Cannes 2018 : Le Grand Bain rafraîchit la Croisette

La sélection Hors Compétition offre son premier bain cannois à Gilles Lellouche, très ému hier soir de présenter son quatrième long métrage au Grand Théâtre Lumière. Le grand Bain est une jolie fresque amicale qui mélange humanité et comique, portée par un casting de stars françaises tout à fait remarquables et remarquées.

Avec l’annonce d’une nouvelle comédie de Gilles Lellouche, le public cannois s’attendait à tout sauf à une réussite. Pourtant, le casting donnait envie. Composé de Guillaume Canet, Leïla Bekhti, Mathieu Amalric, Marina Foïs et plein d’autres grands visages du cinéma français, le film ne pouvait que promettre une bonne surprise par le talent de ses comédiens. Et la magie a opéré puisque c’est exactement ce qu’il s’est passé. Avec une écriture raffinée alternant blagues hilarantes et scènes remplies d’humanité, Lellouche étonne, épate même. On ne doutait pas vraiment de sa capacité à montrer le bonheur de l’amitié tant on sait à quel point elle lui est chère mais quand même. Le réalisateur propose un film drôle et original avec pour point de départ le simple fait que « Un carré ne rentrera jamais dans un rond ». Avec cet énorme casting aussi grand que talentueux, le risque était de se perdre parmi tous ces personnages importants. Certaines intrigues parallèles ont d’ailleurs quelques lourdeurs mais sont vite oubliées au profit de l’ambiance générale du film qui appelle à l’amitié et la cohésion.

Au milieu de cette bande de mecs pratiquant la natation synchronisée, quelques femmes. Deux entraîneuses, une épouse et toutes ont un sacré caractère et apportent leur propre touche au film. Le cinéaste livre finalement un film plutôt personnel sur sa manière d’aborder la quarantaine passée en cherchant la nouveauté dans sa vie, à la manière de ses personnages qui sont en quête d’un nouveau sens à la leur. C’est dans la natation synchronisée qu’ils le trouvent et le sport fait émerger un tel esprit de solidarité, voire de fraternité, que le public le ressent. Comme à son habitude, Leïla Bekhti illumine littéralement le film en menant ses hommes à la baguette et avec un humour qui a fait tordre de rire la salle le lendemain de la projection officielle. Ces relations incroyables entre les personnages sont nourries des émotions grandioses nées sur le tournage et créent une ambiance générale assez agréable pour le public. Le grand bain est le genre de comédie humaine totalement bienvenue à Cannes qui fait relâcher la pression tout en étant pleine de bons sentiments.

Teaser : Le Grand Bain

https://www.youtube.com/watch?v=AEY6fG19meM

Synopsis : C’est dans les couloirs de leur piscine municipale que Bertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry et les autres s’entraînent sous l’autorité toute relative de Delphine, ancienne gloire des bassins. Ensemble, ils se sentent libres et utiles. Ils vont mettre toute leur énergie dans une discipline jusque-là propriété de la gent féminine : la natation synchronisée. Alors, oui c’est une idée plutôt bizarre, mais ce défi leur permettra de trouver un sens à leur vie…

[Présenté hors-compétition au Festival de Cannes 2018]

Le Grand Bain, un film de Gilles Lellouche
Avec Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Virginie Efira, Philippe Katerine, Benoit Poelvoorde, Marina Foïs, Jean-Hugues Anglade, Leïla Bekhti, Félix Moati..
Genre : Comédie dramatique
Distributeur : StudioCanal
Durée : 2h 02min
Date de sortie 24 octobre 2018
Nationalité français

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Newsletter

À ne pas manquer

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d'amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d'un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son "opération spéciale". Analyse d'un film aussi riche que stimulant.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Gwennaëlle Masle
Gwennaëlle Maslehttps://www.lemagducine.fr/
Le septième art est un rêve et une passion depuis quelques années déjà. Amoureuse des mots et du cinéma, lier les deux fait partie de mes petits plaisirs. Je rêve souvent d'être derrière la caméra pour raconter des histoires et toucher les gens mais en attendant, je l'écris et je me plais à le faire. Je suis particulièrement sensible au cinéma français ou au cinéma contemplatif dans sa généralité, ce qui compte c'est de ressentir. Les émotions guident mes passions et le cinéma ne déroge pas à la règle, bien au contraire.

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.