une soirée…

Alors que leur mère enchaîne les services au travail, Olmo et Ana se partagent la surveillance de leur père comme une corvée ménagère. Leur morne quotidien, rythmé par les pauses toilettes, l’habillage et la prise des repas paternels, ne leur permet pas de vivre pleinement leur adolescence. Cette gestion contraignante du handicap, qui empêche les personnages de mener une vie normale, a déjà été abordée dans Quelques minutes après minuit, avec un traitement fantastique, et plus récemment dans Caravane, sous l’angle de l’amour maternel. Malgré son sujet grave, Olmo conserve un ton plus léger, grâce à son atmosphère sur-vitaminée et à ses traits d’humour. Il s’intéresse aux relations père-fils et père filles, mais plus largement à une cellule familiale en crise, le temps d’une journée qui voit se succéder des moments de joie euphoriques, puis des conflits inévitables. Il faut dire que le paternel ne facilite pas la tâche. Toujours bougon, il use la patience de ses enfants éprouvés et les traite même avec mépris.

Sans porter de jugement, Olmo expose les tiraillements que nous rencontrons tous, en particulier à notre jeune âge, entre obligations familiales et désir de liberté. Confronté à ce dilemme, Olmo doit apprendre à devenir un garçon responsable, avec le soutien de Miguel. Innocent et insouciant, il ne comprend pas encore les préoccupations pratiques et financières des adultes. Mais pour Fernando Eimbcke, l’amour, qui cimente la famille, reste au-dessus de tout. C’est précisément cela qui rend son film aussi juste et beau. Chaque personnage, malgré ses défauts, parvient à attendrir sans emphase ni sentimentalisme. C’est donc avec beaucoup de douceur et d’humanité que le drame dresse l’éloge de la bienveillance et de la solidarité familiales.

Dans cette journée presque suspendue dans le temps, Olmo dégage cependant une certaine nostalgie, renforcée par sa belle photographie et sa restitution impeccable des années 1980. Cette atmosphère très réussie, accompagnée par une bande-originale soignée, compense le caractère minimaliste du récit. Après The Plague, le film offre une toute autre vision du coming-of-age, où l’amour et la famille non seulement nous animent, mais nous font grandir.

Fiche technique – Olmo

Réalisation : Fernando Eimbcke
Scénario : Fernando Eimbcke, Vanesa Garnica
Production : Plan B Entertainment
Distribution : Film Constellation
Interprétation : Aivan Uttapa, Diego Olmedo, Rosa Armendariz, Gustavo Sanchez Parra, Andrea Suarez Paz…
Genre : drame
Date de sortie : inconnue
Durée : 1h24
Pays : Etats-Unis

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Ariane Laure
Ariane Laurehttps://www.lemagducine.fr/
Émerveillée par le cinéma depuis le Roi Lion, mon premier film en salle, j’aime les films qui font rêver, qui hantent et ne nous quittent jamais. J’admire particulièrement la richesse des œuvres de Stanley Kubrick, Christopher Nolan et Quentin Tarantino. Je suis également une adepte du cinéma asiatique, de Yasujiro Ozu, Akira Kurosawa à Wong Kar-Wai, Hayao Miyazaki et Park Chan-Wook. Travaillant dans le monde juridique, j'écris des critiques à mes heures perdues.

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