La 6ème édition du PIFFF démarre avec un film étrangement morbide

Ce mardi 6 décembre, le désormais traditionnel lieu de rendez-vous des amateurs de cinéma genre parisien a débuté pour 5 jours., et nous a fait découvrir le film The Autopsy of Jane Doe.

Pour la première, le PIFFF n’a toutefois pas lieue dans la mythique salle du Grand Rex, mais quelques mètres plus loin, au Max Linder, connu pour son excellent matériel de diffusion mais aussi pour être mono-écran. En moins d’une semaine et avec un seul écran, la programmation est donc bien plus limitée que lors des années précédentes, mais l’ambiance reste la même.

Après une salve de remerciements des organisateurs envers les partenaires et les donateurs du compte ULULE qui a permis le maintien, le festival a commencé par un court métrage espagnol, Behind, au scénario convenu mais à la mise en scène efficace, mais surtout un long-métrage :

The Autopsy of Jane Doe d’André Øvredal :

Le réalisateur du très décalé Troll Hunter change radicalement d’approche en nous faisant suivre l’autopsie d’une jeune inconnue qui va virer au cauchemar. La bonne idée qui se cache ce curieux point de départ est de faire d’un cadavre inanimé l’élément horrifique central du film. Une façon baroque de réinventer la figure du mort-vivant. Mais, après une première partie qui jongle assez habilement entre légèreté et rigueur médicale et profite d’un excellent travail sur le son, l’incursion des éléments fantastiques va subrepticement monter crescendo, jusqu’à atteindre un niveau grand-guignolesque qui finira par prendre le dessus sur le parti-pris initial. Jusqu’à reprendre un certain équilibre dans un final capilotracté, et malgré les deux excellents acteurs (Emile Hirsch, Brian Cox), le film va souffrir d’une surenchère de l’épouvante alors que le concept aurait mérité de jouer entièrement sur la suggestion et la tension psychologique.

L’avis de Frédéric : Séance d’ouverture oblige, on commence le PIFFF avec un court métrage prenant, certes classique dans son propos et un peu trop sensationnel sur sa fin mais qui instaure un malaise et une tension palpable grâce à des mécaniques de la peur plus astucieux que le simple jumpscare. Il est tout ce que The Autopsy of Jane Doe ne sera pas. Le film use des ressorts classiques du film d’horreur et n’en sortira pas malgré un concept assez intéressant mais qui se révèle vain car il nous donne toutes les clés pour le comprendre alors que jouer sur un mystère plus opaque aurait été plus marquant. On a toujours une longueur d’avance sur ses personnages caractérisés de manière simpliste, avec le père qui se tue au travail pour surmonter le deuil d’avoir perdu sa femme et son fils qui souhaite quitter l’entreprise familial pour voler de ses propres ailes. Ces personnages on les a déjà vu et on peine à s’attacher à eux malgré les efforts louables des très bons Emilie Hirsch et Brian Cox. Mais ce qui déçoit le plus, c’est la façon dont le réalisateur s’abaisse à faire des jumpscares maladroits, lui qui a pourtant un sens de la mise en scène certain avec son utilisation viscéral du huit clos et le travail somptueux qu’il offre sur les jeux de lumières. Au final, mis à part un duo d’acteurs convaincant et une forme par moments somptueuse, il n’y a pas grand chose à retenir de ce long métrage horrifique anecdotique.

Festival

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Julien Dugois
Julien Dugoishttps://www.lemagducine.fr/
Sans jamais avoir voulu me prétendre du statut pompeux de cinéphile, je suis un dévoreur acharné de films, de tous genres, de tous horizons. J’admets vouer un culte aux œuvres de Kubrick, Chaplin, les frères Coen, Kurosawa et Jarmusch, pour ne citer qu’eux. De cette passion, devenue addiction, est née mon envie de passer un diplôme en audiovisuel pour poser un regard plus professionnel sur ce que je vois, mais aussi de rédiger des critiques. A l’origine, je n’écrivais que pour moi, me faisant des fiches pour combler ma mémoire défaillante, mais j’essaie aujourd’hui d’étoffer mes écrits pour être lu de ceux avec qui j’aimerai partager mon avis et débattre intelligemment.

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