Anne de Bretagne de Nicolas Quillet : Partie I : Tome 1

Anne de Bretagne… Voilà le nom d’une grande reine qui aura marqué les esprits. Mais comme les noms des grandes reines de notre pays ou bien de Bretagne, (attention, nous parlons ici du Royaume de Bretagne, et non pas de la région actuelle), certains sont restés bien ancrés dans l’imaginaire populaire, mais… Pourquoi, exactement ? Bien loin d’être une duchesse ou une comtesse discrète et ordinaire, Anne incarne la résistance. Ou bien la lutte pour l’indépendance. A une époque où les femmes avaient si peu de considération, il est urgent de faire honneur à ces dames qui restent gravées dans l’Histoire de l’Europe.

Anne de Bretagne, née en 1477, est devenue duchesse à 11 ans. Oui, vous avez bien entendu. En effet, elle gérait un duché entier à un âge où nous collectionnons les billes et les jouets. De plus, elle se retrouve à défendre la Bretagne contre la France, qui devient de plus en plus gloutonne, à l’idée d’occuper et d’intégrer toujours plus de terre à son actif. Prête à tout pour préserver l’indépendance de ses terres, elle n’hésite pas à s’asseoir sur ses propres désirs, même si pour cela, elle devra sacrifier sa propre identité. Mais comment s’y prendre ? En se mariant à Charles VIII, roi de France. Un mariage stratégique qu’elle fera… Deux fois !

Deux fois reine de France, un véritable exploit

En d’autres termes, Anne est la reine qui refuse de baisser les bras. Elle est comme coincée dans une dimension faite de lois absurdes, des lois qui vont à l’encontre de ses principes et de son désir de protéger la Bretagne. Cette pièce de théâtre, écrite par Nicolas Quillet, la montre dans toute sa splendeur, une figure de pouvoir qui lutte contre l’invasion militaire. Mais aussi contre la bêtise, la cupidité humaine. Tout au long du livre, on la voit se battre avec tout ce qu’elle a : ses alliances, ses stratégies politiques, et cette bonne vieille ténacité bretonne. Elle traverse des mariages arrangés, des guerres civiles, de longs moments de solitude, et surtout une forte dose de politique. Et c’est là que la pièce brille : certes, on est bien face à un drame historique, mais avec cette touche de divertissement suffisante, pour ne pas décrocher. Les personnages tourmentés s’interrogent, hantés par leurs décisions, et ce vieux Charles VIII qui se demande si épouser Anne était vraiment le bon choix…

Un drame historique divertissant, qui pousse à se cultiver sur la véritable Histoire d’Anne de Bretagne…

Finalement, Anne de Bretagne possède cette force qui rappelle la Khaleesi Daenerys. Reine déterminée, pragmatique, qui cherche avant tout à protéger son peuple contre la France et son clergé plus que dominateur. Dans cette pièce, Anne n’est pas une figure glamourisée, c’est une personne humaine, pleine de contradictions, avec ses faiblesses et ses points forts. D’ailleurs, on la montre cherchant des solutions politiques là où d’autres auraient déjà pris les armes. Nicolas Quillet est un auteur qui sait de quoi il parle, ses dialogues sont placés au bon endroit, au bon moment. Avec des scènes qui dénotent une véritable passion pour l’Histoire et cette reine, à qui il rend bien hommage. En réalité, la complexité de cette œuvre est indéniable. On nous plonge dans l’époque tout en nous gardant sur le fil du rasoir, avec des intrigues politiques qui résonnent encore aujourd’hui. Voilà qui nous met face à des réalités très délicates comme ces tensions sur l’indépendance régionale, Bretagne, Corse…

Le véritable plus de cette pièce de théâtre ?

Son potentiel intemporel. Entre le pouvoir, l’amour, et la lutte pour l’autonomie, Anne de Bretagne est une figure qui fascine et qui donne envie qu’on s’intéresse à elle. Et cette pièce de Nicolas Quillet le prouve avec brio. Après la dernière page tournée, on ne peut pas s’empêcher de vérifier si tout ce qu’on vient de lire est vrai. En bref, pour celles et ceux qui veulent une bonne dose d’Histoire et de drame, cette pièce pourrait répondre à vos exigences les plus pointues. Un portrait brut et poétique d’une reine puissante, qui aura marqué toute une époque, de par sa grande intelligence et finesse d’esprit.

Anne de Bretagne  : Partie I, Nanoq Atuinnaq
Lys Bleu Editions, 140 pages

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