Broken City, d’Allen Hughes : Critique

Brocken City : la marque palpable de LA Confidential

Broken City est un film, clairement calqué sur les films noirs classiques comme Chinatown et LA Confidential, mais là où on aurait pu avoir un film vraiment noir comme « Menace II Society », un des premiers films d’Allen Hughes, on tombe là, quelque peu dans la caricature d’un thriller.

Les personnages manquent d’épaisseurs, d’une certaine dimension, en fait le regard est attiré par des détails, notamment le foulard porté façon Audrey Hepburn par Catherine Zeta-Jones dans le rôle de « Cathleen Hostelter ».

Le regard du spectateur s’accroche à ces détails plutôt qu’à l’histoire racontée où aux personnages, sans réelles profondeurs, même si les dialogues sont plutôt assez bien troussés. Les points négatifs sont le résultat d’un scenario, de toute évidence trop peu travaillé.

Le script est définitivement le maillon faible, il n’y a pas d’effet de surprises, les cartes tombent exactement au moment où on s’y attend. On se croirait presque dans un épisode de la série « Law and Order », où la résolution progressive du crime est une mécanique huilée, avec sa suite d’entretiens de suspects mal à l’aise dans des bureaux.Les faiblesses du film ont pour cause une mise en scène bien trop illustrative, et tenter à partir d’une tragédie un passage vers un film politique noir, n’est pas une chose aisée, le point de départ suggère le reste de l’histoire…

Broken City D’Allen Hughes retrace plutôt l’éducation morale d’un ancien flic … Pour les plus, on trouve dans ce film, de beaux plans, les teintes plus foncées que noir, ses rues grisées, ce bleu glacial et ce soleil que l’on ne voit jamais traduisent parfaitement une ville à l’âme brisée. De même la vidéo de promotion est excellente ainsi que la musique composée par Atticus Ross, Leopold Ross et Claudia Sarne.

Films similaires : Broken City, City Hall deux films sur la corruption politique

Il est à noter que Broken City ressemble assez à City Hall, dans les deux films nous avons affaire à une corruption politique menant tout droit vers le bureau du maire, dans un cas le maire est joué par un acteur flamboyant Al Pacino « John Pappas, dans l’autre par Russell Crowe, un acteur qui a le bon goût de ne pas verser dans la caricature, charmeur même dans la menace. Les deux films naviguent dans les eaux troubles de la corruption ordinaire avec des protagonistes découvrant peu à peu la vérité. A vous de dire si vous avez un préférence pour City Hall où si vous aimez les deux…

Synopsis : « Billy Taggart » Mark Wahlberg un ancien flic reconverti en détective privé tente tant bien que mal de faire tourner son affaire. Le jour où l’homme le plus puissant de New York, le Maire « Nicholas Hostetler » Russell Crowe lui confie la mission d’identifier l’amant de sa femme « Cathleen Hostelter », Catherine Zeta-Jones. L’autre homme, le rival est incarné par Kyle Chandler, « Paul Andrews retrouvé par la suite mort. Il était en fait le directeur de campagne de « Jack Vaillant », interprété par Barry Pepper. L’ancien flic est loin d’imaginer que son enquête va le mener au cœur d’une vaste machination sur fond de campagne municipale.

Fiche Technique : Borken City

Réalisateur : Allen Hughes
Scénariste : Brian Tucker C
Casting : Mark Wahlberg, Russell Crowe, Catherine Zeta-Jones, Kyle Chandler, Jeffrey Wright, Barry Pepper, Natalie Martinez et Alona Tal
Genre : Policier, Drame, Thriller
Nationalité : Américain Distributeur : Studio Canal
Durée : 1h49min
Date de sortie : 26 juin 2013

Filmographie Allen Hughes : un réalisateur avec une belle carrière derrière lui, en 1995, en collaboration avec son frère, ils produisent Génération sacrifiée, puis Americain Pimp, un documentaire sur le milieu de la prostitution aux États-Unis. Après avoir réalisé, en 2001, From Hell, les deux frères se retrouvent 8 ans plus tard pour tourner « Le livre d’Eli », un récit d’anticipation avec Denzel Washington.

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Newsletter

À ne pas manquer

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d'amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d'un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son "opération spéciale". Analyse d'un film aussi riche que stimulant.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.

Englouti : le ventre de la mer

Avalé par un cachalot avec une heure d’oxygène, Austin Abrams livre un survival viscéral et bluffant, entre huis clos organique et décors palpitants. Dommage que des flashbacks trop bavards et un final lourdingue lui coupent le souffle, là où le film aurait pu rester en apnée jusqu’au bout.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.

Englouti : le ventre de la mer

Avalé par un cachalot avec une heure d’oxygène, Austin Abrams livre un survival viscéral et bluffant, entre huis clos organique et décors palpitants. Dommage que des flashbacks trop bavards et un final lourdingue lui coupent le souffle, là où le film aurait pu rester en apnée jusqu’au bout.