Arras Film Festival: « Faites sauter la banque », « Bloody Sunday » et « Mélodie en sous-sol »

            Arras Film Festival: Rencontre avec Dominique et Matteo Leborne

Au programme de ce retour quotidien de la troisième journée du Arras Film Festival, trois films et une rencontre forte avec deux des acteurs principaux de Tempête : Dominique et Mattéo Leborne (voir photo ci-dessus).

14h : « Au burin ! »

            Crie Louis de Funès avant de percer le mur qui sépare sa famille de la banque menée par l’escroc sans scrupules André Durand-Mareuil, interprété par Jean-Pierre Marielle, dans le film Faites sauter la banque !.

            Dans le long métrage de Jean Girault – à qui l’on doit notamment l’intégrale des films du Gendarme (1964 – 1982) avec Louis de Funès –, un honorable vendeur de produits de chasse et pêche se fait arnaquer par son banquier qui lui fait placer toute sa fortune en bourse, sur un objet notamment. Le cours chute au plus bas possible, pire, l’objet du placement est nationalisé par le pays. En colère, inspiré par le discours de l’évêque à l’église différenciant la bonté et la fragilité – c’est-à-dire l’acte charitable de celui fait envers une personne qui nous trompe –, le sauvetage d’une âme et l’encouragement d’une personne dans le mal – en l’aidant naïvement, en se laissant escroquer –, Victor Garnier, interprété par De Funès, décide mettre en place le hold-up de la banque de Durand-Mareuil. En effet, il s’agit « juste » de reprendre ce qu’on lui a pris, et ainsi de participer à sauver l’âme du banquier !

            Comment faire ? Un braquage de camion ? Non, déjà fait et ayant 75 pour cent de possibilité d’échec, explique sa fille cadette Corinne. Rester enfermé dans la banque ? « Tu es trop vieux papa » poursuit Corinne. Un tunnel ? Oui ! Et c’est alors que commence une aventure emplie de retournements de situation – les cousins belges qui débarquent ; une grande tante qui décède ; un tuyau d’eau touché dans le creusement du tunnel – très drôle, avec certainement l’une des performances les moins exubérantes de De Funès. D’ailleurs, ce dernier en parlait dans l’interview de l’INA, diffusée avant le film – très bonne initiative du festival à souligner et qu’on retrouve avec la majorité des films « âgés » projetés –, il expliquait qu’il était sérieux dans le film, il jouait la comédie certes, mais d’abord le drame.

            Il faut enfin souligner le casting, la réalisation et la musique du film. Un casting riche, très bon, on retrouve notamment Jean Lefebvre, ou encore Guy Grosso présent dans les Gendarmes ou apparu encore dans la Grande Vadrouille (Gérard Oury, 1966). La musique du film, si elle n’est pas signée par Michel Magne mais par Paul Mauriat, n’est pas sans rappeler celle des Tontons Flingueurs ou de Ne nous fâchons pas avec un caractère très jazzy (et pop, pour la scène de fête). Revoir ce film a permis de réévaluer sa réalisation très maligne : on joue sur le langage du cinéma muet au début du film notamment, ou encore sur le film policier lors des scènes de transfert de la terre dans les sacs et valises. Le film parodie le genre du braquage, détourne ses situations, s’amuse avec, pour en faire une comédie familiale du genre, à laquelle on peut associer un modèle plus moderne avec Fun with Dick and Jane (Braqueurs Amateurs), réalisé par Dean Parisot en 2005 et écrit par Judd Apatow. À l’image du film de Parisot, Faites sauter la banque ! est un film ayant une certaine portée social, il s’agit d’exposer une certaine lutte des classes et des idéologies : famille / serial dragueur, le petit commerçant honorable contre le grand banquier escroc.

            Enfin, la projection fut formidable, le public était ensemble dans le film, le rire était présent. L’image et le son étaient formidables, il faut noter qu’il a été projeté en pellicule 35 mm. Un grand petit moment du festival !

https://www.youtube.com/watch?v=pXVMrPKhr9A

16h : INTERVIEW – avec Dominique et Mattéo Leborne (voir photographie de couverture), acteurs principaux du film Tempête, de Samuel Collardey, projeté au festival pour la première en projection presse le vendredi 6 novembre.

Ci-dessus, un court clip de présentation du film, du réalisateur, et des deux acteurs.

