In a Heartbeat : le court-métrage animé sur un amour homosexuel

In a Heartbeat est le court-métrage animé sur l’homosexualité qui a suscité le buzz cet été. Retour sur ce petit film diffusé sur YouTube qui vaut le détour.

Nous entendons rarement parler des courts-métrages alors qu’ils représentent autant une proposition artistique et cinématographique que les longs-métrages. In a Heartbeat a pourtant réussi à faire parler de lui grâce à son sujet : la représentation de l’amour homosexuel dans un dessin animé. En effet, l’homosexualité est très rarement représentée dans le cinéma d’animation même si la tendance est à la hausse dans les animés japonais de type Yaoi et Yuri.

Un énorme progrès donc pour faire avancer les mentalités grâce au talent indéniable d’Esteban Bravo et Beth David, deux étudiants américains en animation informatique à l’Université de Ringling en Floride. Pour certains besoins techniques, les réalisateurs comptaient réunir 3000 dollars via la plateforme de financement participatif KickStarter : ils en ont récolté en quelques heures 14 000 ! L’histoire de ce film a continué sur la toile : mis en ligne sur YouTube le 31 juillet, il réunit dès les premières vingt-quatre heures 2 millions de vues. A l’heure de la publication de cette critique, In a Heartbeat affiche au compteur plus de 28 millions de vues. Malgré certains détracteurs extrémistes (on ne pouvait pas y échapper), une large partie du public est enthousiaste de voir à l’écran des propositions différentes, les minorités méritant d’avoir un traitement égal aux personnages standards.

Son sujet est bien traité et pas uniquement parce qu’il met en scène deux gays qui s’aiment dans le cadre d’un dessin animé. Cela serait même superficiel de limiter In a Heartbeat à l’orientation sexuelle des personnages même si on ne peut pas passer à côté de cette information. En réalité, l’histoire est tout simplement universelle : qu’on soit hétérosexuel, homosexuel, bisexuel, pansexuel ou autre, chacun pourra être touché en plein cœur par un récit pourtant très simple mais si juste. Les réalisateurs n’avaient d’ailleurs pas envisagé au départ de mettre en scène un couple gay. Le court-métrage a su illustrer un coup de foudre. Le titre n’ayant pas été choisi par hasard, le cœur de l’un des personnages sortant de sa poitrine devient lui-même un personnage moteur de l’action et des émotions du garçon.

L’animation est séduisante par son apparente simplicité, mettant en avant la fluidité des mouvements et les différentes expressions et émotions des personnages. Enfin, étant donné qu’il n’y a aucun dialogue, la musique d’Arturo Cardelus parvient à retranscrire tout ce que les personnages pensent et ressentent, toutes ces choses que, finalement, on ne peut pas dire à l’autre au moment du coup de foudre, événement si émouvant et littéralement indicible sur tous les points.

Au-delà de sa beauté émotionnelle et visuelle, on espère que In a Heartbeat permettra au cinéma d’animation plus populaire, notamment chez Disney et Pixar pour ne citer qu’eux, de se pencher davantage sur cette question et de lever les tabous pour de bon. Que ce soit avec ce genre d’histoire ou autre chose, un court ou un long, on rêve déjà de voir Esteban Bravo et Beth David réaliser d’autres petits bijoux.

In a Heartbeat : le court-métrage sur Youtube

In a Heartbeat : Fiche Technique

Réalisation : Esteban Bravo et Beth David
Voix : Nicolas J. Ainsworth, Kelly Donohue… 
Production : Ringling College of Art Designer
Durée : 4 mn
Genre : animation, romance
Date de sortie (YouTube) : 31 juillet 2017

États-Unis – 2017

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Tina B
Tina Bhttps://www.lemagducine.fr/
Ancienne étudiante en lettres modernes, j'ai toujours aimé écrire sur les sujets qui m'animent. Et le cinéma en fait clairement partie ! J'ai des goûts assez variés : certes, comme tout le monde, j'ai mes réalisateurs chouchous (Kubrick, Scorsese, Moretti, Loach, Almodovar, Bong Joon-ho), mais je suis avant tout curieuse : aucun genre et réalisateur de n'importe quelle culture ni époque ne me font peur, bien au contraire. Sinon j'ai une grande préférence pour les séries britanniques (Black Books, The IT Crowd, Father Ted...).

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