Gunman : Musique, Bande Originale

Gunman – La B.O./Trame sonore/Soundtrack

Gunman, annoncé pour juin est comme chaque nouveau film, précédé par sa bande-originale, composé ici par Marco Beltrami. Ce n’est pas une injure de dire que celle-ci est classique, mais elle l’est dans le meilleur sens du terme. Classique, parce qu’elle s’inscrit dans la droite ligne de ces grandes musiques de films qui deviennent « actrices » d’un long-métrage (sans toutefois en atteindre le niveau). Classique, par sa construction qui se rapproche d’une symphonie. La musique classique a toujours été la mieux placée pour raconter une histoire, il suffit de voir la quantité d’œuvres (principalement des ballets et des opéras) qui racontent des histoires d’amour ou de drame.

Aucune parole dans l’œuvre de Marco Beltrami (November Man, Snowpiercer), la partition est totalement instrumentale et comporte peu de réelles mélodies. Le plus souvent, on reste au stade de la trame musicale. Elle se veut une musique exclusivement narrative, d’ailleurs les titres des morceaux en témoignent. Pourtant ça fonctionne, à l’écoute de ce disque on vit, on voit et on imagine ce que pourra être le film Gunman. Une musique pleine de tensions, de ruptures de rythmes qu’on imagine être autant de rebondissements. Assez austère à écouter pour elle-même (malgré des origines italiennes, Marco Beltrami ne rivalise pas encore avec le grand Morricone), cette bande son reste néanmoins une belle réussite jouant des instruments classiques ou numériques avec le même talent. Talent qu’on espère annonciateur d’un bon film.

The Gunman Soundtrack (2015) – Idris Elba, Sean Penn, Javier Bardem

Sortie : 23 mars 2015

Distributeur : Silva Screen Records

Durée : 64’

Tracklist :

1. Kinshasa News 1’38

2. Jim’s Bedroom 1’27

3. The Gunman 2’55

4. Seven Years Later 1’22

5. Drive To Well 0’52

6. Head Trouble 1’21

7. Remembering Annie 1’18

8. London Bridge 1’53

9. Cox And Cameras 2’26

10. More Head Trouble 0’33

11. Barcelona 1’31

12. Following Annie 2’21

13. Conference Room 1’19

14. Love Gunman 1’20

15. Drive To Felix’s 1’02

16. Penn And Telher 2’41

17. Tripwire 3’51

18. Treehouse 2’24

19. Fairgrounds 2’14

20. Revealing Cox 4’24

21. Fish In A Barrel 3’09

22. Stanley’s Death 3’01

23. Who Let The Bulls Out ? 4’47

24. Penmanship 2’40

25. Cox And Bull 2’30

26. Reunited 5’21

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

Sorda : des liens au-delà du silence

Après son court-métrage éponyme, Eva Libertad étend l'histoire de "Sorda". Un nouvel opus nécessaire qui interroge la parentalité, dans le bruit du silence.

Nous l’orchestre : au cœur d’un ensemble symphonique

Le documentariste Philippe Béziat nous propose une plongée au sein du célèbre Orchestre de Paris. Multipliant les approches et les gestes de mise en scène, il permet de lever un coin de ce grand mystère : comment des individualités parviennent à faire corps, au service de la musique. Captivant.

Signes de vie, de Werner Herzog : à perdre la raison

Exploration à bas bruit des frontières de la rationalité humaine ? Faille spatio-temporelle où l’Homme quitte le sentier d’un destin médiocre ? Pas de doute, le cinéma de Herzog est déjà en place.

Baroque, art-rock et pop massive : les BO de Vivaldi et moi, Die My Love et Le Diable s’habille en Prada 2

Baroque vivant, psychose en musique et pop impitoyable. Les BO de Vivaldi et moi, Die My Love et Le Diable s'habille en Prada 2 transforment la musique en vraie force narrative.

Nous l’Orchestre & Drunken Noodles : l’orchestre en fusion et le silence sensuel

Du souffle rauque d’un chef en transe, des cuivres qui frappent la poitrine et des archets qui grincent à quelques centimètres de l’oreille… jusqu’au silence moite d’un été new-yorkais où une note solitaire effleure deux corps qui se cherchent dans le vide.Cette semaine, deux approches radicalement différentes de la musique de film : l’une plonge au cœur de la matière symphonique vivante, l’autre caresse avec une sensualité retenue et fragmentée.

« Michael » : une bande originale qui refuse de réinterpréter le King of Pop

Dans Michael, Antoine Fuqua laisse les archives parler : les vrais enregistrements de « Don’t Stop ’Til You Get Enough », « Billie Jean », « Beat It » ou « Thriller » envahissent le film sans aucune modification. Une BO événement qui sort le 24 avril 2026 en même temps que le long-métrage.