Top 15 des meilleures scènes d’ouverture de films

8/ Il était une fois dans l’Ouest (Sergio Leone, 1979) : Une gare perdue au milieu du désert. Un décor minéral et poussiéreux. Des personnages aux trognes invraisemblables. Des gouttes d’eau qui tombent, encore et encore. Une mouche récalcitrante. Une vieille éolienne qui grince. Et le temps qui s’étire… Le génie de Sergio Leone est là, dans ce mélange inédit de grotesque et de sublime qui, à la fois, respecte les codes du genre et les transcende.

9/ Apocalypse Now (Francis Ford Coppala, 1979) : Dès l’introduction, Francis Ford Coppola nous plonge dans un espace mental. La tête de Willard, le personnage principal, apparaît à l’image, renversée. La perte des repères est symbolisée, les images se superposent et traduisent son goût pour le chaos. La descente aux enfers est déjà passée, ici on voyage dans son enfer personnel. La fin est le commencement comme l’annonce la chanson The End des Doors qui accompagne les images. Le spectateur n’a plus qu’à voir les conséquences de celle-ci.

10/ Le Roi Lion (Roger Allers, 1994) : Véritable feu d’artifice visuel et sonore, le lever de rideau du Roi Lion, devenu légendaire, offre un spectacle à couper le souffle, teinté de sublime et de poésie. Les terres africaines et les animaux de la savane défilent dans un crescendo de couleurs, au fur et à mesure que l’aurore laisse place au jour et le vaste de la terre, à la grandeur du ciel. Un moment de grâce et d’émotions porté par une musique totem.

https://www.youtube.com/watch?v=8zLx_JtcQVI

11/ Casino (Martin Scorsese, 1995) : Martin Scorsese marque à tout jamais sa filmographie et l’histoire du Cinéma avec ce Casino, soit la descente aux enfers de Sam « Ace » Rothstein, un gérant de casino que la séquence d’ouverture montre au volant d’une voiture, peu avant que celle-ci n’explose dans un ballet enflammé sur une musique de Jean-Sébastien Bach. Culte !

12/ Trainspotting (Danny Boyle, 1996) : « Choose Life ». Ce slogan d’une campagne anti-drogue menée par le ministère de la santé britannique au début des années 90 a été allègrement détourné au profit d’une tirade magnifiquement nihiliste. Débité sur le rythme du « Lust for Life » d’Iggy Pop et illustré par une folle course-poursuite, ce monologue est rapidement devenu culte pour toute une génération de spectateurs.

13/ The Dark knight (Christopher Nolan, 2008) : Avant lui, et depuis plus de 12 ans, Heat s’imposait en modèle dans le domaine des scènes de braquages en guise d’ouverture, mais ce qu’a su nous concocter Christopher Nolan dépasse le seul détaillage du protocole criminel. Dans les échanges des complices d’abord, puis dans leur façon de s’entretuer, le cinéaste fait naitre un mal insidieux qui ne s’incarnera qu’après quelques minutes. Le Joker profita ainsi d’une introduction qui suffit à elle seule à en faire un vilain légendaire.

14/ Citizen Kane (Orson Welles, 1941) : Un panneau « No trepassing », un enchaînement de grilles en fondus enchaînés, un palais hors du temps qui se rapproche, une fenêtre qui attire le regard, une moustache qui dit « Rosebud », une boule à neige qui tombe. La caméra semble immobile, c’est l’image qui se rapproche. Là où celui qui enquête ne pourra entrer, notre œil aura déjà tout vu. Mais plus que notre regard, c’est le cinéma lui-même qui s’en trouvera bouleversé.

https://www.youtube.com/watch?v=-r0b_XeRkG4

15/ Boulevard du Crépuscule (Billy Wilder, 1950): Avec le générique, le plus célèbre boulevard de Los Angeles nous est directement présenté pendant plus de deux minutes. On nous parle d’un meurtre. Viennent ensuite cette piscine entourée de photographes et ce corps gisant à la surface suscitant de nombreuses interrogations : qui est-ce ? Pourquoi est-il mort ? Cette séquence d’ouverture est annonciatrice d’une des plus belles enquêtes de l’histoire du cinéma hollywoodien. Du génie à la Billy Wilder.

Ils ont failli y être : Pulp Fiction (Quentin Tarantino, 1994), The Big Lebowski (Joel et Ethan Coen, 1998), Les Harmonies Werckmeister (Bela Tarr, 2000), Là-haut (Pete Docter, 2009), Spectre (Sam Mendes, 2015)…

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

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