Périlleuse est l'idée du remake, surtout lorsqu'il s'agit du Suspiria de Dario Argento. Pourtant, Luca Guadagnino se lance dans la bataille et c'est peu de dire que le film divise. LeMagduCiné se penche sur le sujet et offre deux sons de cloche différents. Alors, ce nouveau Suspiria, coup de génie féministe ou imposture pompeuse et hautaine?
Auréolé de l'Ours d'Or au festival de Berlin, Touch Me Not de la réalisatrice Adina Pintilie est une découverte des plus déconcertantes. Entre fiction et documentaire, cette étude sur le désir, le corps et ses traumatismes dénote par sa mise en scène froide. Et même si la réalisatrice a du mal à se détacher de son dispositif pour bien filmer les corps, elle arrive au contraire à faire s'exprimer les émotions de personnes qui n'ont qu'une seule envie : se sentir libre d'appartenir à ce monde.
The Art Life nous montre que David Lynch n’est pas qu’un simple cinéaste. C’est même le contraire : cet artiste iconoclaste et éclectique, étudiant parfois indigeste et inintéressant, est venu au cinéma par le plus grand des hasards, par sa volonté perpétuelle de nouveauté et d’expérimentation.
La mauvaise réputation des films originaux sortis sous la bannière Netflix n'est pas infondée quand on se remémore bon nombre de navets qui inondent la plateforme. Cependant, alors que Roma d'Alfonso Cuaron va bientôt dévoiler toute sa splendeur, c'est le dernier film de Jeremy Saulnier, Hold The Dark, qui marque la rétine par sa violence abstraite et sa description haineuse de l'Amérique.
Le 8 mai prochain, le 71ème festival de Cannes ouvrira ses portes pour notre plus grand plaisir. C’est maintenant gravé dans le marbre, Cannes, depuis de nombreuses années, a toujours eu cette faculté à pouvoir haranguer les foules et à déchaîner les passions. Festivaliers, critiques voire même membres du jury ont toujours eu pour habitude de s’écharper à propos de leur petit favori ou à propos de leur chouchou de la compétition. Pourtant, malgré l’effervescence naissante, l’ébullition qui accompagne ce festival, de nombreux films sont repartis bredouilles de la compétition.
On le croyait fini, au fond du trou avec des DTV miteux portés par Nicolas Cage ou un The Canyons balbutiant. Pourtant First Reformed signe le retour en grâce de Paul Schrader. L'exercice stylistique minimaliste et froid du film est proportionnel à la rage intériorisée de ce prêtre perdant peu à peu la foi en une humanité abjecte, aveugle sur son avenir pessimiste.
Que ce soit avec sa rétrospective de la filmographie d'Henri Decoin ou les avant premières de Roma ou High Life, le Festival Lumière 2018 nous aura offert une semaine de cinéma haute en émotion. Petit bilan sur un festival plus rafraîchissant qu'il n'y parait et qui a le mérite de rassembler autour de cette culture du partage du cinéma.
Le Festival Lumière 2018 continue de nous abreuver de cinéma et , comme à son habitude, propose de nous replonger dans des œuvres marquantes du cinéma. Alors que Claire Denis nous présente en avant première son dernier film High Life, c'est avec un immense plaisir qu'on redécouvre son chef d'oeuvre vampirique : Trouble Every Day et sa tortueuse poésie cannibale.
Ce mercredi 8 juillet 2026, Studiocanal ressort en salles françaises Kill Bill: The Whole Bloody Affair, la version intégrale de 4h35 que Quentin Tarantino voulait à l'origine. Elle comporte notamment une nouvelle séquence animée inédite de sept minutes, produite par Production I.G en 2025, vingt-deux ans après la séquence originale que Kazuto Nakazawa et Katsuji Morishita avaient réalisée pour Kill Bill Vol. 1. Cette continuité de collaboration entre Tarantino et le studio japonais mérite qu'on s'arrête sur ce qui s'est joué en 2003 : le geste hybride live-action/anime que le réalisateur américain a inventé pour raconter l'enfance d'O-Ren Ishii, et ce que ce geste dit du rapport entre l'anime japonais et le cinéma américain contemporain.
Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.