Dans "Woman and Child", Saeed Roustaee explore avec finesse les fractures du patriarcat iranien à travers le combat d’une mère face à une société injuste. Moins percutant que ses précédents films, le drame conserve la force émotionnelle et l’engagement social du cinéaste.
Avec "Die, My Love", Lynne Ramsay livre un film prétentieux et confus, où la mise en scène écrase tout – personnages, récit, émotion. Malgré l’intensité de Jennifer Lawrence, le résultat est un exercice de style stérile et pénible, aussi vide que bruyant.
Avec "Les Aigles de la République", Tarik Saleh revient à Cannes avec une satire politique puissante sur la propagande et le cinéma, portée par Fares Fares en acteur pris au piège d’un régime autoritaire. Un film sombre, lucide et brillamment interprété.
Quatre ans après "Julie (en 12 chapitres)", récompensé à Cannes par un prix d'interprétation féminine, Joachim Trier retrouve Renate Reinsve sur le tapis rouge avec "Valeur Sentimentale", un drame familial intime aux doux accents mélancoliques. Tourné à Oslo et lors du Festival de Deauville, le film entremêle quête de réconciliation et processus de création. Une déclaration d'amour au cinéma.
Présenté à la Semaine de la Critique, "Planètes" de Momoko Seto est une fable écologique et sensorielle, sans dialogues, mêlant animation 3D et prises de vue réelles pour raconter l’odyssée de graines de pissenlit en quête de survie après une catastrophe. Une œuvre mémorale.
Depuis "Vol au-dessus d’un nid de coucou" et "Rain Man", le cinéma porte le sujet du handicap avec humour et empathie. Il donne à voir le quotidien éprouvant d’individus touchés par la maladie et qui peinent à s’intégrer dans la société. Dans "Caravane", Zuzana Kirchnerová retourne la perspective pour s’intéresser non pas au combat contre les troubles physiques ou mentaux, mais à la vie des parents qui s’occupent d’enfants atteints de trisomie. Si la réalisatrice tchèque filme la douleur des corps avec beaucoup de sensibilité, elle ne parvient pas à nous emporter sur la route de ce road trip italien, qui manque d’émotion et de profondeur.
Depuis "L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux", Scarlett Johansson rêvait de réaliser un film. Trente ans plus tard, elle concrétise cette ambition avec "Eleanor the Great", un drame tendre, émouvant et parsemé d'humour qui traite du deuil et du pardon. Une bulle de douceur acclamée par une salle comble.
Les coïncidences ne sont jamais anodines : elles alimentent la volonté de résistance de Jafar Panahi face au régime islamique iranien. "Un simple accident" est à la fois un titre hautement symbolique et le point de départ d’une méditation sur les droits des victimes, en quête de réparation intérieure. Derrière ses faux airs de film de vengeance, le cinéaste iranien s’appuie sur une galerie de personnages ordinaires et saisissants pour continuer à défendre, sans relâche, la liberté et la justice.
En quittant la comédie pour explorer les zones grises de la justice et de la société camerounaise, Thomas Ngijol surprend et convainc. Indomptables est un polar âpre et engagé, qui marque un tournant dans sa carrière, et peut-être, un signal fort pour un autre cinéma africain.
Pedro Cabeleira signe un polar social percutant à Entroncamento, sa ville natale, où une jeunesse désabusée, entre précarité, violence et quête d’espoir, tente d’échapper à son destin. Un portrait brut, féminin et bouleversant.
Après sa Palme d’or pour "Titane" en 2021, Julia Ducournau retrouve la Compétition cannoise avec "Alpha", un drame intime et crépusculaire. Si la réalisatrice française s’attache toujours à la mutilation des corps, elle délaisse le "body horror" glaçant au profit d’une œuvre plus sensible autour de la figure maternelle, dans un monde régi par la peur de la mort. Une allégorie personnelle qui manque de sens et d’émotions.
Treize ans après Rigor Mortis, Juno Mak revient avec "Sons of the Neon Night", un film ambitieux attendu au tournant. Plongée visuellement saisissante dans un Hong Kong dystopique, l’œuvre promettait un renouveau du polar hongkongais. Mais derrière son esthétique soignée, le film s’enlise dans une narration confuse et une mise en scène pesante, laissant une impression de vide malgré ses ambitions.





