The Boys débarque en série pour fracasser la télévision

The Boys, le comic book impitoyable d’Ennis et Robertson, débarque en série tv dirigée par Seth Rogen, Ivan Goldberg et Eric Kripke

             Un temps envisagée au cinéma par Sony et Paramount avec Adam McKay et Russell Crow dans un rôle clef, l’adaptation de The Boys se fera finalement à la télévision. Une nouvelle pas si étonnante que cela, puisque le comic book créé par Garth Ennis et Darick Robertson (au dessin) est un périple long de 72 titres publiés de 2008 à 2012. Disponibles en France chez Panini Comics (notamment dans des éditions Deluxe que l’on vous conseille), les comics suivent un groupe secret de la CIA nommé The Boys qui doit gérer le phénomène super-héroïque dans un monde uchronique où le super-hero, créé par une société privée, a fait son apparition. La gestion se fait par la surveillance de ces individus, le renseignement (avec des recherches historiques, journalistiques, etc), la mise en garde, et leur suppression. Ces supers jouent de leur médiatisation à travers les comics (existant dans ce monde), la télévision, les produits dérivés (etc), et sont organisés en groupes tels les Avengers chez Marvel ou la Justice League chez DC. Cependant, ils cachent bien des choses : meurtres, viols, leur participation au 11 septembre 2001, une convention d’orgies super-héroïques (hérogasme)…

            Seule une série ou alors une très longue saga cinématographique pouvait ainsi adapter The Boys. Problème, à l’heure où le super-héros fun et tourné vers l’action (numérique) occupe le cinéma par des cartons à travers le monde entier, comment proposer au public un récit long et complexe aux réflexions et visions aussi dures, bouleversantes et mêmes renversantes ? Bien sûr on pourrait nous parler de Deadpool ou encore Warner/DC qui a fait une proposition différente avec le récent Batman v Superman, et qui se promeut de faire des œuvres « sur le super-héros » et non « de super-héros ». Mais Deadpool, s’il est violent et sexué, reste un récit classique du genre super-héroïque fun et actionner mis en place et dominé par Marvel Studios. Concernant Warner, le studio a décidé de rendre sa nouvelle production, Suicide Squad (sortie prévue pour août 2016), plus fun à coups de re-shoots pour obéir à certaines attentes des spectateurs, attentes mises en place par Marvel, ainsi l’avenir n’est plus si inattendu chez le studio s’occupant de l’univers DC.

                    Alors il ne restait plus que la télévision, cet écran du quotidien, de l’intime où « beaucoup des cinéastes les plus talentueux du moment s’essaient (..) C’est l’endroit le plus accueillant pour les réalisateurs aujourd’hui. Vous pouvez développer un personnage sur une plus longue période, l’histoire peut aussi être plus complexe et profonde qu’au cinéma », déclarait le cinéaste William Friedkin en 2015. seth-rogen-ivan-goldberg-the-boys-piloteComme Raimi avec Ash vs Evil Dead, ou Preacher par Evan Goldberg et Seth Rogen, la télévision peut accueillir ce qui dérange et proposer un certain budget (moins important qu’au cinéma mais avec une efficacité de tournage, et une liberté d’écriture et action bien plus fortes que sur grand écran). Ainsi The Boys débarque à la télévision chez Cinemax à qui l’on doit Strike Back ou encore The Knick, dirigée par Steven Soderbergh. À la barre de ce nouveau navire, Eric Kripke (voir photo ci-dessus), le créateur de Supernatural, et à la réalisation et au soutien du pilote, Evan Goldberg et Seth Rogen (voir photo ci à droite).

Les créateurs de The Boys seront aussi producteurs sur la série. Quant à la date d’arrivée des « p’tits gars », cela reste toujours un mystère. Enfin, on sait que Darick Robertson s’est inspiré de Simon Pegg (voir photo ci-dessous) pour le physique du personnage de P’tit Hughie (voir la première image ci-dessous), d’ailleurs l’acteur-auteur anglais a répondu à cela en disant avoir été honoré dans un petit texte disponible dans l’un des comic books. Mais alors, a-t-on une chance de voir Simon Pegg incarner Hughie ?

Ci-dessous, la bande-annonce de Preacher, la série inspirée du comic book éponyme

et dirigée par Seth Rogen et Ivan Goldberg pour AMC.

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

Mutiny : castagne en haute mer

Jason Statham traque ceux qui l'ont piégé à bord d'un cargo hostile, dans ce thriller de Jean-François Richet. La mécanique de "Mutiny" est bien huilée par endroits, notamment lors du combat final, mais le récit patine et le huis clos promis ne se referme jamais vraiment sur son héros.

Sanjuro (1962), d’Akira Kurosawa : « Le meilleur sabre est celui qui reste dans son fourreau »

Réclamée par la Toho, la suite du "Garde du corps" (1962) mise en scène par Kurosawa réussit l’exploit de s’inscrire dans une continuité thématique tout en adoptant une tonalité qui en est le contrepied, troquant le cynisme et la violence du premier pour l’humour et l’observation qui évite de verser le sang. Porté par un Toshiro Mifune parfait dans la reprise de son rôle de ronin fruste, "Sanjuro" est un sommet de l’art de la mise en scène du maître nippon : concis, limpide, intelligent, esthétique, drôle, un brin provocateur. En un mot : jubilatoire.

Wake in Fright : les sirènes de la Yabba

"Wake in Fright" a électrisé Cannes en 1971, disparu pendant 40 ans, puis ressurgi comme le mythe fondateur du cinéma australien. Un instituteur s'enlise dans une ville minière où l'hospitalité se boit comme une sommation. 55 ans après, sa brutalité n'a rien perdu de son mordant.

« Soudain », un chemin patient vers l’intime

L'amitié entre une directrice française d'EHPAD et une metteuse en scène japonaise. De cet argument simple, Ryusuke Hamaguchi tire un film épuré et pourtant foisonnant, aussi sensible que politique, sans jamais forcer le trait si ce n'est dans quelques redondances. Analyse.

Oklahoma Honey : le chant de la ruche

Andrew Patterson filme l'Oklahoma rural dans "Oklahoma Honey", une fable inspirante et généreuse portée par le retour de Matthew McConaughey en apiculteur charismatique, six ans après "The Gentlemen". Entre bluegrass, communauté et vengeance, Angelina LookingGlass fait des débuts marquants face à Kurt Russell.

Le Robot Sauvage : critique du classique Disney par DreamWorks

Pour ses 30 ans, DreamWorks présente Le Robot Sauvage, un porte-étendard d’une industrie de l’animation en crise. Signé Chris Sanders, le studio transcende la simple rivalité historique avec Disney.

Papillon : l’enfer tropical

Avec "Papillon", Franklin James Schaffner plongeait le spectateur dans l’atrocité du bagne de Cayenne et brossait le portrait éblouissant d’une grande figure héroïque, injustement condamnée à perpétuité, et obsédée par l’évasion. Ou quand une idée fixe, une détermination farouche, constitue le sens d’une vie. Une réussite majeure du septième art, qui aborde les thèmes de l’endurance, de l’abnégation et ce qui peut lier deux hommes au-delà de leurs épreuves et souffrances communes.

« Le Mag du Ciné » recrute !

« Le Mag du Ciné » est à la recherche de rédacteurs-chroniqueurs passionnés, motivés et à qui il serait loisible de contribuer régulièrement (c'est-à-dire à raison d'au moins deux articles par mois) à ses diverses rubriques.