« Koursk » : le pouvoir des images

Les éditions Glénat publient Koursk, de Dobbs et Antonello Becciu. Le récit s’intéresse à Besko Dobrov, photographe de guerre au service de la propagande soviétique, et au tank T-34, très performant sur le front, notamment grâce à sa vitesse.

Besko Dobrov a une mission, « montrer la grandeur de l’armée soviétique dans l’épreuve de force de Koursk ». Pourtant, la guerre s’enlise. Les nazis ont certes subi une défaite à Stalingrad, mais Hitler cherche désormais à vaincre sur le front de l’Est, pour marquer sa supériorité sur l’Armée rouge et l’encercler. Il s’en donne les moyens : l’armée allemande fait reposer ses espoirs sur la Luftwaffe, mais aussi sur les nouveaux chars lourds, Tiger I et Panther, lesquels font face aux blindés soviétiques.

Dans Koursk, Dobbs et Antonello Becciu dévoilent les dessous de la guerre germano-soviétique à l’Est. Le blindage allemand contre la vitesse des T-34 soviétiques. Leur principal protagoniste, Besko Dobrov, qui récite volontiers du Pouchkine, participe à différentes opérations, et c’est son point de vue qui prévaut dans le récit. C’est évidemment l’occasion pour les auteurs de rappeler l’importance de la propagande en temps de guerre, et surtout dans des régimes autoritaires tels que celui de l’URSS. Ainsi, accusé d’avoir fait montre d’un excès de sensibilité et de réalisme dans ses photographies, Dobrov subit l’opprobre posthume de ses supérieurs.

« S’il était encore vivant, je le ferais passer devant un peloton d’exécution pour trahison. » Ce qui motive pareil courroux ? « On ne montrera pas nos morts ou toute forme de mélancolie dans nos rangs. » Naturellement, l’aspect documentaire et historique de l’album renforce son intérêt. Et à ce titre, le dossier documentaire de Stéphane Dubreil doit être mentionné. Il revient sur les mensonges validés par Staline qui deviennent ensuite des vérités historiques et présente, notamment, une fiche technique du char T-34, véritablement au coeur de l’album.

Car Besko Dobrov, ancien commissaire politique blessé au combat, va accompagner une cheffe de char aussi fascinante que son tank. Celui qui est missionné pour apporter du contenu visuel à La Pravda et Krasnaïa Zvezda va alors endosser un rôle plus actif et servir de catalyseur au récit. C’est par son truchement que les théâtres de guerre se dévoilent, que les intentions politiques se sondent et que les machines se mettent à nu. Avec succès.

Koursk, Dobbs et Antonello Becciu
Glénat, septembre 2023, 64 pages

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3.5

Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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