Cannes 2019 : Sem Seu Sangue d’Alice Furtado, une ballade ensanglantée

La Quinzaine des Réalisateurs continue de proposer des moments riches en étrangeté après Zombi Child de Bonello qui avait quelque peu divisé les avis. Avec le film portugais Sem Seu Sangue, la matinée fut sanglante.

Le sang et l’amour se marient souvent très bien au cinéma, et le film d’Alice Furtado en est une nouvelle preuve. En alternant cinéma de genre et cinéma romantique, la réalisatrice portugaise offre un film plutôt ambitieux où le mélange des tons et son évolution fonctionnent bien mieux que dans Atlantique qui est en Compétition pour la Palme d’Or.

Si le début donne à contempler les sentiments amoureux, le sujet est finalement tout autre. Le titre original fait d’ailleurs sens « Sans ton sang » en portugais ramène à la tonalité plus mortuaire que l’œuvre prend rapidement. L’histoire d’amour est loin d’être banale. La romance installée au début est une jolie ballade amoureuse qui fait fondre le cœur, mais très vite s’installe une atmosphère bien changeante où le monde des vivants cohabite avec celui des morts au rythme d’une imagerie fluorescente chère à l’Amérique du sud.

« Je la trouvais belle sa maladie » c’est ce qu’un ami dit à Silvia et cette phrase semble résonner durant tout le film ensuite. Du désir à l’amour du sang comme écho de la passion, tout semble alors prendre sens dans son aspect mortuaire. Sem Seu Sangue est un voyage à travers les corps intérieurs où l’étrange est planant grâce aux sons électriques et à la tonalité cosmique que l’actrice principale apporte au film. L’ineffable, l’insaisissable est subtil mais le scénario manque parfois un peu de profondeur.

Sem Seu Sangue d’Alice Furtado : Bande-annonce

Synopsis : Silvia est une jeune fille introvertie lassée par son quotidien, entre famille et lycée. Elle semble chercher quelque chose qui la ferait se sentir plus vivante. Elle croit l’avoir trouvé en la personne d’Artur, un adolescent qui débarque dans sa classe après avoir été expulsé de plusieurs lycées. Silvia est fascinée par la vitalité d’Artur qui souffre pourtant d’une maladie grave, l’hémophilie. Ils s’immergent dans une coexistence intense et brève, que la mort accidentelle d’Artur interrompt. Silvia tombe malade, tandis que sa vie se transforme en un cauchemar étrange. Le deuil devient une obsession, et l’obsession un but : Silvia fera tout pour le ramener à la vie.

Le film Sem Seu Sangue d’Alice Furtado, est présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2019.

Avec Digão Ribeiro, Juan Paiva, Lourenço Mutarelli, Luiza Kosovski, Nahuel Perez Biscayart, Silvia Buarque
Genre : Drame
Date de sortie : Prochainement
Durée : 90 minutes
Nationalités Brésilien, Français, Néerlandais

Festival

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Gwennaëlle Masle
Gwennaëlle Maslehttps://www.lemagducine.fr/
Le septième art est un rêve et une passion depuis quelques années déjà. Amoureuse des mots et du cinéma, lier les deux fait partie de mes petits plaisirs. Je rêve souvent d'être derrière la caméra pour raconter des histoires et toucher les gens mais en attendant, je l'écris et je me plais à le faire. Je suis particulièrement sensible au cinéma français ou au cinéma contemplatif dans sa généralité, ce qui compte c'est de ressentir. Les émotions guident mes passions et le cinéma ne déroge pas à la règle, bien au contraire.

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