Le palmarès de la 66e Berlinale

La 66e édition de la Berlinale s’est achevée ce week-end

Les festivals et autres cérémonies qui récompensent le 7e art continuent de poursuivre leur petit bout de chemin et de s’achever week-end après week-end. C’est au tour du festival international du film de Berlin, ou plus communément appelé la Berlinale, de rendre son verdict. Festival en marge des autres, se voulant le reflet du monde et marqué par de fortes idées politiques, la Berlinale a eu pour thème cette année le malheur des réfugiés. Très ancré dans le contexte actuel,  ce thème a été représenté essentiellement par trois films : Fuocoammare, de Gianfranco Rosi, Between Fences, d’Avi Mograbi, et Ta’Ang, de Wang Bing.

Et c’est Fuocoammare qui a conquis le jury présidé par Meryl Streep et qui remporte par conséquent l’Ours d’or du Meilleur film. Il s’agit d’un documentaire italien sur le malheur des réfugiés à Lampedusa, raconté à travers le regard de Samuel, un jeune garçon de douze ans, né au beau milieu de cette île.
L’autre grand fait notable de cette cérémonie est la récompense décernée à la réalisatrice française Mia Hansen-Love, pour son film L’Avenir, où Isabelle Huppert décide de tout plaquer suite  au départ de son mari avec une autre femme. La sortie est prévue pour le 6 avril 2016.

 Palmarès complet de la 66e Berlinale :

Ours d’or du Meilleur film : Fuocoammare de Gianfranco Rosi

Ours d’argent – Grand Prix : Mort à Sarajevo de Danis Tanovic

Ours d’argent du Meilleur réalisateur : Mia Hansen-Love pour L’Avenir

Ours d’argent du Meilleur acteur : Majd Mastoura pour Hedi

Ours d’argent de la Meilleure actrice : Trine Dyrholm pour La Communauté

Ours d’argent du Meilleur scénario : United States of Love de Tomasz Wasilewski

Ours d’argent – Prix Alfred Bauer : A Lullaby to the Sorrowful Mystery de Lav Diaz

Ours d’argent de la contribution technique : Crosscurrent pour la photographie de Lee Ping-Bin

Prix du premier film : Hedi de Mohamed Ben Attia

Bande annonce de Fuocoammare, le grand gagnant de la 66e Berlinale

https://www.youtube.com/watch?v=f8Kc5wy0Rxg

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Aaahh Belinda : pépite féministe du cinéma turc

Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

Sorda : des liens au-delà du silence

Après son court-métrage éponyme, Eva Libertad étend l'histoire de "Sorda". Un nouvel opus nécessaire qui interroge la parentalité, dans le bruit du silence.
Kevin Beluche
Kevin Beluchehttps://www.lemagducine.fr/
Grand passionné de cinéma depuis mes 3 ans, âge auquel j’ai pour la première fois mis les pieds dans une salle de cinéma (Aladdin !), je n’ai depuis cessé d’alimenter mon amour vis-à-vis du septième art. A travers des critiques ponctuelles, des discussions endiablées entre passionnés et amis, de nombreux achats d’objets collector et de sorties, cet art est devenu un réel besoin ne demandant qu’à être assouvi encore davantage. Ayant un double diplôme dans la finance et la comptabilité à Nancy, je travaille actuellement dans une boite de BTP en tant que responsable administratif. Mais fort heureusement, le cinéma ne m’a jamais réellement lâché, l’écriture me permettant de transmettre les rouages et mécanismes de ma passion.

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.