X-Files Saison 10, Une Série De Chris Carter: Critique

Synopsis: Le retour de Fox Mulder et Dana Scully, deux agents du F.B.I. aux prises avec le paranormal et les complots ourdis par le gouvernement américain.

Une Dernière Saison Pour La Route

Voilà bientôt 14 ans que le bureau des x-files était fermé, 14 ans d’une vie redevenue presque normale pour les agents Mudler et Scully. Elle, redevenue médecin à l’hôpital lui, transformé en ermite, enfermé chez lui loin de toutes ces affaires étranges qui ont miné sa vie. Il y avait de quoi être sceptique à l’annonce de leur retour car, si les premières saisons de la série (autrefois intitulée Aux Frontières Du Réel, mais qui s’en souvient ?) étaient captivantes par leur côté « monstre de la semaine », les dernières tournaient franchement en rond, promettant sans cesse de révéler ce mystère d’une vérité qui n’arrivait jamais.

Pourtant, le premier épisode de cette mini-série, façon « trois p’tits tours et puis s’en vont », ne présageait rien de bon. Une mise en place superflue, puisqu’on est censé connaitre les personnages. Des acteurs au ralenti et une intrigue dont on peine à trouver l’intérêt. Après tout, pourquoi pas ? David Duchovny et Gillian Anderson sont là pour interpréter des personnages vieillissants, fatigués et le jouent plutôt bien. Le rythme est lent, mais leurs retrouvailles laborieuses, on sent deux héros à qui on a imposé de tourner la page et qui du coup, n’ont plus envie de remettre les mains dans le cambouis.

Dès l’épisode 2, on sent poindre ce qui pourrait faire le sel de cette ultime saison: la dérision. Pas pour ridiculiser les personnages, mais pour montrer du doigt leurs travers. Un Fox Mulder qui passe en revue tout ce qu’il a toujours cru et qui découvre qu’il est un peu trop crédule. En rire…C’est exactement ce qui se passe avec l’épisode 3, mémorable en tout point. Un des scénaristes historiques de la série, Darin Morgan, connu pour son humour, ouvre ici grandes les vannes et retourne complètement la série, pour un épisode comique totalement irrésistible. Au passage, il dénonce quelques dérives de nos sociétés occidentales: matérialisme et superficialité. L’émotion, en forme de bilan des années écoulées, n’est pas non plus absente, Scully se retrouvant face à la mort des proches et face à ses échecs, dans un épisode qui restera comme un des plus touchants. Comme s’il fallait toujours se retourner pour constater que nos décisions d’hier sont nos échecs d’aujourd’hui.

Au travers des courbes d’audience U.S, on voit qu’il aurait mieux valu commencer par cet humour, car cette dixième et dernière saison est déjà un échec d’audience cuisant, passant de 21 millions de téléspectateurs pour le premier, à seulement 8 millions pour le troisième, audience qui se stabilise ensuite. Pourtant, Chris Carter a eu l’intelligence de faire une boucle avec cette saison, le dernier épisode venant clore le premier, tout en offrant une fin ouverte. Le problème vient finalement du fait que Chris Carter semble vouloir condenser les 202 premiers épisodes dans les 6 derniers, en répétant ce qui était devenu le principal défaut des dernières saisons: ne jamais révéler sa vérité. C’est flagrant dans le deuxième épisode, Mulder commençant à croire que ce qu’il pensait être la vérité, serait en fait un mensonge qu’on l’aurait poussé à croire pour cacher la vraie vérité. Certes la vérité est ailleurs, mais vient le moment où il faudrait le trouver, cet ailleurs…

Cette dixième et dernière saison laisse une étrange sensation, que l’on ressent dès le générique, toujours inchangé et qui propulse renvoie plusieurs années en arrière. Il souffle comme un vent de nostalgie sur ces visages plus ridés, plus fatigués aussi, comme si leur quête un peu vaine avait fini par user leur âme tout autant que leurs convictions. On sent que cette fois, c’est bien l’épilogue, que la fin du sixième épisode est un adieu sans retour, que ces soirées que l’on passait, captivé par leur quête de paranormal, ne seront désormais que le ressassement d’épisodes passés, que l’on se répète à l’infini. X-Files aura été aux origines de cet âge d’or des séries que connaissent actuellement les U.S.A., elle n’en signera pas l’achèvement mais, au travers d’une dernière parade, elle aura su faire des adieux dignes et émouvants qui laisseront derrière eux les regrets d’une madeleine de Proust à jamais perdue.

Casting: Gillian Anderson, David Duchovny, Robbie Amell, William B. Davis, Mitch Pileggi
Durée: 42′
Nombre d’épisodes: 6
Première diffusion: 24 janvier 2016 sur Fox
Diffusion France: M6 à partir du 25 février 2016
Origine: U.S.A.
Genre: Science-fiction
Création: Chris Carter
Scénario: Glen Morgan, Darin Morgan et James Wong
Réalisation: Chris Carter, James Wong, Darin Morgan et Glen Morgan

https://www.youtube.com/watch?v=rsBX-8vWgCc

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Thierry Jacquet
Thierry Jacquethttps://www.lemagducine.fr/
Bressan d'origine, littéraire raté de formation, amateur de bonne chère et de bons vins, sans oublier le corps des femmes (de la mienne en fait). Le cinéma meuble mes moments perdus, et ils sont nombreux. Pas sectaire pour deux sous je mange à tous les râteliers, passant du cinéma d'auteur au blockbuster sans sourciller. En somme un homme heureux de voir et écrire sur le cinéma.

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