Clap de fin pour les Hallucinations Collectives de Lyon

Le festival lyonnais des Hallucinations Collectives, grand adepte du cinéma de genre, va clore sa 9ème édition avec la présentation du très attendu « High Rise » de Ben Wheatley.

Niché dans le haut-pays lyonnais et l’enceinte d’un des meilleurs cinéma de la ville – le Comoedia-, le Festival des Hallucinations Collectives se fait le pari depuis déjà 9 an, d’incarner l’un des derniers bastions français du cinéma de genre ; comprenez un cinéma différent très éloigné des poncifs français en la matière, peu avide de diffuser ce versant mésestimé du 7ème art. Noble entreprise que voilà, surtout lorsque l’on sait que ses principaux artisans tels que Christophe Gans (Silent Hill, La Belle et la Bête), Pascal Laugier (Martyrs) ou Nicolas Boukhrief, se sont presque tous exportés aux USA, terre de cinéma nettement plus encline à tolérer ces élans virant à la digression dans une industrie naturellement portée  par une vision commerciale et mainstream. Et contre toute attente en dépit de la faible notoriété affiliée à l’évènement et la défection relative du public sans doute peu enclin à cette forme de cinéma enlevé et hyper-violent, le festival tient bon. Année après année, les festivités lyonnaises continuent ainsi à attirer un public, sans doute conquis par un déroulé aux airs de contre-programmation, se faisant tantôt l’éloge d’un cinéma/cinéaste oublié, ou d’une œuvre emblématique d’un genre à la fois protéiforme et sans surprises, retenu par aucune limite. 

Et après Christophe Gans, ce fut au tour de la réalisatrice Lucile Hadzihalilovic (Innocence) d’être conviée aux festivités. En profitant pour projeter son dernier film, Evolution, qui l’aura vue batailler pendant plus de 10 ans pour mener à bien le projet, la réalisatrice n’est toutefois pas venue les mains vides. Dans ses valises, une pléiade d’œuvres oubliées, ringardisées et certaines promptes à devenir les nouvelles figures du cinéma de genre comme Hardcore Henry, l’OVNI de la programmation, qui telle une bonne mandale des familles, a mis le public K.O en ouverture. Car au milieu de la programmation se voulant en forme d’hommage à un pan de cinéma tout entier (le film de monstre avec Phase IV de Saul Bass ou Razorback de Russel Mulcahy), le festival se fait aussi le pari de soumettre à la compétition quelques longs-métrages.  A la clé, un trophée voulu à des fins de faire gagner de la notoriété et de la reconnaissance au film et à son cinéaste, qui évolue, soit-dit en passant, dans un sillage déjà dessiné en amont par des cinéastes aujourd’hui mondialement réputés comme Alex de la Iglesia (Les Sorcières de Zuggaramurdi), Denis Villeneuve (Sicario, Prisoners) ou encore Ben Wheatley (High Rise). Et cette année, au milieu des bizarreries coutumières du festival, le palmarès s’est arrêté sur un film au ton très atypique : Men and Chicken, porté par Mads Mikkelsen et David Dencik, ou comment voir 2 frères chercher tant bien que mal leur paternel sur une ile remplie de fous en roue libre qui ne leur rendront pas la tache facile. 

Palmarès 

Prix du public longs-métrages : MEN & CHICKEN d’Anders Thomas Jensen

 

Prix du jury Petit Bulletin longs-métrages: GREEN ROOM de Jeremy Saulnier
Prix du public courts-métrages : THE PRIDE OF STRATHMOOR d’Einar Baldvin

Prix du jury lycéen courts-métrages : MANOMAN de Simon Cartwright

Bref, le cinéma de genre n’est pas mort et soyez sûrs que le Festival des Hallucinations Collectives se fera un plaisir de faire perdurer ce statu quo.

Festival

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Antoine Delassus
Antoine Delassushttps://www.lemagducine.fr/
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