Festival Lumière 2016 : Lady Vengeance, tuerie et châtiment…

Non content d’avoir piqué la vedette lors de la Cérémonie d’Ouverture, le Kid Tarantino a remis ça en présentant aujourd’hui 2 films issus de sa cuvée 70’s, quand l’une de plus illustres figures de cette décennie, Walter Hill, donnait une master class forcément électrique…

Il flottait dans l’air lyonnais un parfum vintage, aujourd’hui. Et c’est peu de le dire. Car, non content d’avoir apposé hier sa marque sur la programmation en s’invitant à la séance d’Hollywood Vixens, voilà que le kid du Tennesse, expert de l’hémoglobine et des punchlines remet le couvert pour une double programmation sentant bien bon les années 70. D’abord, on aura retrouvé Love Story, d’Arthur Hiller puis le classique Zabriskie Point de Michelangelo Antonioni, pour finir sur l’oeuvre déjantée de Jack Nicholson, Vas-y Fonce. Un cheptel d’oeuvres barrées, peu adeptes de la bienséance et pourtant considérées par QT comme matricielles de cette décennie ou se seront côtoyées Parrain, 3 Jours du Condor ou autre Apocalypse Now. Mais la décennie 70’s aura fait plus que comporter des oeuvres cultes : elle aura aussi engendré divers réalisateurs pour qui cette décennie, faste, aura été leur cour de récréation. Et à ce petit jeu là, c’est important de souligner la place acquise par Walter Hill. Le réalisateur américain, présent à Lyon depuis le début des festivités et qui en a même profité pour dévoiler son nouveau film, Re(Assignment), en avant-première, était en effet l’invité d’une master-class qui lui est dédiée. L’occasion pour le réalisateur, peu loquace, de tailler le bout de gras sur une carrière l’ayant vu côtoyer Charles Bronson (Le Bagarreur), Sylvester Stallone (Du Plomb dans la Tete) ou plus étonnant encore Eddie Murphy (48h), autour d’une filmographie sentant bien bon la violence et le stupre. Forcément, cela ne pouvait que nous plaire.

Petits Meurtres Entre Amis !

Mais si la discussion touche à sa fin, la journée, elle, suit son cours. De Manhattan (Woody Allen) à Gong Li (Miami Vice) ; de Catherine Deneuve (Répulsion) à Dracula (Todd Browning), la voici qui s’écoule au gré d’une température pour le moins glaciale. En ce sens, la perspective de se frayer un chemin dans une bonne salle toute chaude a des airs de grog après une randonnée épuisante. Et finalement, ça sera donc Lady Vengeance, du coréen Park Chan Wook qui obtiendra nos faveurs. Attendu sous peu dans la cité rhodanienne dans laquelle il dévoilera en avant-première son nouveau long-métrage, Mademoiselle, le réalisateur très connu pour son Old Boy est en effet l’un de ceux sacrés par Thierry Frémaux dans cette 8ème édition du Festival Lumière. Et quoi de mieux, dans une programmation dédiée à la figure féminine, que de se pencher sur son « Lady Vengeance » qui explore encore le thème, cher à Wook, de la violence, mais ici transposée dans les mains plus souples et plus douces d’une prisonnière condamnée à tort qui va décider de se venger. Très vite, dans une salle surchargée et donc en proie à une chaleur étouffante, on se dit que le film aura raison de nous, tant pour pour cette quiétude qui nous absorbe telle le ferait une couverture bien chaude, que pour son discours qui mêle une violence et une bizarrerie chronique capable à elle seule de nous faire baisser les yeux. Car qu’on se le dise, le film de Wook est atypique. Sous couvert de raconter une histoire de vengeance, le réalisateur coréen préfère y tisser une histoire emplie de sous entendus moraux, et ce notamment lorsque le nerf de l’intrigue, à savoir la personne cible de la vengeance susvisée s’avère être ligotée face à tous les parents de ses victimes. Oui car ici, point question de tueurs en série sordide, mais un professeur des écoles sadique qui aura donné son compte à plusieurs des ouailles qu’il aura été chargé d’éduquer. Un constat qui fait froid dans le dos et qui contraint l’héroïne, plutôt que de se venger seule, d’inviter les parents pour une session, voire une thérapie de groupe visant à éliminer la menace. Glauque, sordide, mais finalement très burlesque, le film vire rapidement dans la comédie noire quand les parents, assis côte à côte se parent de chasubles transparentes pour mieux échapper au sang qui les incriminerait directement dans ce massacre, joliment agrémentée d’une musique douce et pleine d’espoir. Très paradoxal.

Bande-Annonce Lady Vengeance : 

Festival

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Antoine Delassus
Antoine Delassushttps://www.lemagducine.fr/
J'ai une profonde admiration pour les sushis, James Bond, Leonardo DiCaprio, Apocalypse Now, Zodiac, les bons films et le ski. Pas forcément dans cet ordre. Et à ceux pouvant critiquer un certain amateurisme, je leur répondrais simplement que l'Arche de Noé a été fabriqué par des amateurs et le Titanic par des professionnels.

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