Critique du film : Ninja Turtles

Critique du film, Ninja Turtles

Synopsis : New York subit depuis quelque temps la criminalité causée par le clan des Foot, dirigé par le terrible Shredder. Ce dernier contrôle toute la ville, de la police jusqu’aux politiques. Quatre Tortues Ninja sortent alors des entrailles de la Terre pour l’affronter. Ces quatre frères pourront compter sur le soutien de la jeune reporter April O’Neil et de son cameraman Vernon Fenwick.

COWABUNGA!

Un reboot des Tortues Ninja réalisé par Jonathan Liebesman, et produit par la société Platinum Dunes de Michael Bay, au premier abord, ça fait un peu peur. Surtout que Michael Bay, nous avait infligé, quelques mois auparavant, un Transformers : l’âge de l’extinction, qui n’était qu’un festival pyrotechnique, sans âme, ni scénario. De plus, Jonathan Liebesman est une sorte de mini-Bay, il privilégie la forme au fond, comme l’atteste ces deux dernières réalisations : La colère des titans et World Invasion : Battle Los Angeles, pas vraiment des références.

Aussi surprenant que cela puisse l’être, c’est presque une réussite. Alors bien sur, le scénario est simpliste : des méchants menacent New York, mais les gentils vont les mettre en échec. Mais cela a le mérite de ne pas se prendre au sérieux. C’est drôle et les scènes d’action sont époustouflantes, et plus particulièrement celle dans les neiges. Après l’avoir vu, on peut comprendre les difficultés pour son réalisateur pour la mettre en image, mais elle est tellement fabuleuse, qu’on a envie de la revoir encore et encore, un sommet dans ce film.

Le film va avoir un peu de mal à démarrer, ça tourne un peu à vide, ce n’est pas très rassurant. Mais dès que Megan Fox rencontre les tortues Ninja, c’est quasiment passionnant, jusqu’à la fin. Le duo de scénaristes Josh Appelbaum et André Nemec est rôdé, ils savent à qui s’adresse leur film : les nostalgiques du comic, du dessin animé et du long-métrage de Steve Barron 1990. Mais un reboot, a aussi pour objectif d’attirer un nouveau public. Ils ont su adapter les Tortues Ninja à notre époque, en faisant référence à Batman, Lost et Gwen Stefani. Tout en insufflant un humour qui fait souvent mouche, comme la scène de BeatBox dans l’ascenseur ou le supplice de la pizza, c’est sacrément jouissi, et cela permet de mieux apprécier les multiples scènes d’actions.

C’est visuellement réussi, Jonathan Liebesman fait preuve de sobriété, enfin si on le compare à Michael Bay. Les Tortues Ninja et Maître Splinter sont très réalistes. Filmés en motion capture, elles participent à la réussite de l’ensemble. On peut bien sur reprocher aux créateurs, de faire de Shredder, un Decepticon, dont on peut aussi entendre les mêmes effets sonores que dans la franchise Transformers, durant les combats. Un détail parmi tant d’autres, mais qui risque d’irriter les fans des débuts, moins ceux qui découvrent cet univers.
Megan Fox s’en sort bien, comme dans le premier Transformers, elle sait exister par son charisme et pour une fois, sans avoir besoin d’exhiber sa plastique. Son duo avec Will Arnett fonctionne bien, lui faisant office de ressort comique, en concurrence avec les Tortues Ninja. William Fichtner a bien sur le rôle du méchant, rien de bien surprenant, mais il le fait si bien, comment lui en vouloir. Whoopi Goldberg nous honore de sa présence, elle ne fait que passer, mais participe au plaisir de voir les héros des 80/90’s revenir sur grand écran.

C’est un divertissement, il n’a pas la prétention d’être autre chose. Un cocktail action et humour réussi. On n’a pas le temps de s’ennuyer et on en sort, avec l’esprit léger et le sourire aux lèvres, car c’était vraiment fun!

Fiche Technique : Ninja Turtles

Teenage Mutant Ninja Turtles
USA – 2014
Réalisation : Jonathan Liebesman
Scénario : Josh Appelbaum, André Nemec et Evan Daugherty
Distribution : Megan Fox, Will Arnett, William Fichtner, Alan Ritchson, Noel Fisher, Pete Ploszek, Jeremy Howard, Danny Woodburn, Tony Shalhoub, Tohoro Masamune, Whoopi Goldberg, Minae Noji, Abby Elliot.
Photographie : Lula Carvalho
Montage : Joel Negron et Glen Scantlebury
Musique : Brian Tyler
Production : Michael Bay, Andrew Form, Bradley Fuller, Scott Mednick et Galen Walker
Sociétés de production : Nickelodeon Movies et Platinum Dunes
Société de distribution : Paramount Pictures
Budget : 120 millions de dollars
Genre : Action et Science-fiction
Durée : 101 minutes
Date de sortie France : 15 Octobre 2014

Auteur : Laurent Wu

 

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Newsletter

À ne pas manquer

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d'amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d'un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son "opération spéciale". Analyse d'un film aussi riche que stimulant.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.