Alexandre Desplat : Son ascension en 5 compositions

Comment Alexandre Desplat est-il devenu incontournable ?

Le compositeur français est aux génériques de fin depuis maintenant 3 décennies, mais c’est bien depuis les années 2010 que le Parisien (d’origine grecque) semble être passé dans la catégorie supérieure : celle des compositeurs majeurs. Âgé de 54 ans, Alexandre Desplat est un porte-étendard du savoir-faire cinématographique français dont l’influence ne cesse de s’étendre.

Une pluie de nominations et une étagère bien garnie

Évidemment, on retient sa double nomination et sa victoire lors de la dernière édition des Oscars (The Imitation Game, The Grand Budapest Hotel), du jamais vu, mais sa baguette, à défaut d’être magique, lui avait déjà ouvert les portes des grandes cérémonies. En 1997, il est nominé au César, 18 ans plus tard il en comptabilise 8. Sous la houlette de Jacques Audiard, il en remportera 2 (2006/2013) et s’offrira un triplet, puisqu’il avait également remporté la mise en 2011 avec The Ghost Writer de Roman Polanski.

Le troisième César d’Alexandre Desplat

Symbole de sa popularité, Alexandre Desplat est président du Jury à la Mostra de Venise en 2014. Il faut dire que le monsieur est habitué des tapis rouges : en 2005, il remporte le prix de la meilleure musique à la Berlinale pour De battre mon cœur s’est arrêté (Audiard encore !). Il est également membre du jury du 63ème Festival de Cannes, et par deux fois il participe au succès d’une Palme d’or, signant la musique d’Un Prophète (Audiard toujours) et de The Tree of life (Terrence Malick).

L’envoûtante partition de The Tree Of Life 

Des collaborations prestigieuses

De même que les chefs opérateurs, les compositeurs doivent beaucoup leur visibilité aux metteurs en scène qui les emploient. Une dépendance en trompe l’œil, puisque l’un existe rarement sans l’autre. Si Alexandre Desplat compose pour les meilleurs, c’est qu’il fait également parti des meilleurs, et le Français a su tisser ses relations de travail dans la fidélité. C’est le cas de sa collaboration avec Jacques Audiard (à 6 reprises) ou plus récemment avec Roman Polansky et Wes Anderson (à 3 reprises). Les acteurs qui passent derrière la caméra lui font également confiance puisqu’il contribue aux dernières réalisations de George Clooney et d’Angelina Jolie. 

Le pétillant accompagnement musical du dernier succès de Wes Anderson, et premier Oscar pour Alexandre Desplat

Alexandre Desplat choisi parfaitement ses projets. Beaucoup des films auxquels il participe finissent en discours de remerciements, pour l’exemple Argo (Ben Affleck) et Le discours d’un Roi (Tom Hooper) remportent la récompense suprême (Oscar du meilleur film 2010 et 2012).

Pas de Bégaiement pour Alexandre Desplat

Une incursion réussie dans le spectaculaire

En 2010, David Yates se tourne vers lui pour conclure ce qui est aujourd’hui la saga du début du XXIème siècle. Et oui, c’est Alexandre Desplat qui a dit adieu à Harry Potter, en signant les très réussies bandes originales des deux volets des Reliques de la Mort. L’année dernière, il participe également au succès de Godzilla de Gareth Edwards.
Force est de constater que le compositeur sait s’adapter. Du film d’animation (Les 5 légendes) à la chasse l’homme post 11/09/2001 (Zero Dark Thirty de Kathryne Bigelow), Alexandre Desplat s’accommode plutôt bien de ses commandes.

La meilleure composition de toute la saga ?

Des jours radieux à venir…

Sa « cote d’amour » ne ternit pas, puisqu’il se verra marcher dans les pas du légendaire John Williams avec sa participation au projet Rogue One: A Star Wars Story, le spin off de Star Wars avec Felicity Jones et Forest Whitaker.

En 2013, il déclarait lors d’une interview au Monde Cultures & Idées « On se souvient plus des films que de leur musique ». C’est probablement vrai, mais on peut affirmer cela Monsieur Desplat : Moonrise Kingdom et The Tree of Life ne sont plus sans votre musique, Jacques Audiard sonne différemment sans votre musique, et Poudlard ne s’embrase pas sans votre musique. L’anaphore est volontaire. A force de travailler avec ceux qui prennent la lumière et d’apposer votre nom sur les plus beaux films de ces dernières années, ne vous inquiétez pas de votre héritage. Vous êtes d’ores et déjà dans les mémoires.

 

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Grégoire Lemaître
Grégoire Lemaîtrehttps://www.lemagducine.fr/
Étudiant en histoire de l'art et passionné d'images en tout genre (qu'elles soient picturales, photographiques, ou filmiques) j'écris pour le plaisir de partager les œuvres qui m'ont marqué. Mon coeur balance entre l'ésotérisme de cinéastes comme Herzog ou Antonioni (pour ne citer qu'eux), l'audace de réalisateurs comme Wes Anderson ou Bertrand Bonello, et les grands noms made in U.S.A. Je voue également un culte sans failles à Audrey Hepburn. Dernièrement mes plus grands frissons viennent du petit écran, notamment avec The Leftovers, Rectify ou The Americans.

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