            Il faut d’abord dire que l’interview a été un grand moment d’échange, pour l’instant le plus fort du festival. Dominique et Mattéo Leborne, acteurs et personnages du film Tempête, sont d’une modestie formidable et assez unique dans le monde du cinéma, et même dans le milieu de l’Art. Ne parlons même pas de modestie, car ils sont tels qu’on les voit dans le docu-fiction de Samuel Collardey, des êtres humains, des gens que l’on peut croiser ici et là. Nous avons donc eu de vrais moments d’échange, de rire, de complicité. Aussi notre entretien fut le plus long réalisé jusqu’ici sur le festival, il dura en effet plus d’une heure. Je fus accompagné de ma collègue journaliste Ophélie Louis de L’Observateur de l’Arrageois. Ci-après sont retracés la majorité des propos échangés.

Après le film

            Dominique Leborne est toujours marin pêcheur, son fils Mattéo est plasturgiste et veut retourner à la mer et être marin pêcheur, notamment avec son père, mais il doit attendre ses vingt ans pour pouvoir passer un brevet nécessaire. Ce dernier a reçu le prix d’interprétation à la Nostra de Venise, le film a reçu d’autres prix, explique-t-il, mais ça ne change rien. Ça ne paye pas toutes les factures, et sa première passion est restée la mer : « Je me lève le matin et je suis heureux d’aller en mer. ». « La mer, c’est hard. (…) Il y a quinze ans, il n’y avait pas de télé dans le bateau, pas de téléphone » et il n’était « qu’avec des vieux », explique-t-il mais il ne s’est jamais découragé, et il est le membre d’une famille de marins. Il n’a jamais le mal de mer, répond-il à ma collègue en rigolant.

« Avec tous ces prix, vous avez encore de la place sur l’étagère ? »

« Ah ah, oui, j’en ai mis que deux ! » me répond-il en rigolant.

            Les deux acteurs ne se cachent de rien, expliquent-ils. Aussi Dominique Leborne ne dirait pas non à un autre tournage. L’égo n’a-t-il pas changé tout de même ? N’ont-ils pas peur ou n’ont-ils pas déjà pris un peu la grosse tête ? Que nenni, « Pour quoi faire ? » répond Dominique Leborne, Mattéo enchérit : « Il aurait pu l’avoir dès Venise ». Les tournées, les festivals… « On prend tout à la rigolade » dit le père. « On habite dans un bled total ! » dit-il amusé, s’ils sont les stars locales, ils n’ont pas changé, et les gens du village n’ont pas changé d’attitude envers eux. Tant mieux pour eux, et pour nous ! Le fils nous explique aussi qu’il aimerait bien faire un film d’horreur. Aussi la projection de Tempête à Arras est la deuxième française. Le film devrait être projeté dans le village des acteurs, en effet, le Maire souhaiterait organiser une avant-première.

Leur arrivée sur le projet

            Le père Leborne a vu il y a six ans le premier film du réalisateur, L’Apprenti, sorti en 2008, et dont il connaissait la scénariste. C’est elle qui a leur parlé du projet de Tempête.

            Il n’y a pas eu d’audition, la scénariste et le réalisateur avaient une confiance totale envers les interprètes. Aussi, ils ne sont pas partis d’un scénario, et concernant les dialogues, ils improvisaient. Ils avaient juste quelques directions données par le réalisateur sur les enjeux de la scène.

            Le personnage, qui connaît tout ce mal dans sa vie, tous ces drames, le touchait. « C’est la vie » dit le père, mais il ne se faut pas se décourager, le père et le fils vont jusqu’au bout, avancent toujours : « La maison qu’on a tous les deux, on la refait tous les deux. ». « Toutes les routes mènent à Rome » poursuit son fils.

Sur la part documentaire et la part fiction

            À l’inverse de ce que montre le film, dans la réalité, Dominique Leborne n’a jamais fait les démarches pour acheter un bateau, même si, bien sûr, il aimerait bien en avoir un jour. « Tout le reste est vrai. » nous dit-il, de sa belle-fille enceinte, et qui va accoucher d’un bébé déjà trop malade pour pouvoir vivre plus de quelques heures au mieux après la naissance. Par contre, dans la vie réelle, ils ne se parlent plus. Sa fille n’a plus aucun contact avec lui, Mattéo ou sa mère. Ils se sont donc retrouvés pour le tournage.

« Il y a un côté télé-réalité là-dedans » remarque Ophélie Louis.

« Un peu de télé-réalité, ouais c’est ça. » répond Dominique Leborne.

            De plus, le tournage ayant lieu sept à quinze jours par mois, la production a demandé au marin pêcheur et à son fils qui venaient d’acheter leur maison à rénover, de ne pas poursuivre les travaux afin d’assurer une continuité narrative.

            Il y a seulement trois comédiens sur le film : le patron sur le bateau, choisi pour sa capacité à jouer le méchant ; la mère des enfants ; et le banquier. Tout le reste du casting est composé de « vrais gens », dont des « potes » à Dominique Leborne. Le réalisateur voulait avoir des gens qui ont vraiment vécu et vivent réellement leur métier, leurs drames…

            Dans le film, lorsqu’il arrive chez sa mère (incarnée par sa vraie mère), Dominique Leborne est encore saoul de sa soirée, et pleure dans les bras de sa mère. Cette scène est l’une des plus émotionnellement puissantes du film, l’acteur ne s’en souvient pas, il avait réellement bu et était tellement « bourré » qu’il n’en a aucun souvenir. Concernant l’intervention du père dans une classe d’enfants en primaire, c’était une vraie classe d’enfants, et Dominique Leborne intervient ainsi depuis quatre, cinq ans. La scène a été filmée en plusieurs prises.

            Il faut toutefois noter que les âges des personnages du film ne correspondaient aux âges réels des interprètes.

            Nous revenons sur la scène très drôle et touchante du père et du fils repeignant la chambre de sa fille, alors repartie chez sa mère. Est-ce que jouer avec un autre garçon aurait été la même expérience, le même jeu ? – questionne Ophélie Louis. « Oui, je fais chier tout le monde » répond Dominique Leborne, amusé.

            Enfin, au cours de cette grande conversation, nous avons entendu « vérole » à de multiples reprises. « Vérole » questionne-t-on ? « Ouais c’est notre mot » répond Dominique Leborne, amusé. Le mot est aux habitants de leur région ce que « Schtroumpf » est aux Schtroumpfs.

            Notre meilleure interview ? Certainement. Une grande rencontre ? Assurément. Merci à Dominique et Mattéo Leborne.

19h30 : Bloody Sunday et Mélodie en Sous-Sol

             Des retours analytiques et critiques sur ces deux films seront faits plus tard, à l’occasion de la rétrospective de Paul Greengrass par votre serviteur par exemple, ou encore avec un écrit à propos de Michel Audiard (dialoguiste) ou Henri Verneuil (le réalisateur), pour Mélodie en sous-sol. Voici leur intrigue, Bloody Sunday, sorti en 2002 : le dimanche 30 janvier 1972, à Derry, en Irlande du Nord, Ivan Cooper est l’organisateur d’une marche pacifique pour l’égalité des droits entre catholiques et protestants, farouchement déterminés à éviter toute violence entre les différents protagonistes. Mais malgré son dialogue avec les autorités unionistes et ses tentatives de négociation avec les forces de l’ordre britanniques, la manifestation se transforme en émeute : treize personnes sont tuées par l’armée. Cette journée, désormais inscrite dans l’Histoire sous le nom de Bloody Sunday, marque le début de la guerre civile. Et pour Mélodie en sous-sol, réalisé par Henri Verneuil en 1963 : A peine sorti de prison, Charles, un truand à la retraite, refuse de s’acheter une bonne conduite. Ce dernier décide de monter un gros casse: Le cambriolage du casino Palm Beach à Cannes. Pour mener à bien ce projet, Charles aura à ses côtés Francis, un jeune voyou sans scrupules et Louis, beau-frère de celui-ci. Chacun aura un rôle bien défini : Charles surveillera les salles du casino, Francis utilisera ses charmes pour visiter les coulisses du lieu et Louis sera le chauffeur des deux compères.

            Le premier a profondément touché et mouvementé le spectateur – le style de Paul Greengrass et son écriture n’y sont pas pour rien –, le deuxième l’a amusé, intrigué, et surpris – il faut dire que Verneuil, l’un des réalisateurs français les plus sous-estimés, propose des mises en scène toujours passionnantes, on remarquera notamment la scène de la piscine lorsque les deux gangsters, interprétés par Gabin et Delon, doivent sortir deux sacs emplis d’argent du lieu tout en étant entouré de nombreux policiers, et du propriétaire du Casino braqué (qui explique qu’il saurait reconnaître les sacs d’un coup, tout en étant à côté d’eux), bref, du grand suspense empli de l’ironie (mêlé à un certain cynisme) Verneuil-ienne !

00h00 : La journée s’est terminée sur un concert avec une bonne entente. Une journée de festival intense et riche comme à son habitude, hâte d’être à demain pour rencontrer Michèle Mercier, Virginie Efira et Grégoire Ludig.

            On se quitte avec Bloody Sunday de U2, qui clôt le film de Greengrass et accompagne le générique, avec ses paroles – sous-titrées dans le métrage – extrêmement significatives et émouvantes, parfaites pour finir le film éponyme.

Festival

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